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Elles aiment leur sport

Le Rugby Club de Montréal recevait samedi le... (Photo Ulysse Lemerise, collaboration spéciale)

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Le Rugby Club de Montréal recevait samedi le Hull Volant au parc Jeanne-Mance.

Photo Ulysse Lemerise, collaboration spéciale

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Ronald King
La Presse

La semaine dernière, lors des journées de forte chaleur et d'humidité, les filles du Rugby Club de Montréal (RCM) se sont entraînées comme d'habitude.

Elles aiment leur sport.

Elles payent pour jouer. Lors des déplacements en Estrie, en Outaouais ou dans l'Ouest de l'Île, elles assument une partie des coûts du voyage, elles emplissent leur voiture de coéquipières, elles préparent des lunchs...

Le RCM est la seule équipe francophone à Montréal, avec ses Québécoises et ses Françaises de passage. Sur les lignes de côté, un entraîneur donne ses directives avec un fort accent du sud de la France. Rémy Espanol est de Narbonne, il a joué à Carcassonne, et vous ne pouvez pas être plus rugby.

Samedi, dans l'immense parc Jeanne-Mance, où une douzaine de sports - frisbee inclus - sont pratiqués en même temps chaque week-end, le RCM recevait le Hull Volant. En jeu: le deuxième rang au classement à l'approche des séries éliminatoires.

Et comme nous sommes à Montréal, comme il se doit, nous avions devant nous une équipe anglophone contre une équipe francophone. Tous les sportifs de la région ont connu de tels défis.

Le Hull Volant, tout en noir, domine les premières minutes du match et menace quelques fois de marquer ce qu'elles appellent un aplati, soit cinq points. Mais le vent tourne, et c'est le RCM qui atteint le but adverse en premier. 5-0.

On entend: «Bravo, maman!», de la part de deux fillettes, lorsque leur mère botte un difficile converti. 7-0.

Et les filles s'entrechoquent, se bousculent et se plaquent sans retenue. Les têtes volent de tous les côtés. Elles ne sont pas là pour faire de la figuration, mais pour soumettre leur corps à tous les chocs, dangereux ou pas.

Mon collègue photographe Ulysse Lemerise parle d'intensité.

Je remarque Megan Cheung, qui fait 100 livres au maximum et qui joue comme si elle en pesait 200. Elle est de loin la plus rapide sur le terrain, et elle plaque comme Ray Lewis.

«J'ai commencé à jouer à 14 ans à Ottawa et je n'ai jamais arrêté. J'ai vécu aux Pays-Bas, et j'ai joué là-bas aussi. Je suis arrivée à Montréal il y a deux mois, et j'ai tout de suite trouvé le RCM. J'aime la camaraderie, l'intensité, les contacts physiques.» Megan est donc devenue la seule anglo du RCM.

Le match se poursuit en deuxième demie, un match très serré où la défense domine. Il n'y a aucune frustration, aucune engueulade, aucun coup salaud. L'ambiance est à l'esprit sportif. Et à l'effort honnête et total.

«Je découvre le rugby féminin, explique Rémy, l'entraîneur. Les filles ont plus envie que les gars. Elles donnent toujours tout ce qu'elles ont et elles n'abandonnent jamais. J'aime beaucoup.»

Le RCM réussit un autre aplati et le converti. Bravo, maman. C'est 14-0.

Comme nous sommes à fin du mois de juillet, il a été difficile de réunir une équipe complète. Le RCM a dû jouer à 14 contre 15, à cause des vacances.

Elles avaient perdu le match aller à Hull, mais elles ont gagné 14-0 samedi, et elles étaient très fières. Une belle réussite à domicile avec une joueuse en moins pendant les 80 minutes de jeu.

La victoire leur permet de devancer le Hull Volant au deuxième rang - Ormstown domine la division - et Rémy parle déjà des éliminatoires. Il est fier de la fiche de 7-3 après un début de saison difficile.

«Nous venons de remporter une victoire très importante, avec 14 joueuses.»

Elsa et Marie-Lo ont marqué les deux touchés, si on veut, et Nancy les deux convertis. La capitaine, Marie-Pier Barbeau, dont la fille commence à jouer, parle de «solidarité», d'une «victoire d'équipe», de «ne jamais abandonner».

La présidente du club, Sylvie Genest, a longtemps joué. Elle est maintenant directrice adjointe d'une école secondaire.

«On trouve nos joueuses par le bouche-à-oreille, et chez les filles qui passent devant le terrain et qui demandent si elles peuvent s'inscrire.

«La plupart n'ont jamais joué et elles entrent dans la petite famille du rugby. Souvent, les maris et les enfants jouent. Le rugby est en pleine expansion au Québec.»

Parmi les quelques commanditaires, il y a la caisse populaire Desjardins. Sylvie cherche toujours d'autres appuis pour ce club qui existe, discrètement, depuis maintenant 20 ans.

Alors, mesdames, si le goût de l'effort brut et du robuste vous chatouille, visitez le site du Rugby Club de Montréal. Elles vont tout vous apprendre du métier.




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