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La ville de Tokarski

Ronald King
La Presse

Qui aurait cru, Yves, qu'un bon petit fermier polonais de la Saskatchewan sèmerait un jour la joie dans le coeur des Montréalais.

Il va falloir se souvenir de son nom.

On oublie souvent que ce grand pays frette et blanc est très polonais, ukrainien et allemand, surtout dans l'Ouest.

Le Rosemont de ma jeunesse, avant le premier référendum, grouillait de petits Polonais et Ukrainiens. Ils y ont toujours leur caisse populaire et quelques boutiques de saucisses. Les jeunes sont partis et il ne reste que les vieux qui ne doivent plus être nombreux.

Nous leur disions que Polonais ou Ukrainien, c'était du pareil au même, ce qui les enrageait.

J'aime bien ce Tokarski. Il est calme et c'est ce qu'on demande à ces curieuses bêtes que sont les gardiens. En entrevue après le dernier match, on aurait dit qu'il avait fait ça toute sa vie. C'était tout de même le CH dans le détail et le Madison Square Garden...

Il ne triomphait pas, il souriait à peine, il répondait aux questions avec un certain détachement. Je suis certain que nos p'tits gars sont rassurés, même s'ils sont tristes pour leur ami et excellent coéquipier Peter Budaj (Budaj a félicité Tokarski avec beaucoup de chaleur à la fin de la partie...).

C'est toujours beau de voir un jeune plein de talent et qui n'a peur de rien. Je me souviens de toi à ton arrivée à La Presse. Une fringante jeunesse prête à vaincre monts et marées.

Tu rôdais souvent autour du bureau de Viviane aussi.

***

Nous voilà donc repartis, Yves, et qui sait ce que les dieux du hockey nous réservent. Une autre victoire dans la Grosse Pomme et...

Je déteste ces surnoms de ville. À l'époque où je vivais dans le monde du hockey, nous avions un collègue assez con - il y en a, Yves, il y en a - qui tirait une fierté de connaître tous ces clichés et de les écrire dans ses articles.

Et vas-y pour la Grosse Pomme, la Vieille Capitale, la Ville des vents, la Ville de l'automobile, la Ville de l'acier, et quand nous allions à Hartford, pour affronter les Whalers, il nous sortait la Ville de l'assurance... Un artiste, quoi.

Il se prenait pour Hemingway. Il admirait Réjean Tremblay.

J'aimais bien les Whalers, une bande de joyeux drilles qui ont livré des séries épiques au Canadien. Avec Mike Liut devant le but. La foule criait Liut-Liut-Liut...

Je ne regrette pas nos séjours au Connecticut par contre, ni dans la Ville de l'assurance. À 17 h, le centre-ville se vidait au profit de la banlieue, comme plusieurs grandes cités d'Amérique. Une ville qui ne vit que de 8 h à 5 h.

L'attraction touristique principale de Hartford était la maison de Mark Twain, qu'il a brièvement habitée.

Vive Montréal.

***

Le Centre Bell est-il un bar, Yves ? Il l'était un certain soir alors que le CH était à Boston pour un septième match. 21 000 personnes...

Tu as sûrement vu que l'Association des tenanciers de bars du Québec, présidée par Peter Sergakis, l'homme en perpétuelle colère, conteste cette concurrence.

Un ami m'a expliqué que le Centre Bell a le droit de vendre de l'alcool uniquement les soirs de spectacles live.

Je sais que les gens qui n'ont jamais l'occasion d'assister à un match du Canadien ont tout de même envie de voir cette grande salle remplie et euphorique. Ils veulent en être.

Qu'en penses-tu ?




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