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De religion, de politique et de croix

Adolphe-Basile Routhier, juge à La Malbaie et fervent... (PHOTO ARCHIVES LA PRESSE)

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Adolphe-Basile Routhier, juge à La Malbaie et fervent catholique.

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Yves Boisvert
La Presse

En juillet 1876, tout le Québec est tourné vers le palais de justice de La Malbaie pour un procès sensationnel. Le sujet? La liberté de religion...

C'est en tremblant que le juge Adolphe-Basile Routhier prend sa plume d'oie ce matin-là.

«La cause que je suis appelé à décider en ce moment est peut-être la plus importante qui ait jamais été soumise à un tribunal canadien», écrit-il.

Ce fervent catholique qui tâte de la poésie et de la politique se retrouve au milieu d'une immense querelle religieuse et politique. Il doit décider s'il faut annuler l'élection dans Charlevoix du député fédéral conservateur Hector Langevin pour cause d'influence indue de l'Église catholique.

L'affaire prend des proportions ahurissantes pour l'époque, qui ne connaît pas encore les «superprocès». Tout l'été, les journalistes remplissent la salle d'audience du palais de justice de La Malbaie. Le procès voit défiler 175 témoins pendant trois mois.

Il s'agit de déterminer si la campagne furieuse menée par les curés du comté pour le candidat Langevin s'assimile à des manoeuvres d'intimidation illégales.

«La loi qui a mis un tel fardeau sur les épaules d'un seul juge a été cruelle pour moi, et j'ajouterais imprudente, si je prononçais en dernier ressort», déplore fortement le magistrat.

Langevin était le frère de l'évêque de Rimouski. Il s'était fait promettre l'appui du clergé. Promesse tenue! Aux Éboulements, à Saint-Siméon, à Saint-Hilarion, à Petite-Rivière-Saint-François, enfin partout dans le comté, dans des sermons enflammés, tous les dimanches, les curés promettaient l'enfer à ceux qui voteraient pour le candidat libéral.

Le «libéralisme», en effet, était condamné par le pape comme une doctrine perverse, et les conservateurs assimilaient les «rouges» au libéralisme européen.

Ce libéralisme n'avait-il pas mené à la Révolution française, pendant laquelle on avait "égorgé les prêtres»?

C'était l'époque où le débat faisait rage entre «ultramontains» et libéraux. Les ultramontains postulaient la supériorité morale de l'Église sur l'État et prêchaient pour la participation active de l'Église aux affaires de l'État, voire la subordination du politique au pouvoir «spirituel».

L'un après l'autre, les témoins sont venus rapporter les paroles enflammées des prêtres. «Les libéraux sont contre l'Église, dit l'un d'eux. Ils lui font la guerre; n'oubliez pas, bien chers frères, que vous devrez rendre compte de votre vote devant Dieu. De quel côté voulez-vous être? Celui de l'Église, du pape et des évêques? Ou du côté de Victor Emmanuel et Garibaldi?»

L'unification italienne venait d'avoir lieu, contre la volonté du pape; Garibaldi avait pris le contrôle du Vatican et s'était emparé des États pontificaux. Les catholiques québécois étaient bien au fait de ces événements: l'Église du Québec pourfendait Garibaldi et avait réussi à recruter plusieurs centaines de «zouaves» québécois pour aller à Rome servir de soldats au pape.

Il n'y avait pas tellement de doute: le clergé avait pesé de tout son poids dans cette élection. Mais était-ce vraiment illégal? Était-ce de l'ordre des menaces ou de l'intimidation, qu'interdisait la Loi électorale?

Pas du tout, conclut le juge Routhier.

«Les électeurs sont toujours influencés et doivent l'être, soit par ceux qui sont plus instruits qu'eux, soit par ceux dont la position ou le caractère inspirent de la confiance, soit par ceux dont ils dépendent plus ou moins, soit enfin par ceux dont les intérêts sont identiques.»

«Le prêtre est-il un paria?», demande le juge. «Est-il privé de ses droits civils et politiques?» Conclure qu'il ne peut pas influencer le vote reviendrait à brimer le libre exercice de la religion catholique romaine, pourtant garantie par la Constitution de 1791, opine-t-il.

Quoi, le clergé n'aurait pas le droit de combattre un candidat «libre penseur» comme on en voit tant en France? Ni de mettre en garde les fidèles contre «les résultats désastreux de l'irréligion»?

Le juge écarte ensuite un précédent anglais où une élection a été annulée en Irlande pour les mêmes raisons, ridiculisant ce jugement au passage.

Il en vient à la conclusion qu'en l'absence de vraie menace physique ou de rétorsion, cette élection est valide. Il conclut sur un ton lyrique:

«Le clergé a été le grand élément social et civilisateur du peuple canadien et l'histoire est là pour démontrer qu'il a été digne de sa haute mission. Pour qu'il puisse continuer à la remplir, il faut qu'il soit libre.» Cette poursuite est donc le fait de «mauvais catholique et de mauvais citoyen», dit-il.

On n'est pas entièrement surpris du jugement, l'honorable Routhier étant un ultramontain bien connu, coauteur du Programme catholique en 1871, qui professait la subordination de l'État à l'Église. Il avait été providentiellement nommé juge après deux défaites comme candidat conservateur dans Kamouraska. Dans une autre affaire, il avait écrit qu'un prêtre ne pouvait être poursuivi pour des paroles prononcées en chaire: il avait tenté d'inventer l'immunité ecclésiastique!

L'affaire n'en resta pas là. La Cour suprême finit par s'en saisir, pour casser le jugement Routhier et annuler l'élection.

C'est «avec un profond chagrin que je me trouve obligé de me prononcer», écrit le juge Jean-Thomas Taschereau. Il est d'autant plus chagriné que son propre frère, Elzéar-Alexandre Taschereau, se trouve à être archevêque de Québec - et adversaire des ultramontains.

Son collègue le juge William Ritchie pose carrément la question: «Quel pouvoir doit prévaloir, l'Église ou l'État?»

«L'étendue de la liberté devrait être la même pour les catholiques et les protestants. Il n'y a plus de liberté si l'on peut dénoncer les électeurs en chaire.»

Pour le juge Taschereau, ces menaces à «des gens peu instruits» de commettre un péché grave ou d'être privés des sacrements s'ils votaient libéral, dimanche après dimanche, constituent «une influence indue de la pire espèce». Ces curés ont abusé de leur liberté de prédication, en somme.

Une élection partielle a lieu... et Hector Langevin est élu à nouveau, mais avec 60 voix de majorité plutôt que 211.

Le débat a continué de faire rage, mais ce jugement annonçait déjà la défaite des ultramontains. Même le pape Pie IX a dit aux prêtres québécois de cesser de se mêler de politique partisane.

Le juge Routhier se consola en écrivant de la poésie, dont les paroles de l'Ô Canada, qui l'ont fait passer à la postérité.

Soixante ans plus tard, Maurice Duplessis devient premier ministre. Son père était un grand ami et admirateur de Mgr Louis-François Laflèche, dernier chef de file des ultramontains.

Et c'est en bon héritier de ce courant catholique radicalement opposé à la laïcité qu'il a installé, en 1936, ce crucifix dans l'enceinte de l'Assemblée nationale, revanche conservatrice tardive, symbole de l'union sacrée de l'État et de l'Église.

Un crucifix «patrimonial»? Si on veut. Mais cet écho de luttes oubliées tient du patrimoine politique au moins autant que religieux...

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Commentaires (38)
    • @nousnoune
      Combien de ces mosquées tiendraient dans la cathédrale Marie-Reine-du-monde ?

    • Je me permet de m'inscrire en faux quant au contexte historique. Si on remonte seulement de quelques générations, l'immigration multi-ethnique et multi-confessionnelle était plutôt l'exeption que la règle. Notre histoire commune récente nous a fait évoluer vers la laicité non pas pour renier notre patrimoine, religieux ou politique, mais pour la neutralité intégrale.

    • @nousnoune,
      et? La charte des valeurs ce n'est pas pour interdire les mosquées que je sache. Vous avez l'air passablement mélangée. Je crois que vous confondez PLACE publique et FONCTION publique.

    • Alors si le projet de loi est adopté avec la disparition du crucifix de l'Assemblée nationale, vous et vos collègues de La Presse serez en faveur monsieur Boisvert?
      C'est ce que je pensais.

    • @dcsavard
      Y'a pas de mosquées encore à l'Assemblée nationale. Mais il y a près d'une centaine de mosquées à Montréal. En 1970, y'en avait une. Il va en avoir combien dans 40 ans?
      http://www.naqshbandi.ca/mtl/mosquees.shtml

    • Curieux l'argumentaire ce ceux qui veulent que les fonctionnaires aient droit à leurs signes religieux et demande que le crucifix soit enlevé de l'Assemblée nationale au nom de la laïcité.
      Le crucifix est un objet du patrimoine, il appartient au peuple. Voici pourquoi :
      http://www.vigile.net/Le-crucifix-le-passage-du-temoin

    • Il n'empêche que ce crucifix à l'Assemblée nationale m'apparaît comme étant très ostentatoire en ce lieu où on ne retrouve que des serviteurs de l'État.
      - On garde le crucifix mais tu enlèves ton voile.
      Et après tu comprendras mieux ce que signifie l'expression « porter sa croix » . Toujours est-il que je te trouve belle, avec ton voile et ce, même si le gouvernement ne veut pas. Si tu savais le nombre de tarlas que je rencontre avec une calotte de baseball sur la tête alors que nos Amours (les Expos) ont déserté le Québec depuis plusieurs années.
      daniel verret nadagami

    • @nousnoune,
      il y a une mosquée à l'Assemblée nationale? Je n'ai jamais rien vu de tel, pas plus que de croissant, sauf à la caféteria. Etes-vous bien certaine de savoir de quoi il retourne? Vous avez l'air à mélanger pas mal de choses.

    • LA CHARTE DES VALEURS QUÉBÉCOISES
      Encore une fois le parti québécois fait preuve d'amateurisme et d'incompétence dans l'élaboration de sa charte des valeurs québécoises. D'une part on parle d'interdiction de signes religieux, mais d'autres part on veut maintenir le crucifix à l'assemblé national, on veut soustraire à cet interdiction certains élus. Certaines institutions pourront choisir de ne pas y adhérés. Tout pour avoir un régime à deux vitesses.
      L'État veut abolir les signes religieux ostentatoires mais c'est ce même État par sa fiscalité qui favorise la prolifération des organismes religieux. Pas de signes religieux, mais l'État va subvention des écoles ou l'enseignement de la religion passe au premier rang. Au Canada en 2010, il y a eu 4.26 milliards de dollars de don faits à des organismes religieux. Si on extrapole les dons doivent s'élevé à plus d'un milliard pour la province de Québec. La province s'est privée de plus de 200 millions de dollars. Sans parler de la fiscalité municipale, il y a près de 4 600 lieux de culte au Québec qui sont exempt de taxes municipales et scolaires, encore là il s'agit de dizaines de millions de dollars de perdus.
      Il serait peut-être temps pour Mme Marois de refaire ses devoirs. Le parti Québécois devrait avoir le courage de ses convictions, au lieu de s'attaquer au plus faible de la société, il devrait s'attaquer au vrai problème. Pourquoi une société laïque devrait-elle subventionné les organismes religieux. Sans subvention la plupart des sectes (catholique, musulmane etc.) vont disparaître à court ou moyen terme.
      Comme le disait si bien le physicien et prix Nobel Steven Weinberg, « La religion est une insulte à la dignité humaine. Que ce soit avec ou sans elle, il y aura toujours des gens biens qui font de bonnes choses, et des mauvais qui font des mauvaises choses. Mais pour que des gens biens agissent mal, il faut la religion. »

    • C'est le PQ qui a voulu garder le crucifix parce que pendant que les gens s'interrogent sur ses motivations de faire ça et que certaines personnes peuvent penser qu'ils ont de bonnes valeurs quand même ces péquistes, ils enlèvent des droits fondamentaux selon amnistie international aux citoyens. Les dictateurs en Afrique ou ailleurs sont plus francs dans leur violation des droits humains.

    • Pendant qu'on s'attaque au dernier crucifix, on ne compte plus le nombre de mosquées
      Continuez à nous tirer dans le pied.
      http://www.naqshbandi.ca/mtl/mosquees.shtml

    • Merci pour ce merveilleux cours d'histoire, je suis pour la laïcité du Québec et des institutions gouvernementales, y compris de d.crocher le crucifix de l,Assemblée Nationale, ne fut il mis là justement pour aller chercher le soutien du clergé par Maurice Duplessis lequel pour moi représente la grande noirceur du Québec, et qui ne se rappelle pas des enfant de Duplessis de connivence avec le clergé qui ont fait passer ces enfants pour fou par pure intérêts économiques et des subventions plus généreuses.
      J'admet tout de même que le clergé frères et soeurs nous ont aidés dans notre développement, mais aussi nous ont causés d'innombrables tors, justement ces enfants de Duplessis et autres sévices sexuels.
      Mais c'est du passé et il faut se tourner vers l'avenir et cette charte n'est peut-être pas au point pour l'instant, mais nous devons tous y participer selon nos moyens pour la rendre ;a bon port. De plus ce n'est pas vrai uniquement pour le Québec mais pour tout le Canada, ici au Québec c'est rendu ;a 52% pour, mais dans des sondages la semaine dernière ce fut 50% en Alberta et 42 en Ontario.
      Pour moi les libertés individuelles s'arrêtent quand les libertés collectives sont en danger

    • Un dernier petit saut chez vous pour vous inviter à lire un texte intéressant, que je viens de lire sur le Huff Post QC :
      http://quebec.huffingtonpost.ca/jocelyne-robert/arguments-anti-charte_b_3964050.html
      Il s'agit d'une analyse des principaux points défendus par les « anticharte ».
      Bonne fin de journée,
      Louise Lefebvre

    • Je n'ai qu'un souhait à formuler : que les conseillers de Madame Marois et de Monsieur Drainville lisent votre texte, revisitent notre histoire somme toute récente et concluent en conséquence. Et tout simplement dans un souci de cohérence.

    • Complément : permettre un droit de retrait de la charte projetée lui enlève toute crédibilité. Cela me semble évident. Non ?
      Bonne fin de journée,
      Louise Lefebvre

    • Le clergé et la constitution de 1867.
      Voir: http://jemesouviens.info/#c2

    • Étant dans le secteur de la Place d'Armes, l'autre dimanche sur l'heure du midi, les cloches de la basilique Notre-Dame ont retenties à toute volée pendant une bonne 15zaines de minutes pour je ne sais quelle occasion. Signes ou symboles ostentatoires par excellence, nos clochers sont-ils appelés à se taire dans ce pays? Ce pays, c'est encore le Canada et ultimement, c'est la Cour Suprême, qui devra statuer sur la constitutionnalité de la Charte Drainville. Si celle-ci est bien élaborée, équitable, respectueuse des autres cultures, elle nous évitera les graves problèmes d'immigration et d'intégration qui secouent plusieurs pays européens. On va devoir faire confiance à nos tribunaux pour les cas particuliers.

    • Bravo et merci pour le cours d'histoire....René Levesque faisait ca et cela nous a fait avancer...
      l'ignorance est le pire éteignoir.

    • À « Normy45 » :
      En matière de « n'importe quoi », je constate que vous êtes sans conteste un expert...
      La Charte demande aux fonctionnaires de ne pas arborer ostensiblement leurs croyances durant leur service et leurs rapports avec les citoyens. Point.
      Elle ne leur demande nullement d'abjurer ou de ne plus avoir de religion durant leur service !
      Vous faites partie de ces personnes qui dénigrent la Charte sans même la connaître.
      Ça, c'est vraiment du n'importe quoi !
      Et c'est surtout, si j'ose dire, de la mauvaise foi patente !!!

    • Interressante perspective qui est utile dans le débat . C est là que prend tout son sens l expression , faut savoir d ou on vient pour...
      Pas besoin d être un ancêtre bien bien agé pour se rappeller du poids que l\'église faisait porter aux simples citoyens en parlant de péché, mortel ou veniel peu importe ,il n y avait pas d option possible ni même de juste penser à...
      Alors avec l éloignement de la religion de notre quotidien s est aussi dissipée la menace de pécher mais elle a été remplacée par une autre forme de chantage appliqué par le groupe qui remplace les religieux soit les politiciens. On voit aujourd hui à quel point ils ont réussi à passer les décennies avec les mêmes bonnes vieilles techniques...
      Ce que je déplore dans le débat sur la charte c est justement qu il manque une perspective historique pour illustrer comment on s est rendu en 2013 et par quels obstacles et manigances nous avons franchi les décennies.

    • Ce qui est particulièrement frappant, c'est comment la domination de la vie sociale et politique des catholiques (et donc des Canadiens français) par l'Église ressemble à l'emprise de l'Islam sur la vie sociale et politique des Musulmans 140 ans plus tard. Ayant vécu chez les Musulmans et partagé leur vie sociale et politique pendant une bonne douzaine d'années, j'en sais quelque chose.
      C'est ce qui me fait comprendre notre sollicitude aujourd'hui à vouloir libérer nos immigrants Musulmans de l'emprise que semble avoir la religion musulmane sur leurs adhérents.
      Mais nous nous y prenons très mal avec cette Charte des valeurs québécoises.
      Les Musulmans doivent procéder eux-mêmes à leur propre libération comme nous nous sommes libérés nous-mêmes de notre carcan religieux. D'obliger par un décret les femmes Musulmanes à enlever leur voile, que ce soit au travail ou ailleurs, est perçu par cette communauté comme une action oppressive (pour ne pas dire raciste anti-arabe) contre une minorité dans notre société. Soyons suffisamment rationnel, plutôt qu'émotif, pour comprendre cette réalité.
      Quand une communauté, qui plus est minoritaire, se sent opprimée, on ne fait qu'accentuer sa détermination à combattre cette oppression. On ne l'aide pas à surmonter sa soumission à sa religion, on l'encourage à s'y enliser. Telle est la nature humaine. Quitte à la société québécoise de le reconnaître et d'abandonner cette gué-guerre aux signes religieux ostentatoires.
      D'un Canadien français qui a connu l'oppression anti-French au Manitoba, Bruno Lagacé

    • Bon cours d'histoire. Je me souviens des religieuses à l'orphelinat qui adoraient Duplessis, celui qui a installé la croix à l'Assemblée nationale, et gouvernées par leurs évêques, me traitaient comme une paria parce que mon nom avait une consonance anglophone, dû à un bon samaritain.
      Ceux qui sont pour la charte telle que concoctée par le P.Q., se servent de tout pour justifier leurs choix et même d'un article tel que celui-ci.
      Je serai pour une charte de la laïcité qui s'appliquera à toutes les religions et aux accommodements de toutes les religions et non aux individus de certaines religions. Les pictogrammes qui accompagnent cette charte me font penser aux lois des talibans accommodées à la sauce péquiste.

    • À « rogerdion2 » :
      Pour répondre à votre question relative à la position adoptée par la majorité des chroniqueurs et éditorialistes de La Presse et celle de monsieur Boisvert, je vous dirai simplement que ce dernier est l'image même de l'honnêteté intellectuelle et de l'honnêteté tout court.
      Magnifique article qui met en relief les incohérences liées à la mise en oeuvre d'un texte au demeurant fort bien conçu et rédigé : kyrielle de possibilités de soustraction aux principes, mise en oeuvre du précepte « faites ce que je dis et non ce que je fais », exceptions multiples, etc.
      Que ne retenons-nous donc les leçons de l'Histoire !
      D'autant que nous savons très bien qu'à l'instar de la mode elle n'est qu'un éternel recommencement... Vous savez, le principe du balancier.

    • Il y en a qui disent n'importe quoi dans leurs commentaires. Comment peut-on faire un parallèle entre l'influence d'autorité qu'un prête pouvait avoir sur les fidèles d'une paroisse au 19e siècle et le port d'un signe religieux sur le vêtement d'un fonctionnaire de l'État au 21e siècle? C'est de la malhonnêteté intellectuelle navrante. Si l'État se doit d'être laïque en tout temps , les gens eu ONT LE DROIT d'être religieux 24h sur 24 et non seulement 16h sur 24.

    • Effectivement, M. Boisvert a raison, le crucifix a été placé à l'Assemblée nationale (alors Assemblée législative) par Duplessis pour des raisons strictement politiques, pour démontrer l'omnipotence de l'Église catholique dans la province de Québec, tant au point de vue civil que religieux. Les faits d'ailleurs confirmaient ce symbole.
      La position prise par le PQ dans cette affaire est intenable et hypocrite, démontrant clairement qu'on veut s'attaquer aux religions minoritaires tout en acceptant probablement le symbole le plus ostentatoire au Québec, celui qui confirme la dominance de l'Église catholique sur l'État québécois, dans l'enceinte même de son Assemblée nationale. Ça part bien mal une discussion sur la laïcité et le PQ a perdu toute crédibilité à cet égard. Symbole du patrimoine? Mon oeil!

    • Fort intéressant M. Boisvert. Un argument de plus pour enlever le crucifix à l'Assemblée Nationale. Cependant, votre article m'a aussi rappelé un autre volet de l'histoire que l'on a tendance à oublier... Lorsque les Anglais on vaincu les Français dans l'histoire du Québec. Ils ont laissé aux "canadiens français" la liberté de religion. Il serait bien que l'on se remémore l'importance de ce droit maintenant reconnu par nos Chartes canadienne et québécoise, le droit à la liberté de religion. L'État peut fort bien être laïc, sans devoir tomber dans la version aussi excessive, qu'inutile proposée par le gouvernement péquiste, à savoir interdir le port de symbole religieux dans toutes les institutions publiques. On dit souvent qu'on ne devrait pas faire aux autres, ce qu'on aurait pas aimé qu'on nous fasse....

    • Il est vrai que durant la révolution francaise plusieurs prêtres ont été égorgés selon l'histoire mais que dir du cardinal Richelieu et ses disciples..... Ils ont tranché la gorge de combien de citoyens prêtres et laics? Loin d moi l'idée de baillonner les cardinaux, évesques, prêtres, frères, diacres, etc... mais ils seront crédibles lorsqu'ils dénonceront avec autant d'ardeur les abus et les viols envers les enfants, les infirmes et tous ces êtres fragiles dont ces pédophiles dégueulasses ont abusé. Pire encore car en paralèle la religion pendant que tout ca se passait et encore aujourd'hui il tentent par tous les moyens de camouffler et mettre le couvert sur la marmite pour ne pas avoir à payer ni argent en compensation ni se ramasser aaec une moitié ou plus de a communauté en prison , du pape au simple sous-diacre. Pour refouler dans l'ombre que fait-n comme option? On dénonce la charte comme le font les libéraux qui eux espèrent taire la montée d'indignation avec leurs fraudes, leur implication avec la mafia, le vol, la collusion du défunt régime Charest. Je rêve du jour où le financement des religions (toutes religions confondues) sera du passé et que l'on cessera l'exemption de taxes viendra à termes sans oublier les subventions incompréhensivequ'on leur donne pour se faire endoctriner. Il est prouvéque plus on est fragile et sous éduqué plus les religions ont de l'emprise sur les humains. L'histoir non enseigne aussi que la presque totalité des guerres le furent pour des batailles de religion, encore là, toutes religions confondues. Bel héritage s'il en est un...... C'est ce que vous voulez léguer à vos enfants? Pas moi......Amen car mes culottes sont pleines.
      PS. Serais-je publié? En tout cas moi je m'assume et je signe. J'accepte toutes critiques ou support suite à ces prises de positions contrairement à Lysiane Gagnon de la Presse que l'on a sortie des boules-à-mites pour faire la job de bras à la charte sans possibilité de répliques.
      André Béliveau

    • M. Boisvert, il faudrait vous cloner pour que vous puissiez aussi guider et éclairer les prochaines générations. Et merci, La Presse a besoin de grosses doses régulières de GBS maintenant que MCL est de retour.

    • Quelle superbe leçon d'histoire que nous raconte ici Yves Boisvert. Je me rappelle que mon père, amateur d'histoire et longtemps président de la Société Historique de Saint-Boniface au Manitoba, né en 1912, me racontait alors que j'étais encore collégien chez les Jésuites, l'histoire de Garibaldi, le Vatican, les Zouaves et le péché mortel rattaché au vote libéral à la fin du 19e et au début du 20e siècle. Histoires que lui racontait sa grand-mère Champagne, une fervente catholique, très engagée dans les affaires de l'Église.
      Le jeune homme que j'étais ne comprenais pas qu'on puisse voter Conservateur après que Sir John A. MacDonald, Conservateur notoire, eut entériné la décision que Louis Riel sois pendu en 1885. L'histoire que nous raconte Boisvert s'était déroulée neuf ans auparavant. Étrangement, l'emprise de l'Église et l'anathème anti-libérale, malgré la pendaison de Louis Riel, a perduré encore plusieurs décennies.
      Bruno Lagacé.

    • C est la preuve qu il ne faut pas, avoir des signes religieux dans toute la fonction public. Comment vous qui etes contre la charte, vous écrivez cet article qui /donne raison a la charte, séparer la religion de la politique/ est contraire aux autres articles contre la charte, que vous avez écrites depuis quelque semaines

    • La religion est devenue une affaire bien historique au Québec en effet...

    • Merci, M. Boisvert. Si c'est vraiment Maurice Duplessis qui a fait installer le crucifix à l'Assemblée nationale, je crois que c'est une bien mauvaise idée de le maintenir à cet endroit.

    • Bonjour Monsieur Boisvert !
      Merci pour ce rappel historique fort intéressant!
      Pour avoir une bonne idée de ce qu'était l'idéologie ultramontaine dans le Canada français catholique du 19e siècle, il vaut la peine de lire le Sermon de la Saint-Jean de Monseigneur Louis-François Richer Laflèche, prononcé à Ottawa le 25 juin 1866.
      Ce texte est consultable en ligne si l'on suit le lien suivant (publication en format PDF de la Bibliothèque électronique du Québec) :
      http://beq.ebooksgratuits.com/pdf/Lafleche-sermon.pdf
      Mgr Laflèche, qui a entre autres été enseignant au collège de Nicolet et qui a ?uvré comme missionnaire dans l'Ouest canadien et au Dakota du Nord, devint en 1870 évêque du diocèse de Trois-Rivières.
      Mgr Laflèche fut l'un des grands chefs de file du mouvement ultramontain et il s'est fréquemment opposé à l'évêque de Québec, Monseigneur Elzéar-Alexandre Taschereau, qui était plus libéral.
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis-François_Richer_Laflèche
      Si je me souviens bien, certains des passages du Sermon de la Saint-Jean de Mgr Laflèche, qui concernent la situation linguistique du Canada français du 19e siècle (voir les pages 11 à 14 du document PDF que j'ai cité), ont fait partie des textes qui ont été lus lors de l'événement culturel à teneur nationaliste, Le Moulin à Paroles, qui a eu lieu sur les Plaines d'Abraham à l'été 2009, comme alternative à la commémoration officielle du 250e anniversaire de la bataille des Plaines d'Abraham.
      Le reste du Sermon de la Saint-Jean de Mgr Laflèche donne une bonne idée de son analyse de la situation linguistique et religieuse des Canadiens français du Québec et de sa diaspora nord-américaine, au milieu du 19e siècle, et de la vision messianique que les ultramontains entrevoyaient pour le peuple canadien-français en Amérique du Nord.
      Merci encore pour votre texte, et bonne journée !

    • Simple mot pour dire "Merci"! J'ai appris quelque chose, je comprends mieux l'histoire et le present en raison de ces informations transmises et je ne me suis pas sentie tendue parce qu on essayait de me convaincre d etre outrée d un cote ou de l autre. Merci Monsieur le journaliste. (desolee pour les accents, je vis a l exterieur du Quebec et n ai pas ajuste mon ordinateur).

    • S'il faut garder le crucifix à l'Assemblée nationale pour raison historique, alors qu'on le décroche du mur et qu'on le place sur un présentoire avec une petite plaque de bronze qui mentionne cet historique. Il deviendra objet d'histoire plutôt qu'objet de culte et nous serons conséquents avec les exigences de la Charte des valeurs... Mais les prières à un Dieu, Allah, Yahvé ou farfadet devraient disparaître des assemblées d'élus car, je pose la question, ont-elles été de si bon conseil dans le passé?!

    • Le crucifix est bel et bien un symbole religieux ostentatoire ainsi que la croix sur le drapeau du Québec. Pour un État vraiment neutre il faut enlever de crucifix du salon bleu et modifier le drapeau !

    • Un bon cours d'histoire qui finalement permet de comprendre la présence du crucifix à l'assemblée nationale. Bien fait M Boisvert!

    • Ce rappel historique me fait croire que c'est une excellente chose d'avoir des fonctionnaires neutres dans leurs vêtements et leurs ornements pendant leurs heures de travail.

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