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Des Québécois sur Mars

Cette semaine, pendant que les hautes instances de notre sport national révélaient l'identité des joueurs canadiens qui représenteront leur beau grand pays aux Jeux olympiques de Sotchi en février prochain, la Fondation Mars One divulguait les noms des 1057 Terriens qui ont des chances d'aller vivre sur la planète Mars en 2025. Eh bien! sachez qu'il pourrait y avoir plus de Québécois sur Mars que dans l'équipe du Canada de hockey sur glace à Sotchi. Trois Québécois porteront le chandail rouge du Canada, tandis que sept Québécois sont en lice pour aller peupler la planète rouge.

Le projet de la Fondation Mars One est d'envoyer des humains vivre sur Mars, dans le but de produire une téléréalité. Après Occupation double en République dominicaine, Occupation double à Whistler, Occupation double en Espagne, voici Occupation double sur Mars. Les douchebags sont mieux d'avoir leurs vomit bags, car le voyage risque d'être long. La planète Mars est à 55,7 millions de kilomètres de la Terre, il faut six mois pour s'y rendre. J'espère que la capsule sera WiFi, sinon l'équipage risque de s'ennuyer ferme. Pour s'entraîner à endurer un trajet interminable, les candidats québécois doivent emprunter le pont Champlain soir et matin en plein trafic pour les 10 prochaines années. Si leurs nerfs tiennent, ils seront prêts.

C'est quand même formidable de savoir que sept Québécois, sept personnes de chez nous, auront peut-être la chance de vivre cette extraordinaire odyssée. Quand on y pense comme il le faut, ils ont sûrement été choisis parce que la température moyenne sur la planète Mars se situe entre -63 °C et -140 °C; on voulait des cobayes habitués à se les geler. L'expertise québécoise est sûrement aussi recherchée en matière de nids-de-poule. Nous sommes habitués de vivre avec eux, de les contourner, de nous y plonger, de nous en extirper, et, comme ils sont nombreux sur Mars, le Québécois, en particulier le Montréalais, n'y sera pas dépaysé.

Le gros pensez-y-bien de cette expérience est que le billet pour Mars est un billet aller simple. On n'en revient pas. Voir Mars et mourir. Faut vouloir! Imaginez l'aventure: vous quittez femme, homme et enfants, vous montez à bord du vaisseau; 180 jours plus tard, vous vous posez sur le sol de Mars, ça applaudit (il y a des Québécois à bord). Vous débarquez. Il n'y a rien. Pas d'eau. Pas d'auto. Pas de McDo. Rien. Et vous ne pouvez plus repartir. Il vous reste 30 ans, 40 ans à vivre. Qu'est-ce que vous faites? Que font l'homme et la femme, quand il n'y a pas d'électricité, pas de télé, pas d'ordinateur, pas de lumière? Ils font l'amour. C'est l'ultime objectif de cette mission: faire un enfant. Créer le premier Martien de l'histoire de l'univers.

Physiquement, il devrait être différent du Terrien moyen, car la gravité sur la planète rouge est seulement le tiers de celle de la planète bleue. Il aura peut-être une grosse tête, le teint vert et le doigt très long. Une chose est sûre: si jamais une Québécoise donne naissance au premier Martien, nous allons exploser de fierté! Ça va être la plus grande star des stars. La vedette la plus demandée dans le cosmos. Et il va s'appeler Roger comme nous. Et il va parler comme nous. On n'aura pas eu un pape, mais on aura encore plus haut, on aura un Martien! Sky's not the limit for Quebecers!

Quand Roger le Martien aura 18 ans, il voudra sûrement découvrir le pays de ses parents. Il fera fi de l'interdiction du retour sur Terre et volera dans sa soucoupe jusqu'à Dorval. Une question me titille: si ce Martien s'établit au Québec et qu'il se prononce contre la Charte de la laïcité, est-ce qu'Yves Michaud va lui dire de retourner chez lui? C'est parce que ce n'est pas à la porte. Roger est mieux de s'informer auparavant sur la légalité du port des antennes et du bras dans le front.

On divague, mais ce projet n'est pas aussi farfelu qu'il en a l'air. Il est piloté, entre autres, par le docteur Gerard' t Hooft, Prix Nobel de physique et le docteur Norbert Kraft, qui a travaillé avec la NASA et les agences spatiales russes et japonaises. Ce n'est pas un concours de mini-miss. Ça risque de se concrétiser.

Ce que je trouve de plus irréel dans toute cette entreprise, c'est la date de l'échéancier: 2025. 2025! C'est pas loin! C'est dans 11 ans. Il risque d'y avoir des Québécois sur Mars avant qu'il y en ait dans le nouveau CHUM. Des Québécois risquent de traverser la Voie lactée avant qu'il y en ait qui traversent le nouveau pont Champlain. Et l'échangeur Turcot, roulerons-nous sur un nouvel échangeur Turcot avant qu'un Québécois ne roule sur un échangeur martien?

Il en faut des aventuriers qui ont le courage d'aller sur Mars pour bâtir une nouvelle société. Habiter sur une autre planète sera, un jour, la seule issue pour la survie de la race humaine. Mais ça prend aussi des aventuriers qui ont le courage d'agrandir et d'embellir leur coin de Terre.

Je souhaite aux sept Québécois de réaliser leur rêve, et je souhaite aux huit millions d'autres Québécois qui préfèrent rester ici de faire de cet ici un endroit de rêve.




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