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Roche, pots-de-vin, bateau!

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En prenant la tête du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard savait fort bien qu'il risquait d'être rattrapé par des révélations embarrassantes faites devant la commission Charbonneau.

Prenant les devants, il a toutefois dit très tôt que son parti prendrait ses responsabilités et n'essayerait pas de se cacher derrière les turpitudes présumées des autres partis.

N'empêche, M. Couillard ne doit pas être mécontent, ce matin, de voir que, pour le moment, c'est un ancien ministre péquiste, Guy Chevrette, qui prend la tasse à la suite des révélations-chocs de l'organisateur Gilles Cloutier devant la commission Charbonneau.

Dans le milieu politique, il y a longtemps que circule le nom de Guy Chevrette, ancien ministre omnipotent des gouvernements Parizeau, Bouchard et Landry comme organisateur efficace de la bonne vieille école.

Personne n'a jamais pu apporter de preuves de quelque fraude impliquant M. Chevrette (et les affirmations de M. Cloutier ne constituent pas, rappelons-le, une preuve) et l'ancien ministre s'est toujours défendu d'avoir été croche.

En 2002, il révélait même, de son propre chef, avoir refusé deux mallettes pleines d'argent en 1989, contenant la somme de 500 000$ qui lui avait été proposée par «un Asiatique, une grande madame qui se disait avocate et un autre monsieur inconnu» pour convaincre le PQ de ne pas étatiser les loteries vidéo.

Guy Chevrette les aurait «sacrés dehors», mais n'a pas pensé d'appeler la police. Curieux, tout de même, tous ces politiciens et organisateurs à qui on offre des pots-de-vin et qui refusent vertueusement sans toutefois appeler la police.

Me semble que si un entrepreneur, un politicien ou un lobbyiste essayait d'influencer la rédaction d'un de mes reportages ou chroniques, je m'organiserais pour le coincer et le dénoncer publiquement. Tous mes collègues, j'en suis persuadé, feraient de même. Mais en politique, un maire vous offre une enveloppe bien garnie ou un entrepreneur véreux débarque avec une mallette et vous vous contentez de repousser dédaigneusement, sans donner suite. Cela démontre tout simplement que le cash fait partie du paysage politique depuis toujours, au point où on ne considère même plus comme un crime une tentative de pot-de-vin.

Pas étonnant que des Gilles Cloutier, des Marc-Yvan Côté ou des Bernard Trépanier en mènent si large dans cet univers.

Plusieurs personnes ont noté avec étonnement, parfois avec dégoût, l'arrogance de ces organisateurs professionnels, leur confiance débordante, l'assurance sans faille en leurs moyens, leur front de boeuf. Et leur absence de remords.

La réalité, c'est que les partis politiques ont besoin de ces professionnels du financement et de l'organisation électorale. Au sommet de leur gloire, ils deviennent de véritables légendes dans le monde politique, des intouchables, des tout-puissants.

Leurs employeurs, autant les chefs politiques que les entrepreneurs, ne veulent pas connaître les détails, ils veulent les résultats. Ils veulent des «faiseurs d'élections». Ils se fichent que par leurs méthodes, ils soient aussi des voleurs de démocratie.

Lorsque Gérald Tremblay, par exemple, demande à Gilles Cloutier s'il va l'«aider» dans sa campagne, il ne lui demande pas de poser des pancartes!

Lorsque Roche ou Dessau engage Gilles Cloutier comme «vice-président au développement des affaires» (ça ne s'invente pas!), ce n'est pas pour son expertise en génie civil.

C'est pour qu'il mette en place son système. Un système parfait qui rapporte et qui arrose tout le monde, neutralisant ainsi les attaques. Après tout, un Guy Chevrette vaut bien une Michelle Courchesne ou un autre ministre libéral.

Suffit d'inviter une belle brochette d'élus, de tous les niveaux et de tous les partis, de leur offrir de jolis cadeaux en filmant la soirée et hop, le tour est joué, vous les tenez tous dans le creux de votre main.

Je ne veux pas paraître blasé, mais rien dans le témoignage de Gilles Cloutier ne me surprend. J'ai trop souvent vu ces «kingpin» de l'organisation politique faire la pluie et le beau temps, recruter des candidats-vedettes, évincer les fâcheux, récolter du fric, nommer des dirigeants de sociétés d'État et même donner leur avis sur la composition des conseils des ministres.

Les «bénévoles» d'élections, spécialistes en communication, en sondage, en organisation, en financement, qui quittent leur travail sans compensation pendant des semaines, je n'y ai jamais cru. Il y a toujours un salaire ou un retour d'ascenseur.

Je n'ai jamais cru, non plus, à l'engagement volontaire de tout le personnel d'une entreprise qui contribue soudainement en bloc à la caisse d'un parti.

Tout cela est connu, entendu, presque banal. La vraie question est de savoir si on saura se débarrasser de ces vieux stratagèmes. En attendant, on les expose dans le détail à la commission Charbonneau, c'est déjà ça de pris.

Pour joindre notre chroniqueur: vincent.marissal@lapresse.ca

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Commentaires (14)
    • M"Marissal ,vous qui savez tout et connaissez tout pouvez certainement nous dire pourquoi la commission a passé la vidéo avec toute ces personnages connus.Il doit avoir une raison que nous on ne connais pas mais vous?Devez bien savoir ça.

    • M Boisvert, continuez vos commentaires sur la commission Charbonneau. Vous transcrivez en phrases claires ce que nos esprits conçoivent mais n'expriment pas comme vous le faites.
      Tout comme le maire Tremblay a manifesté une grande volonté de venir défendre sa réputation à la commission Charbonneau, ainsi veut le faire M Chevrette.
      Mais à mon avis, la réaction de M Chevrette sera la même; il niera tout ou ne s'en souviendra pas.
      Ainsi, tout comme le maire Tremblay, sa réputation sera plus entachée que s'il ne s'était pas présenté. Les gens ne sont pas des imbéciles; ils voient dans leur physionomie quand les personnes mentent.

    • On kaviarde le nom des femmes des fraudeurs et on ne kaviarde pas le cardinal Turcotte. Lui aussi s'est fait refaire la cuisine?

    • @nousnoune
      Votre mémoire doit alors vous faire défaut : http://blogues.lapresse.ca/lagace/2007/11/17/la-ministre-boulet-a-132-kmh/

    • Chaque fois que je pense à Ti-Guy je pense au 11 septembre
      La limo de Chevrette s'était fait suivre par le JdM. Elle roulait à 150k à l'heure.
      Le lendemain, les tours tombaient et la limo de Ti-Guy disparaissait du décor.

    • La corruption chez les Libéraux c'est comme dans leur ADN donc pas de surprise de ce côté-là. Quand aux Péquistes séparatistes s'il y a des cas de corruption , on se doit de les dénoncer à tout prix.Ce n'est pas vraiment une surprise d'entendre circuler le nom de Guy Chevrette, ce vieux politicien bourru n'a jamais été d'une grande subtilité et appel aux journalistes sérieux n'oubliez pas de faire vos devoirs concernant cet autre politicien rusé,le petit KID KODAK à Coderre,un autre qui est loin d'être blanc comme neige !

    • Cet homme qui se produit actuellement à la commission devrait caviarde de toute urgence.
      Selon moi, ce petit monsieur se prend pour dieu le père met on tous nous savons que cela
      n'existe pas.
      Il s'agit d'un fraudeur, prouvé par la commission et toutes les attentions se devront être prise concernant ces personnages munis d'ego démesurés et qui, toujours selon moi,
      se devront toujours être pris avec de grosses pincettes.
      Il ne faudrait que la commission se fasse complice des ces «bandits de grands chemins»
      Réjean Grenier

    • J'aimerais voir ces politiciens véreux se faire couper leurs pensions et rembourser leurs multiples primes de départs ( les Jean-Pierre Ferland de la politique ) pour nous avoir fraudés et pris pour des chaudrons .

    • Difficile de ne pas croire Gilles Cloutier, c'était son job d'aller chercher des contrats publics coûte que coûte, donc le prix n'était pas important, de toute façon il était ajouté aux contrats obtenus donc c'est nous qui en bout de ligne payons la facture final.
      Je suis la politique depuis le milieu des années 50 et de tout temps d'une époque à l'autre, ou encore d'un parti à l'autre, ça toujours été du pareil au même, uniquement les méthodes pouvaient différer. Plus faites le tour de la planète d'un siècle à l'autre démocratie rime avec collusion et corruption peu importe que ce soit des capitalistes ou des communistes, voyez ce qui se passe actuellement en Chine.
      Doit-on baisser les bras pour autant, que non, donc périodiquement il faut faire des Commissions Charbonneau et Gomery, tant qu'il y aura des hommes il y aura de l'hommerie.

    • Monsieur Marissal, vous êtes sans doute vertueux, c'est tant mieux. Toutefois, je ne crois pas que les journalistes constituent l'élite de la société. Il y a parmi eux des pourris comme ailleurs. Je me suis déjà fait voler par un de ceux-là.
      Tout le monde a un moment de faiblesses à un moment ou à un autre. Que ce soit de conduire en état d'ébriété après un party, d'avoir payé comptant pour éviter de payer les taxes, ou autres choses. Ça reste correct d'attaquer ce qui gangrène la société.

    • Ça dit qu'il me reste "2000 caractères". Je suis venu pour refermer l'onglet de cette page sans commenter. Je suis sur le point de vomir l'ensemble de mon organe digestif et intestinal. Commenter comment ?, ça ne se commente même plus... Pourquoi ? Parce que nous somme maintenant rendus, à la Commission Charbonneau, au delà des mots. Ce n'est plus "commentable". Je trouve Monsieur Boisvert bien bon de pouvoir continuer à chroniquer sur le sujet.
      Benoît Duhamel.

    • Ça semble évident que c'est un système dans lequel à peu près tout le monde était (est) impliqué jusqu'au cou. Ce qui est insultant, c'est lorsque qu'une Courchesne nous JURE, des trémolos dans la voix, qu'elle n'en savait rien; non seulement ça, mais qu'elle nous assure qu'elle avait à coeur le respect de la démocratie et qu'elle ne cessait de dire à son personnel qu'il ne fallait enfreindre aucune règle... Ben oui voyons! On nous prend vraiment pour des caves.

    • Moi je crois qu'ily a encore des bénévoles, j'en suis une depuis fort longtemps et j'ai des amies, surtout des femmes, curieux.Je ne sais pas combien à travers le Québec, mais il y en a encore un peu tout de mëme.

    • Vous avez oublié les enfants de premier ministre qui ont à peine 18-20 ans et qui donne le maximum en don. Me semblent que l'argent doit pas revenir dans leurs poches par après. Ça doit être un concept de prêtre nom ça la famille :-)

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