Laval: maire de rechange recherché

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Yves Boisvert
La Presse

Les deux tiers des Lavallois croient aux allégations de corruption qui pèsent contre leur maire.

Disons qu'après avoir vu les policiers de la Sûreté du Québec faire des allers-retours sur les ponts de Laval pendant deux semaines, fouiller chez Gilles Vaillancourt et jusque dans le casier de sa cousine, on n'est pas extrêmement surpris de ce résultat.

Déjà la rumeur et l'odeur recouvraient la ville depuis tellement d'années, si, en plus, on passe en boucle des reportages sur des perquisitions effectuées par 70 policiers... ça donne l'impression qu'il y a sous la roche de la mauvaise réputation une sacrée anguille.

Le plus consternant de ce sondage, mais ça non plus n'est pas nouveau: l'absence d'une solution de rechange. Ou du moins d'une solution connue des citoyens.

Dans une liste de candidats potentiels à la mairie, c'est Serge Ménard qui arrive premier. Très bon choix que celui de l'ancien député péquiste... mais il habite la Rive-Sud!

Les chefs des partis de l'opposition ne font même pas mieux que Gilles Vaillancourt, que les deux tiers des citoyens soupçonnent apparemment d'avoir trempé dans la corruption!

Mais qui, à Laval, connaît vraiment Robert Bordeleau, du «Parti au service des citoyens» ? (Quand on croit bon de signifier qu'on est «au service des citoyens», c'est que les choses vont mal.)

Ou Lydia Aboulian, du Mouvement lavallois? Pas grand-monde, apparemment, puisque chacun ne récolte que 15% des intentions de vote, tout comme le maire à vie Vaillancourt. Près de la moitié des répondants n'ont aucune idée ou n'en parlent pas.

On touche ici à un des grands problèmes de la vie démocratique municipale, et à Laval plus qu'ailleurs: le désintérêt général. Une opposition faible, divisée, qui laisse la place à un parti unique, qui détient les 21 sièges du conseil municipal!

Comment voulez-vous redresser la barre si les institutions démocratiques sont désertées?

Gilles Vaillancourt a probablement terminé sa carrière politique, qu'il soit ou non accusé. La durée démesurée d'un règne marqué par les scandales est en soi une raison suffisante. On le voit maintenant s'effondrer dans les allégations de corruption et les descentes de police. Il est grand temps de passer à autre chose.

Mais si ce que dit Lino Zambito est vrai, la pourriture est érigée en système peut-être encore plus et mieux qu'à Montréal, puisqu'on n'a jamais impliqué le maire Gérald Tremblay directement.

Exit Gilles Vaillancourt, donc. Et après? Si l'opposition est encore divisée, menée par des inconnus sans moyens, verra-t-on un héritier de la manière Vaillancourt reprendre là où l'autre a laissé?

C'est bien beau de dénoncer la corruption, mais qui veut vraiment aller faire le ménage? Qui a la crédibilité pour le faire?

La commission Charbonneau sera bien utile en exposant la corruption et la collusion, la fraude organisée et les dépenses exagérées des administrations. Sans doute des «recommandations» en surgiront, pour rendre tout cela plus difficile.

Mais la vraie solution, durable, ne peut être que dans un renouveau démocratique, à Laval, à Montréal et à bien d'autres endroits.

Y a-t-il un candidat dans la salle?

Pour joindre notre chroniqueur: yves.boisvert@lapresse.ca

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