Des noms et des Jeux

Un téléphérique survole Rio de Janeiro, alors que... (Photo David Goldman, Associated Press)

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Un téléphérique survole Rio de Janeiro, alors que le soleil se couche à l'horizon.

Photo David Goldman, Associated Press

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Ce qu'il va nous rester des Jeux de Rio ? Ce qu'il nous reste de tous les Jeux olympiques : des noms, des êtres humains, des destins. Certains que l'on ne connaissait pas, d'autres que l'on connaissait déjà, plusieurs que l'on n'oubliera pas. En voici huit, mais il pourrait facilement y en avoir le double, le triple.

La nageuse canadienne Penny Oleksiak... (Photo Sean Kilpatrick, La Presse Canadienne) - image 1.0

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La nageuse canadienne Penny Oleksiak

Photo Sean Kilpatrick, La Presse Canadienne

Le nageur américain Michael Phelps... (Photo CHRISTOPHE SIMON, Agence France-Presse) - image 1.1

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Le nageur américain Michael Phelps

Photo CHRISTOPHE SIMON, Agence France-Presse

PENNY OLEKSIAK

On ne savait même pas qu'elle existait. Faut dire qu'elle n'existe pas depuis longtemps. Le temps de cinq Jeux olympiques. Sydney, elle naît. Athènes, elle a 4 ans. Pékin, 8 ans. Londres, 12 ans. Rio, 16 ans et 4 médailles. L'or au 100 m nage libre femmes, l'argent au 100 m papillon femmes et deux fois le bronze au relais 4 x 100 m nage libre femmes et au relais 4 x 200 m nage libre femmes. Wow ! L'été dernier, Penny mesurait 5 pi et 11 po, et on ne croyait pas qu'elle se rendrait à Rio. Cet été, elle mesure 6 pi et 2 po et elle rit à Rio. Ce n'est pas la drogue, c'est la croissance. Et grâce à elle, tout le Canada a grandi aussi. Dans nos mémoires, encore plus que ses longueurs de piscine, c'est son sourire qui restera. Un sourire d'enfant heureuse à qui l'on vient de faire un beau cadeau. Pourtant, le beau cadeau, c'est elle qui nous l'a fait. Le cadeau du succès. Qu'elle partage avec tout le pays. Un athlète perd toujours seul. Mais il gagne toujours avec toute une nation. Nous sommes ainsi. Merci Penny.

MICHAEL PHELPS

Lui, on le connaît. Tellement, qu'on se surprend qu'il soit encore là. Pendant que Penny était occupée à naître, lui terminait 5e au 200 m papillon aux Jeux de Sydney. Puis à Athènes, six médailles d'or et deux de bronze. Puis à Pékin, huit médailles d'or. Puis à Londres, quatre médailles d'or et deux d'argent. On a eu peur que Rio soit la fois de trop. Ben non, le héros a remporté cinq médailles d'or et une d'argent. Quel chant du cygne ! Un cygne comme un requin dans l'eau. Merci Phelps de nous avoir montré que le temps n'a pas toujours raison des champions.

GHISLAINE LANDRY

Non, on ne savait pas c'était qui. Pire, on ne savait même pas qu'aux Jeux olympiques, il y avait du rugby. C'est apparu dans notre télé, alors on a regardé. Et comme le Canada était en train de gagner, on n'a pas bougé. Quel show ! Jouer au football américain habillée en football mondial, faut le faire ! La fougue des filles était électrisante. On avait mal pour elles. Landry a marqué 18 points et le Canada a battu la Grande-Bretagne, 33 à 10. Médaille de bronze. Si les joueurs du CH avaient la moitié de la détermination des filles de l'équipe nationale de rugby, il n'y aurait pas juste des cônes orange dans les rues de Montréal, il y aurait aussi une Coupe Stanley.

SIMONE BILES

La reine des Jeux de Rio. Quatre médailles d'or et une de bronze en gymnastique. On ne savait pas que le corps humain était en mesure de faire ce qu'elle fait. Avant, la gymnastique, dans le temps d'Olga et de Nadia, c'était du ballet. Aujourd'hui, la gymnastique, c'est un film d'action. Des pirouettes à la Kill Bill. On a l'impression de regarder un jeu vidéo, tellement que ça ne se peut pas. Merci Simone pour tous nos oh ! et nos ah !.

USAIN BOLT

Le roi du stade. Tous les hommes naissent égaux, mais il y en a un qui est plus vite que les autres : Usain. Sa domination est presque insultante. Dans les qualifications, Bolt jogge. On dirait Yves Boisvert qui admire le paysage. Il prend le temps de sourire pour le photographe. Un peu plus, il prendrait un selfie au milieu de la course. Le problème, c'est que tous les autres courent à fond de train, derrière lui, et qu'ils demeurent derrière lui. En finale, le roi Usain se force juste un peu plus. Et il rafle l'or. Au 100 m, au 200 m et au 4 x 100 m. Merci pour les 10 secondes les plus excitantes de la télé. Avec tes victoires à Pékin, Londres et Rio, on te doit 30 secondes de nos vies. Le temps d'une pub.

ANDRE DE GRASSE

Le fou du roi ? Non, c'est plus que ça. Si Bolt est Mufasa, le roi lion, De Grasse est Simba, le lionceau qui va lui succéder. La complicité entre Bolt et De Grasse restera l'un des plus beaux souvenirs des Jeux. Le jeune est peut-être tombé un peu sur les nerfs du plus vieux en le poussant dans la demi-finale du 200 m, mais leur petite conversation avant la ligne d'arrivée était réjouissante. Calme-toi, Simba, calme-toi ! Le bronze au 100 m et l'argent au 200 m, c'est très bien pour un lionceau. Ton tour s'en vient. L'homme le plus vite au monde aux prochains Jeux olympiques sera-t-il canadien ? Merci, De Grasse, de nous faire rêver. Déjà.

JENNIFER ABEL

Elle n'a pas gagné. Elle a terminé quatrième au tremplin 3 m femmes et au tremplin 3 m synchronisé. Elle était déçue. Ça se comprend. Mais nous, nous n'avons pas le droit d'être déçus. Au contraire, on devrait être fiers d'elle. Elle est la quatrième au monde dans ce qu'elle fait. Sommes-nous les quatrièmes au monde dans ce que nous faisons ? On prend un autre appel. Merci Jennifer de symboliser tous ces athlètes qui ne sont pas montés sur le podium, mais qui ont tout donné. Il n'y a pas de Jeux sans eux. Il n'y a pas de victoires sans eux.

PIERRE HOUDE

La race des grands annonceurs sportifs est en voie d'extinction. À tous les Jeux, on s'ennuie de René Lecavalier. Et pour la première fois, cette année, on s'est ennuyé de Richard Garneau. Heureusement que Pierre Houde était là. Les exploits des dieux du stade ont été décrits avec intelligence, connaissances et émotions grâce à lui. Et lorsqu'il a craqué, en ondes, en pensant à son ami Richard, on a compris pourquoi on aime tant sa voix. Parce qu'elle vient du coeur. Regarder des Jeux olympiques, c'est regarder ses semblables. Des semblables en meilleure condition physique, mais des semblables quand même. C'est apprendre à les connaître. Apprendre à les aimer.

J'ai hâte à Pyeongchang et à Tokyo.

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