Trump et Lisée

Donald Trump... (photo david becker, archives reuters)

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Donald Trump

photo david becker, archives reuters

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Stéphane Laporte

Collaboration spéciale

La Presse

Politique-fiction. Éclaboussé par des scandales sexuels, Donald Trump ne sait plus à quel sein se vouer. Pardon, à quel saint se vouer. Ne cessant de perdre des points dans les sondages, tout porte à croire que l'agresseur de jupons va se faire battre par une femme. Humiliation totale. Trump est découragé. Lui qui n'écoute personne a finalement décidé de se faire aider. Il prend son téléphone mobile et tape un numéro. Ça sonne...

« - Oui bonjour, ici Jean-François Lisée, nouveau chef du Parti québécois et prochain libérateur de la nation.

- Hi ! This is Donald Trump !

- Donald Trump ! ? Ben voyons ! Haha ! O.K. Alexandre, arrête de niaiser, je reconnais ton accent de bleuet !

- What are you talking about ! I am the real Donald Trump !

- Pouvez-vous me le prouver ?

- Snif... Snif...

- Vous reniflez exactement comme Donald Trump. C'est bien vous ! J'aurais dû m'en douter que vous étiez pour m'appeler. Vous devez sûrement vouloir me féliciter pour ma phénoménale victoire qui n'a de commune mesure dans l'Histoire du monde que l'ascension au pouvoir d'Ho Chi Minh et de Napoléon Bonaparte. Ça me touche vraiment d'être une source d'inspiration pour tous les leaders de la planète.

- Non, je ne veux pas vous féliciter, je veux que vous m'aidiez.

- Vous aider ?

- Yes ! J'ai besoin d'un changement de cap. À 180 degrés. Une métamorphose totale. J'ai fait toute ma campagne en étant un abruti populiste, là, je voudrais devenir un intellectuel hautain, comme vous.

- Méchant défi ! Mais là, attendez, je ne pense pas que ce soit bon pour mon image de m'associer à vous.

- Mister Lisée, si je suis élu président des États-Unis, vous allez pouvoir dire que vous êtes celui qui a créé l'homme le plus puissant de la terre. C'est bon pour votre ego !

- Ça, c'est certain que c'est flatteur... Mais je doute encore...

- Si je suis élu président des U.S.A. et que le Québec se sépare, je vous promets que nous serons les premiers à reconnaître votre pays à l'ONU !

- Alors là, si c'est bon pour mon ego et pour le Québec, il n'y a plus aucune raison de vous refuser mes lumières.

- Way to go, J.-F. ! Que dois-je faire ?

- Mon cher Donald, longtemps, on a cru que l'intelligence faisait peur aux électeurs. Je suis la preuve du contraire. Cessez de dissimuler la vôtre et étalez-la.

- How ?

- Vous pourriez citer des auteurs dans vos discours. Moi, je cite allégrement Mark Twain, Vigneault, Diderot, Kafka. Que lisez-vous ?

Playboy.

- Mais encore ?

Penthouse.

- On va laisser faire les citations. Transformons d'abord votre coiffure. Il faut que vous dégagiez votre front. Regardez-moi, j'ai le devant dégarni, le cerveau bien en vue. Dès qu'on me voit, ce qui saute aux yeux, it's my brain ! Cessez de dissimuler votre cerveau derrière un mur de cheveux orange.

- I don't change my hair.

- Si je suis votre Pygmalion, vous n'êtes pas un Eliza Doolitle très malléable...

- Aidez-moi pour le prochain débat.

- D'accord. D'abord, arrêtez de suivre Hillary quand elle marche. On dirait Anthony Perkins pourchassant Janet Leigh dans Psychose. Y manque juste la petite musique, pis on crie. Restez à votre place. Avec un petit sourire en coin. Comme moi quand j'écoute Martine Ouellet.

- O.K.

- Il faudrait aussi qu'au moins une fois durant le débat, vous cessiez d'insulter tout le monde et que vous formuliez une idée...

- Une idée ?

- Vous devez bien avoir une idée ?

- No.

- C'est pas grave. C'est même mieux. Vous n'avez qu'à dire que vous allez faire une grande consultation pour être à l'écoute des idées des gens. Comme chaque personne pense que son idée est meilleure que celle des autres, tout le monde va penser que c'est la leur que vous allez retenir. Et tout le monde sera content.

- Clever. Vous qui êtes un fin stratège et qui avez le sens du punch, avez-vous une stratégie pour me faire remporter l'élection du 8 novembre ?

- Ce n'est vraiment pas évident. M. Trump, votre comportement sexuel a tellement dégoûté l'Amérique qu'il n'y a qu'une seule façon de vous faire pardonner ça : la séparation !

- La séparation ?

- Vous séparer de la cause de tous vos problèmes. Nous, c'est le Canada. Vous, c'est votre état le plus petit. Votre zizi. Vous vous émasculez en pleine télé. À la fin du débat, vous sortez un couteau suisse, et tchak ! On n'en parle plus. Coupé. Parti. Fini. Votre petit cerveau ne dominera plus jamais votre gros. À moins que ce soit le contraire. Après tout, je ne vous connais pas si intimement.

- C'est un peu radical comme méthode !

- Se faire traiter de radical par Donald Trump, c'est un comble. Arrangez-vous avec vos problèmes, je dois retourner devant l'assemblée terminer mon discours d'acceptation, je n'en suis qu'à la page 72.

- I understand. Combien je vous dois pour vos conseils ?

- Zéro. Mais promettez-moi que si vous êtes élu, vous redonnerez Rona au Québec et on vous fournit le matériel pour la construction de tous vos murs.

- It's a deal ! »

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