Ne laissez pas le huard gâcher vos vacances

Pile ou face, le huard n'est jamais du côté des consommateurs. Qu'il monte ou qu'il redescende, les consommateurs ne sortent jamais gagnants.

Pendant que les exportateurs canadiens se frottent les mains, les consommateurs sont les grands perdants de la chute du huard qui a fondu de 10% en 12 mois, dont la moitié depuis le début de 2014.

Déjà, les détaillants parlent d'augmenter leurs prix de vente et les voyagistes ont instauré des surcharges pas plus tard que cette semaine. Pas le choix, disent-ils, leurs marges de profit sont si minces qu'ils doivent refiler l'augmentation des coûts à leur clientèle pour rester à flots.

Pourtant, souvenez-vous en 2007 quand le huard a touché un sommet de 1,07$US, après une prodigieuse envolée de plus de 50%. Les détaillants canadiens ne se sont pas précipités pour abaisser leurs prix, afin que leur clientèle profite de la force de la devise.

Même après des années de parité, les produits vendus au Canada sont demeurés 20% plus chers qu'aux États-Unis, poussant les Canadiens dépités à magasiner au sud de la frontière.

Maintenant que le huard retombe, les consommateurs vont y goûter. Et les voyageurs encore plus. Si vous pensiez aller aux États-Unis à la semaine de relâche, il faudra prévoir 10% de plus. Même chose si vous aviez l'intention d'aller en Europe l'été prochain.

Attendre ou réserver tout de suite?

Plusieurs voyageurs se demandent s'il est préférable de convertir tout de suite leurs dollars en devises étrangères, ou de patienter un peu en espérant que le huard remonte.

Malheureusement, les économistes ne sont pas très optimistes pour le huard, qui vient de tomber sous la barre de 90 cents US pour la première fois depuis 2009. Plusieurs croient qu'il pourrait descendre autour de 85 cents d'ici l'été 2014, et peut-être même encore plus vite. Sans le dire trop fort, certains ne seraient pas surpris qu'il baisse vers les 80 cents.

Le huard pourrait reprendre de la vigueur vers la fin de 2014, si l'économie canadienne se ressaisit. Mais il ne faut pas rêver d'un retour à la parité.

À court terme, inutile d'attendre pour convertir votre argent en devise américaine. Idem si vous voulez réserver un hôtel à l'étranger. Autant le faire tout de suite.

Quel pays visiter?

Vous rêvez de visiter Londres, les décors de Harry Potter et le château de Downton Abbey l'été prochain? Eh bien, ce n'est pas le moment idéal! L'Angleterre n'a jamais été une aubaine, mais voilà que le dollar canadien a perdu 14% face à la livre sterling depuis 12 mois, pire que sa chute face au dollar américain et à l'euro (10%).

Mais ne désespérez pas. Le dollar canadien est en hausse par rapport à plusieurs autres devises. Il a même gagné 44% face au peso argentin depuis un an. La Patagonie, ça vous dit? Si vous êtes un voyageur opportuniste, vous pourriez aussi mettre le cap sur la Turquie, l'Afrique du Sud ou l'Australie, des pays où vous en aurez plus pour votre huard.

Légales, ces surcharges?

La semaine dernière, la plupart des voyagistes (Vacances Air Canada, Air Transat, Sunwing) ont ajouté une surcharge de 35$ à leurs prix en raison de la baisse de la devise.

C'est légal, mais il y a des règles à suivre.

D'abord, le prix annoncé en gros caractère doit inclure tout, tout, tout... y compris la surcharge. Interdit de la dissimuler dans des petits caractères. Les seuls éléments qui peuvent s'ajouter à la facture sont les taxes (TPS/TVQ), les droits aéroportuaires et la contribution au Fonds d'indemnisation des clients des agents de voyages.

Ainsi, les agences de voyages peuvent imposer n'importe quelle surcharge, pourvu qu'elle soit intégrée dans le prix global qu'elles annoncent.

Elles peuvent même exiger une surcharge rétroactive. La Loi sur les agents de voyages leur permet d'augmenter le prix des voyages déjà réservés, une mesure qui protège davantage l'industrie que les consommateurs. Mais bon, voici de quoi il en retourne...

L'agence peut exiger une surcharge rétroactive lorsque le prix du carburant a augmenté ou lorsque le taux de change a fluctué d'au moins 5% depuis la date de la réservation.

Pour pouvoir augmenter les prix, il faut que les agences de voyages aient inséré une clause à cette fin dans leur contrat. Et si vous avez réservé en personne, elles doivent aussi vous avoir prévenu verbalement du risque d'augmentation.

Si cela peut vous rassurer, les agences n'ont pas le droit d'augmenter les prix à moins de 30 jours du départ. Et lorsque l'augmentation est de 7% ou plus, vous pouvez obtenir un remboursement complet, ou un échange.

Mais qui a envie de changer ses projets de voyage après avoir tout payé?

Même si la surcharge rétroactive est légale, il y a quelque chose d'odieux à changer les règles d'un contrat déjà signé. En 2008, bien des vacanciers avaient poussé les hauts cris après avoir reçu une surcharge rétroactive à cause de la hausse du prix du carburant.

Avec la récente baisse du huard, espérons qu'aucune agence n'osera appliquer de surcharge à un voyage déjà réservé. Mais si vous voulez être certains d'éviter les mauvaises surprises, réservez donc dans une agence où les prix sont garantis.




Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

la boite:2525685:box

Autres contenus populaires

la boite:219:box
image title
Fermer