Les faux gugusses

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Ronald King
La Presse

Ça recommence chaque année, Yves. Certains médias nous mettent en garde contre l'achat de faux produits dérivés du CH. De quoi je me mêle?

Je sais bien que le CH, la Ligue nationale et l'Association des joueurs ont des droits, qu'il y a des lois qui les protègent et qu'ils font d'énormes profits avec la vente des maillots, casquettes, bobettes, bavettes et autres gugusses que produit leur imagination mercantile. Mais les médias doivent-ils devenir leur porte-parole annuel?

Et puis nous savons tous que la contrefaçon est vieille comme l'humanité et qu'elle est partout dans notre quotidien. Même dans les musées. Umberto Eco nous l'a longuement expliqué...

Mais ce qui me choque le plus, Yves, c'est de rendre coupable le père de famille qui a deux petits et qui ne peut pas leur offrir le chandail «officiel» à 250$. Et si le monsieur voit une occasion à 50$ la copie et qu'il rend ses enfants heureux? Tu le sais, Yves, les enfants doivent porter les mêmes couleurs que leurs copains pour se sentir dans le coup. Souviens-toi de Roch Carrier et du chandail des Maple Leafs...

Mais non, Gary Bettman fait passer le monsieur pour un criminel, un receleur, et les médias (certains) transmettent son message.

J'aimerais bien le croiser, celui-là. Je lui demanderais d'aller dire au petit garçon de 8 ans que son chandail n'est pas un vrai et lui ordonner de le retirer immédiatement sous peine de poursuite.

Il y a des salauds qui s'ignorent, Yves.

***

Mais la série continue et la vie aussi. Ne le dis pas au bureau, mais j'achète toujours des journaux et des magazines étrangers chez Multimags. Une vieille habitude qui refuse de disparaître.

C'est bien beau, LaPresse+, une merveille même, mais elle est la seule de cette qualité. Ne dis surtout pas à Benoit Giguère, le petit père de l'iPad, que j'achète toujours des journaux en papier, il me jetterait un de ces regards baveux dont il a le secret.

À deux portes du kiosque à journaux où j'ai mes habitudes, il s'est ouvert une boutique de cupcakes, tu sais, ces horreurs américaines.

J'ai expliqué au jeune préposé que, lorsqu'une boutique de cupcakes apparaît près de vous, c'est le début de la fin de votre quartier. De vivant qu'il était, il devient peu à peu un décor de cinéma.

Le jeune homme m'a répondu que c'était pareil pour les boutiques de macarons. Il y en a trois dans les alentours. Mon coin de ville est maintenant la Mecque du macaron.

L'autre employé, celui qui rangeait des magazines sur les étagères, a ajouté qu'il ne manquait qu'un studio de pilates pour tout gâcher complètement.

On a bien bitché tous les trois. Ça fait du bien.

Comme tu vois, Yves, je ne suis pas de bonne humeur, aujourd'hui.

Peut-être un peu à cause du CH, qui est dans de mauvais draps. C'est fou comme on aime cette petite équipe après de longues années de cynisme. Elle a repris la place qui lui est due.

Je ne suis pas de bonne humeur, Yves, mais ça ne m'empêche pas de te faire la bise.

Allez, une présence à la fois, une période à la fois...




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