Plus loin que les grimaces...

Comment ne pas s'enthousiasmer de la performance des... (Photo Paul Whitaker, Reuters)

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Comment ne pas s'enthousiasmer de la performance des Costaricains, quarts de finalliste à la Coupe du monde? Les adeptes de soccer s'arrachent les autographes des joueurs et cherchent à les photographier. Celso Borges s'est plié aux demandes à trois jouers de l'affrontement contre les Néerlandais.

Photo Paul Whitaker, Reuters

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Ronald King
La Presse

Nos bulletins de nouvelles nous montrent chaque soir des images prises dans des lieux de rendez-vous des différentes ethnies de Montréal. On voit des gens qui crient, qui prient ou qui pleurent...

De la bonne télévision, comme ils disent.

En toute humilité, c'est nous, de la section des sports de La Presse, qui avions été les premiers à envoyer un journaliste s'asseoir au milieu des partisans pour voir des matchs de la Coupe du monde de soccer.

C'était à une autre époque, avant le «vote ethnique»; les minorités étaient encore des «minorités», le soccer n'avait pas envahi nos parcs et nous n'étions pas à l'aise avec nos concitoyens de diverses origines.

Plusieurs de nos collègues arrivaient des régions, l'élite de Québec et du Saguenay-Lac-Saint-Jean surtout, et ils n'étaient pas à l'aise non plus au Caffè Italia. Sauf Pierre Foglia, bien sûr, un de nos leaders du temps.

Nous avons donc commencé par le plus évident, la Petite Italie. On parlait de soccer, mais pas que de ça. Il s'agissait de faire connaître les moeurs de nos voisins immédiats, leurs humeurs, leur cuisine...

Et puis, nous avons découvert d'autres citoyens et endroits intéressants.

Le temps a passé, et la démographie montréalaise a changé. Je parie que vous ne savez pas qu'il y a un quartier philippin (il est situé autour de la station de métro Plamondon).

Le soccer est bien implanté, nous avons même une équipe professionnelle et son joli stade, et à chaque Coupe du monde de soccer, il est impossible de se rendre dans un lieu de rencontre portugais, espagnol, costaricain ou algérien sans croiser une équipe de caméras de télévision.

Tout ça est sympathique, des gens de toutes origines sont contents. En fait, ils sont très accueillants si vous prenez la peine de les approcher.

Certains collègues font de belles choses, mais la plupart du temps, ce n'est pas pour découvrir d'autres cultures, seulement pour filmer des partisans qui crient ou qui pleurent. D'où cette invasion de lieux communs dans nos bulletins de nouvelles. «Nous avons perdu et nous sommes très déçus.»

«Nous avons gagné et la Coupe est à nous! C'est sûr, sûr.»

Eh oui, la Coupe... Ça sent toujours la Coupe. On l'avait compris pendant les séries du Canadien.

Allez, les amis des médias, on essaie d'aller un peu plus loin que les grimaces, cette fois.

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Le Canada a les Snowbirds - on les a même vus mardi -, mais l'Argentine a Lionel Messi et il a encore permis à son pays de passer une autre étape mardi. Péniblement.

Messi n'a pas marqué, mais quelle passe, quelle vision du jeu!

Cette Coupe du monde est intéressante parce qu'aucune des grandes puissances traditionnelles n'arrive à s'imposer. Argentins, Brésiliens. Allemands et Néerlandais ont tous eu des moments très stressants. Ils ont tous été chauffés par de vaillants petits pays.

Et on ne parle pas des favoris d'avant le tournoi, les Espagnols, qui ont vite connu une triste fin. Ni de l'Italie ni de l'Angleterre, qui étaient loin de faire honneur à leur réputation.

Tant mieux. Comment ne pas applaudir les Costaricains?

Ils se sont bien fait entendre sur le boulevard Saint-Laurent après leur victoire en tirs de barrage jeudi dernier. Dieu qu'ils étaient contents! J'étais au Festival de jazz pour voir Benjamin Clementine, que vous avez raté parce qu'il n'y avait pas foule dans la salle. Dommage pour vous et retenez ce nom.

Sachez qu'il est maintenant de mise, lorsqu'un pays gagne un match, de défiler en klaxonnant sur le boulevard central de la ville. Du Vieux-Montréal, à travers le Festival de jazz, le secteur Europe de l'Est, le coin portugais, le Mile End, jusqu'à la Petite Italie. Une nouvelle tradition est née.

Les policiers le savent, ils sont tolérants. On dirait que les policiers ont des choses à se faire pardonner de ce temps-là. Ils sont polis et souriants.

Et tiens, puisque vous êtes toujours là, que pensez-vous des Américains? Et des Démons rouges de la petite Belgique?

Un grand pays qui est petit en soccer contre un petit pays qui ressemble de plus en plus à une menace en Coupe du monde.

Pour ma part, j'attends le match France-Allemagne avec impatience.




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