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Les mauvais coups de 2012

Comme ses homologues Gérald Tremblay et Richard Marcotte,... (PHOTO RYAN REMIORZ, PC)

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Comme ses homologues Gérald Tremblay et Richard Marcotte, le maire Gilles Vaillancourt a longtemps résisté à la pression populaire pendant la majeure partie de 2012. La vague anticorruption l'a finalement emporté.

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Par où commencer? Les histoires de corruption? L'aveuglement volontaire de maires «innocents» ? Les ministres dépensiers ou cachottiers? Quels événements ou personnages nous laissent, en cette fin d'année, un souvenir amer?

Bilan des mauvais coups de 2012.

Le défilé de «filous ordinaires», ces petits fonctionnaires municipaux véreux, devant la commission Charbonneau l'automne dernier aura été, pour moi, un rappel de ce qu'il y a de pire dans la nature humaine: l'appât du gain et le détournement du bien collectif à des fins personnelles, au mépris de la plus élémentaire moralité et du sens du devoir. À tous les Surprenant, Leclerc, Vézina et autres profiteurs, bonne année 2013!

Un autre très mauvais souvenir de 2012: Richard Henry Bain, le tireur lourdement armé qui s'est rendu au Métropolis le 4 septembre dans le but d'assassiner Pauline Marois, tout juste élue première ministre. Un homme est mort, un autre a été blessé et tout le Québec, traumatisé, s'est demandé comment une telle chose était possible ici. Non, ça n'arrive pas qu'aux autres...

Ils ont résisté à la pression populaire (et à la décence élémentaire) pendant la majeure partie de 2012, mais la vague anticorruption a finalement emporté les maires Gérald Tremblay, Gilles Vaillancourt et Richard Marcotte. Vaincus, mais pas repentants pour deux sous, les ex-maires se sont présentés comme des victimes de cette époque trop dure envers les élus... Allez, bon vent!

L'ex-premier ministre Jean Charest a cru, comme plusieurs, que la grève étudiante déclenchée en février s'essoufflerait bien vite. Erreur. Le mouvement a pris de l'ampleur et la mobilisation a rapidement débordé le seul milieu étudiant, amenant des milliers de personnes dans les rues. La gestion de cette crise par l'ancien gouvernement libéral a causé de lourds dégâts: une ministre (Line Beauchamp) sacrifiée, une loi spéciale adoptée dans la controverse, des centaines d'arrestations, une population divisée... Fail!, comme dirait mon garçon de 6 ans.

Si l'élection de Pauline Marois constitue, selon moi, l'événement politique de l'année au Québec, les reculs et cafouillages des 100 premiers jours de ce gouvernement méritent une place dans le palmarès des mauvais coups de 2012. Controverses touchant les ministres Breton (ex-ministre de l'Environnement) et Lisée; traitement de faveur à André Boisclair; recul sur l'abolition de la taxe santé; déclarations échevelées et ballons d'essai mal gonflés, bref, des débuts difficiles. Souhaitons que ça se tasse en 2013.

En regardant, au long de 2012, le nouveau centre universitaire de santé McGill (CUSM) émerger de terre au centre d'une forêt de grues sur le terrain de la gare Glen, je ne sais combien de fois je me suis dit: «Pour une fois, voilà un grand projet qui avance rondement au Québec.» Eh non... Dépassements de coûts, intervention du ministre de la Santé, intrigues autour des contrats de SNC-Lavalin et mystère qui plane sur l'ancien DG, Arthur Porter. Un autre fiasco, quoi. Nous devrions en apprendre un peu plus en 2013.

Le projet de remplacement des vieux F18 canadiens par les très coûteux F35 avait déjà du plomb dans l'aile, mais il a finalement crashé vers la fin de 2012, ramenant tout le monde à la case départ. Le coût d'acquisition estimé des nouveaux appareils est passé de 15 à 40 milliards en quelques années. Après avoir investi près de 300 millions dans la conception de l'appareil, le gouvernement Harper a décidé, sans prendre le moindre blâme, de reprendre à zéro le processus d'achat, retardant encore de plusieurs années le remplacement des vétustes F18. Un beau gâchis.

Vous vous souvenez du verre de jus d'orange à 16$ de Bev Oda? Un rare cas d'indiscipline au sein du gouvernement Harper, qui a d'ailleurs coûté son poste à cette ancienne ministre du Développement international. L'affaire était embarrassante pour Stephen Harper, mais il s'en est finalement bien tiré: Bev Oda a démissionné, elle a quitté la politique et les conservateurs ont gardé sa circonscription (Durham) dans une élection partielle.

La palme du plus navrant exemple de fermeture d'esprit et de petitesse intellectuelle revient en 2012 à (roulement de tambour) ... Jean Tremblay, le maire de Saguenay. Cet élu, visiblement accroché au siècle précédent, s'obstine à réciter la prière avant les réunions de son conseil municipal et condamne les propos d'une immigrée dont il est incapable de prononcer le nom (Djemila Benhabib).

Oh là là! dure année pour les sondeurs! Il y a eu, d'abord, les sondages qui donnaient une confortable avance au Wild Rose Party de Danielle Smith en Alberta, au printemps, puis, cet été au Québec, ceux qui prédisaient une dégelée historique au Parti libéral de Jean Charest. Que nenni! Alison Redford et son parti conservateur ont gardé, haut la main, le pouvoir en Alberta, et le PLQ, même s'il a perdu des plumes par rapport à 2008, est passé bien près de conserver le pouvoir.

D'où une de mes résolutions pour 2013: accorder une importance toute relative aux sondages.

Parlant de résolution, je vous présente demain celles d'une brochette de politiciens. Enfin, ceux qui ont bien voulu me répondre (allô, Denis Coderre?).




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