Trop de promesses, trop d'excuses

Le Honduras, petit pays de 9 millions d'habitants,... (Photo Rodrigo Arangua, AFP)

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Le Honduras, petit pays de 9 millions d'habitants, a réussi à qualifier une équipe au Mondial 2014 alors que le Canada n'y parvient presque jamais.

Photo Rodrigo Arangua, AFP

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Ronald King
La Presse

C'était France-Honduras, et je me suis demandé comment le Honduras a fait pour se retrouver au Brésil. Je n'ai rien contre les Honduriens. J'en connais un seul et je l'aime bien. Ma question était plutôt: pourquoi le Honduras et jamais le Canada?

Pourquoi ce petit pays de 9 millions d'habitants, pauvre et chaotique, qui aime autant le baseball que le soccer, arrive-t-il à nous devancer?

Le Canada, pays riche de 30 millions de personnes, fondé par des Français et des Anglais, accueille depuis longtemps des Italiens, des Allemands, des Portugais, des Polonais, nommez-les, et plus récemment des Africains et des Latinos. Même des Honduriens et des Costaricains, qui sont aussi présents au Brésil.

Et nous ne sommes pas capables de développer 26 joueurs de niveau international?

La dernière fois que le Canada s'était classé dans la phase finale, c'était il y a 28 ans, et nous n'avions pas remporté un match. Depuis, plus rien. Même pas de suspense.

On ne demande pas une Coupe du monde, mais un peu de joie de temps en temps, est-ce trop ambitieux?

Je sais, nous sommes désavantagés par la présence des deux géants, les États-Unis et le Mexique. J'ai entendu toutes les excuses, on nous les répète tous les quatre ans... Avec des promesses. Au point où j'ai cessé de suivre la progression du Canada au niveau international. Trop de promesses, trop d'excuses.

Je soupçonne fortement qu'il s'agit d'un problème sur le plan de l'organisation, des structures, bref, un problème d'incompétence quelque part dans des bureaux de la fédération.

Je suis convaincu qu'il y a 26 superbes athlètes prêts à rivaliser sur la scène mondiale. Les athlètes sont toujours là si on sait les trouver et les développer.

Enfin, on nous dit que le soccer a surpassé le hockey dans le coeur des jeunes Canadiens et Québécois.

On verra.

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Ça serait bien de sauter dans l'action, nous aussi. Les autres s'amusent tellement.

Mais pas toujours.

Lundi, les Portugais avaient installé des téléviseurs et des tables sur les trottoirs du boulevard Saint-Laurent. Lorsque je suis arrivé pour la deuxième demie contre l'Allemagne, les terrasses pleines étaient silencieuses. Le menton dans la main et le coude sur la table. Exactement comme les fans de hockey lorsque le CH a perdu la série contre les Rangers de New York.

Les gens portaient des maillots de C. Ronaldo. Certains plus vieux celui de Figo. Mais on ne voyait pas le beau Cristiano sur le terrain. Et le vétéran Pepe qui se comporte comme un con et se fait expulser... Pas de raison de bavarder, en effet. Pas de vuvuzelas, cette fois.

Voici Tony Alves, le restaurateur. «Le Portugal n'a aucune chance. Il y a plusieurs équipes plus fortes cette année.

«Et puis, ils n'ont pas de coeur. Ils n'ont même pas joué. On peut perdre, mais pas 0-4.

«Cristiano Ronaldo n'est jamais bon pour le Portugal. Il est toujours fort avec le Real Madrid, mais jamais pour son pays.»

Et puis Tony a demandé à sa mère, qui tient la caisse, quand sera le prochain match. «Dimanche, contre les États-Unis.»

Dommage. Parfois, le dimanche, Tony prépare un cochon de lait pour les chanceux qui arrivent les premiers.

Au dimanche suivant, donc.

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Ce secteur du boulevard Saint-Laurent est partagé avec d'autres communautés, dont celle des Espagnols. Il y a quatre ans, c'était le coin de tous les espoirs.

Les gens répétaient aux caméras de télé qu'ils allaient gagner. C'est sûr, c'est sûr... Comme les fans du CH devant le Centre Bell. Le fanatisme sportif se traduit dans toutes les cultures.

Mais... Pays-Bas 5, Espagne 1, en ouverture...

On rigole moins.

La Main n'y croit plus.

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Il y a d'autres pratiques sportives qui se traduisent dans toutes les cultures, comme remercier Dieu d'avoir marqué un but. Comme si Dieu vous avait fait une belle passe.

Le capitaine américain, Clint Dempsey, l'a fait lundi, comme les joueurs de l'Algérie, à genoux sur le sol après leur premier but de tous les temps en Coupe du monde.

Nos félicitations à tous, mais laissons Dieu de côté, SVP... Souvenez-vous de Maradona et de sa «main de Dieu». Ça peut devenir ridicule.

Sauf aux assemblées municipales de Saguenay, bien sûr.




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