Une lutte Legault-Charest?

Jean Charest est peut-être «mort» virtuellement la semaine dernière dans un site internet mais, politiquement, l'increvable chef libéral ne semble pas près de rendre son dernier souffle.

Non seulement les libéraux de Jean Charest devancent-ils maintenant le Parti québécois, mais ils seraient aussi dans le coup contre un éventuel parti de François Legault, ne laissant que des miettes au PQ de Pauline Marois.

Déjà ébranlés par la division du mouvement souverainiste, les péquistes ne trouveront aucun réconfort dans ce nouveau coup de sonde de CROP. La seule petite consolation pour Pauline Marois, c'est qu'il s'agit d'une enquête de fin d'été, une période généralement moins fiable en matière de sondages.

N'empêche, les chiffres sont mauvais pour le PQ et ils confirment une tendance observée avant l'été.

Depuis le mois de mai, le PLQ a gagné 10 points et le PQ en a perdu 7 (l'ADQ et Québec solidaire font du surplace à 16 et 11%). À la question de savoir quel chef ferait le meilleur premier ministre, Jean Charest a gagné six points depuis mai (à 22%), alors que Mme Marois en a perdu autant (à 14%).

Accusant un retard de six points dans les intentions de vote (33% à 27%), le Parti québécois peut encore prétendre être dans la course dans le contexte actuel, mais il est carrément déclassé si on ajoute dans l'équation électorale un parti dirigé par François Legault. Ce dernier semble s'essouffler un peu et il n'a pas tiré profit des récents soubresauts au PQ. Il reste néanmoins largement en tête dans les intentions de vote, ce qui est tout de même surréaliste pour un parti... qui n'existe pas encore!

C'est plutôt Jean Charest qui se replace, profitant d'une base électorale beaucoup moins volage que celle du PQ.

Tapi dans l'ombre, François Legault continue néanmoins à s'organiser. Après avoir recruté la semaine dernière une ancienne organisatrice et candidate libérale fédérale, Brigitte Legault, il compte depuis hier sur un nouvel attaché de presse, Jean-François Del Torchio, lui aussi issu de la filière PLC (il a notamment été l'attaché de presse de Stéphane Dion).

L'ancien ministre péquiste n'est pas le seul à s'activer dans les coulisses. Un certain Gilles Duceppe manoeuvre aussi, selon des sources fiables - autre mauvaise nouvelle pour Pauline Marois, dont le leadership est ouvertement remis en question dans le mouvement souverainiste.

M. Duceppe aurait, dit-on, mangé récemment avec d'anciens chefs péquistes, dont Lucien Bouchard, Jacques Parizeau et Bernard Landry, à la recherche d'appuis... au cas où les choses tourneraient mal pour Pauline Marois. L'ancien chef du Bloc est aussi en contact avec l'instigateur du Nouveau Mouvement pour le Québec, Jocelyn Desjardins, l'un des principaux détracteurs de Pauline Marois. Ce dernier a travaillé comme attaché auprès de Gilles Duceppe lors de la campagne de 2008.

On sait par ailleurs que Jacques Parizeau, très critique envers Pauline Marois, et dont la femme, Lisette, a quitté le caucus du PQ, aime bien Gilles Duceppe.

Le Parti québécois, encore une fois, traverse une période de turbulences et certains, visiblement, préparent déjà l'après-Marois.

Pauline Marois a peut-être envenimé les choses cette semaine en reconnaissant qu'elle était contestée et en promettant de se battre contre ses détracteurs. Du coup, elle a donné de la crédibilité aux contestataires et s'est montrée ébranlée par la fronde. D'autant plus que personne, dans son caucus ou dans le mouvement souverainiste, n'est venu à son secours publiquement.

Le PQ, c'est bien connu, est la plupart du temps son propre pire ennemi, mais autre chose devrait inquiéter les péquistes: l'irrationnel désir de changement des électeurs, qui fait particulièrement mal aux partis souverainistes, comme le démontre notre sondage.

Plus d'un quart des électeurs du PQ (contre seulement 12% des libéraux) se disent prêts à voter pour le parti de François Legault. Une telle saignée serait évidemment fatale pour le PQ.

Les Québécois veulent du changement, ils veulent passer à autre chose, comme ils l'ont démontré en abandonnant massivement le Bloc québécois pour embrasser le NPD aux élections fédérales du 2 mai.

On entend beaucoup de critiques contre Pauline Marois ces derniers temps dans le mouvement souverainiste, mais le problème du PQ dépasse largement les questions de personnalité.




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