Faut se faire une saison

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Yves Boisvert
La Presse

En marchant vers La Presse, j'aperçois un moineau qui farfouille dans un tas de neige folle. Est-il blessé? Un monsieur s'approche et le cueille délicatement. L'oiseau se met à piailler frénétiquement. Bon, bon, très bien! Le monsieur le repose gentiment dans son tas de neige, où il s'enfonce de plus belle. Le monsieur est inquiet et le prend à nouveau... Pour se faire remercier par de nouveaux cris.

O.K.! Reste dans ton tas de neige!

Ce moineau a bien raison. Ben oui. Il neige. On n'y peut rien. Aussi bien s'y enfoncer. Il en tombe en moyenne 227 cm à Montréal. Il y a 2 ans, c'était 371 cm... Pourtant, chaque première chute un peu importante est accueillie comme une surprise inouïe, une sorte de scandale météorologique. Qui blâmer? Les cols bleus? Le maire de Montréal? Sortez-nous de là, c'est injuste! Que les pouvoirs publics réagissent!

Je crois au contraire que Dieu, dans son infinie sagesse, a voulu qu'il neige sur nos vies pour en ralentir la course folle. Les rendez-vous seront ratés. Les enfants, en retard à l'école. Le produit intérieur brut chutera. Et, pour une fois, ce ne sera même pas ma faute.

Ça fait vraiment du bien.

Non, vraiment, arrêtons de chialer. Le chialage hivernal m'est plus pénible qu'un mètre de sloche. Arrêtons de voir dans cet étouffement momentané une calamité.

De toute manière, c'est une condamnation à perpétuité. Alors, aussi bien se faire une saison.




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