Qui a peur des clowns?

Le phénomène des clowns terrifiants qui déambulent dans... (photo saul loeb, archives agence france-presse)

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Le phénomène des clowns terrifiants qui déambulent dans les villes n'est pas nouveau. Il se produit régulièrement avant l'Halloween depuis les années 80. Mais cette année, les hommes au large sourire et au nez rouge sont plus nombreux et restent plus longtemps.

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Suzanne Colpron

Après avoir dirigé la section Arts du quotidien Le Soleil pendant quatre ans, puis celle de La Presse pendant cinq ans, Suzanne Colpron, journaliste depuis 1987, entame une carrière de chroniqueuse en 2016.

La Presse

(Note de la rédaction: l'article suivant a été modifié après sa publication initiale pour attribuer le crédit à des sources externes) 

Les clowns, c'est pas toujours drôle.

La preuve : un ado de 16 ans a été pourchassé par un clown armé d'un bâton de baseball vendredi dernier, à Pointe-aux-Trembles.

C'était le soir, vers 22 h 15. Une soirée tout ce qu'il y a d'ordinaire.

L'ado marchait quand il a entendu quelqu'un rire derrière lui. Il s'est retourné et a vu un personnage terrifiant. Je dis « terrifiant » parce que c'est ainsi qu'on désigne ces clowns aux États-Unis, où le phénomène sévit depuis un mois et demi.

Le jeune s'est mis à courir sur la 52e Avenue, poursuivi par le clown armé. Il s'est réfugié dans un immeuble résidentiel et a composé le 9-1-1.

Fin de l'histoire.

À l'arrivée des policiers, le clown avait disparu.

C'est le seul cas connu de la police de Montréal.

Le phénomène des clowns terrifiants qui déambulent dans les villes n'est pas nouveau. Il se produit régulièrement avant l'Halloween depuis les années 80. Mais cette année, les hommes au large sourire et au nez rouge sont plus nombreux et restent plus longtemps.

La raison ? On ne sait pas trop.

Le premier signalement remonte au mois d'août à Greenville, petite ville de Caroline du Sud où deux jeunes garçons ont dit avoir vu deux clowns dans les bois qui leur murmuraient de les suivre.

« Certains d'entre eux avaient des chaînes, d'autres des couteaux. Ils proposaient de l'argent en nous disant qu'ils avaient des bonbons pour nous», écrit le quotidien français Libération, traduisant une entrevue accordée au site américain BuzzFeed*. 

Depuis, des centaines de cas ont été observés autour d'écoles ou dans des universités dans plus de 30 États américains, mais aussi au Québec, au Canada et en Europe.

Au Royaume-Uni, la police de Newcastle a même demandé aux magasins de déguisements de cesser de vendre des costumes de clown. En Suède, un homme a été poignardé à l'épaule par un homme portant un masque de clown.

Même McDo, dont le visage est celui du clown Ronald, a décidé de limiter les apparitions de sa mascotte, pour ne pas faire peur aux enfants.

Où sont les clowns terrifiants ? Partout et nulle part.

À Montréal, des élèves du cégep John-Abbott ont lancé une application offerte sur iOS et Android pour les localiser et rapporter leurs apparitions : Clown Spotter...

Je l'ai téléchargée, et des dizaines de clowns sont apparus sur mon iPhone. Un clown avait été aperçu au coin des rues Sainte-Catherine et Peel, hier, vers 16 h 30. Un autre avait été vu rue de La Roche, entre Mont-Royal et Marie-Anne, une heure plus tôt. Encore un autre sur l'avenue des Pins, au coin de De La Roche. D'autres dans l'est de l'île, à Verdun, à Lachine, à Longueuil ou à Laval. Et même à Sainte-Adèle.

Voyons : c'est vraiment n'importe quoi.

Bien sûr, la police prend l'affaire au sérieux et appelle les gens à la prudence. Mais elle fait aussi face à de nombreuses rumeurs et fausses alertes. Des hommes, des femmes, des parents paniqués appellent la police qui ne trouve pas de traces de clowns.

Il est très facile de fabriquer une fausse apparition d'homme maquillé et de la diffuser comme si elle était le fait d'un témoin. Les vidéos de clowns terrifiants sont partagées plusieurs milliers de fois sur Facebook et Snapchat. Elles circulent vite sur l'internet, inspirent la peur et donnent des idées à ceux qui ont du temps à perdre.

On est en présence d'un phénomène amplifié par les réseaux sociaux, où les mauvais plans d'un imbécile ou d'une personne malfaisante peuvent provoquer un mouvement d'imitation. Comme on l'a vu avec cette autre pratique qui consiste à dire des propos dégradants en direct à des animatrices devant la caméra.

Mais dans le cas des clowns, la vague devrait disparaître après l'Halloween. Les farceurs repartiront comme ils sont arrivés. Sans explication. Jusqu'à l'an prochain.

* L'article suivant a été modifié après sa publication initiale pour attribuer le crédit à des sources externes

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