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Les héritiers de Gaétan Boucher

Gaétan Boucher a remporté trois médailles olympiques il... (Photo Michel Gravel, archives La Presse)

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Gaétan Boucher a remporté trois médailles olympiques il y a 30 ans exactement, aux Jeux de Sarajevo: l'or au 1000 et au 1500 m et le bronze au 500m.

Photo Michel Gravel, archives La Presse

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Yves Boisvert
La Presse

(Sotchi) Il y a exactement 30 ans, un Québécois sorti de nulle part remportait deux médailles d'or et une médaille de bronze en patinant dans un habit bizarre.

C'était à Sarajevo, aux Jeux olympiques de 1984, et il s'appelait Gaétan Boucher.

Je l'ai croisé hier à l'anneau de vitesse, après un quatrième triplé néerlandais.

Rien de si bizarre dans cette série de succès, selon lui. «Ils ont toujours été forts, mais là, en plus, les autres pays sont faibles, les États-Unis en particulier.»

Boucher a inspiré plusieurs athlètes au Québec et ailleurs - dont une adolescente un peu perdue à Winnipeg, qui s'appelait Clara Hughes.

On a donné son nom à l'anneau de vitesse à Québec. Une école, un aréna et un boulevard portent aussi son nom à Saint-Hubert.

Mais où sont-ils, aujourd'hui, les héritiers de ce champion inattendu?

Ils sont surtout au patinage de vitesse courte piste.

Quelques braves s'entraînent sur longue piste, à Québec, dans cet anneau en plein air, contre vents et froidure.

Mais c'est à Calgary que ça se passe, là où se trouve le seul anneau couvert au pays. Depuis Lillehammer, en 1994, l'époque du patinage de vitesse extérieur est révolue aux Jeux olympiques.

«Pour réussir vraiment au Canada, il faut aller à Calgary, et rares sont les Québécois qui acceptent de le faire. Moi, je l'aurais fait, mais je comprends très bien qu'on ne le fasse pas: les études, la famille, tout ça...»

Si bien que les Québécois sont plutôt marginaux en longue piste.

«Il fut un temps où le Québec formait 100% de l'équipe canadienne! On a des talents exceptionnels, au Québec. Mais où voulez-vous qu'ils s'entraînent? Ils commencent en courte piste, c'est facile: il y a des arénas partout et on peut en faire dès le mois de septembre. Mais c'est très difficile ensuite de les intéresser à la longue piste avec les installations qu'on a.

«On fait dur»

«Je trouve qu'on fait dur au Québec. Quand vient le temps de financer le sport professionnel, on n'a pas de problème. Mais mettre un toit sur un anneau de vitesse, c'est trop cher...»

On devine que les Pays-Bas, avec six anneaux intérieurs, sont les champions. Même aux États-Unis, il n'y en a que deux. «Mais même les anneaux extérieurs aux Pays-Bas sont intéressants, à cause du climat.»

C'est vrai, ça coûte cher. Certains parlent de 80 millions. «Des études nous disent que ça peut se faire dans les 20 millions, mais pour faire passer ça, les politiciens ajoutent toutes sortes de choses, des patinoires de hockey, une piscine, qui font grimper les chiffres...»

* * *

Quatrième triplé, donc. Le grand malheureux des Jeux de Vancouver, Sven Kramer, n'a pas pu racheter la gaffe de son entraîneur à Vancouver. Kramer, 13 fois champion du monde, recordman du 10 000 m, s'était fait dire de changer de corridor erronément par l'entraîneur. Il avait été disqualifié, et des journalistes néerlandais disent aujourd'hui que c'est une des plus grandes catastrophes sportives de tous les temps aux Pays-Bas!

Kramer allait à un rythme de record du monde aujourd'hui, mais il a cassé.

Bon, il a eu l'or au 5000 m, et il lui reste le relais, il va s'en remettre.

Le vainqueur, Jorrit Bergsma, a établi un record olympique et était «imbattable aujourd'hui», a dit Kramer.

Bergsma était en train de répondre à nos questions quand quelqu'un en orange s'est approché avec un téléphone: c'est le premier ministre qui veut te féliciter. Paraît que le pays est très fier... Ils en sont à 20 médailles!

* * *

Alors, vous êtes des professionnels aux Pays-Bas, messieurs? Ça aide...

«C'est vrai qu'on peut bien vivre en étant dans une équipe professionnelle de patinage, mais chaque année, vous devez vous qualifier, et croyez-moi, il faut se battre, a dit le médaillé de bronze, Bob de Jong. Dans d'autres pays, les gens sont dans l'armée ou dans la police, et ont des congés pour s'entraîner, ils sont très à l'aise et n'ont pas le stress de perdre leur emploi. Alors à la fin, ça se vaut.»

La question n'est pas tellement le salaire, en fait. Qu'il y ait assez d'intérêt populaire pour faire vivre des patineurs professionnels: voilà ce qui est incroyable et révélateur.

Ça fait pousser des toits sur les anneaux de vitesse, aussi...




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