Y en aura pas de facile

L'ancien entraîneur du Canadien Claude Ruel.... (Photo Robert Nadon, archives La Presse)

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L'ancien entraîneur du Canadien Claude Ruel.

Photo Robert Nadon, archives La Presse

Ronald King
La Presse

C'était pendant un reportage de Radio-Canada sur le décrochage scolaire. On voyait une enseignante qui s'adressait à un groupe de jeunes garçons, et elle leur a dit: «Y en aura pas de facile»...

Après une seconde de stupéfaction, je me suis demandé si cette enseignante connaissait Claude Ruel, ancien entraîneur du Canadien, gagnant d'une Coupe Stanley et auteur de cette expression qui est - on en avait la preuve - passée dans le langage populaire québécois.

L'enseignante en question connaît-elle l'origine de cette curiosité linguistique? Connaît-elle les autres trouvailles de Ruel? Elles sont nombreuses...

Pour parler de la grandeur du Canada, il disait: «D'un Athlétique à l'autre.»

J'étais jeune reporter à La Presse à l'époque, et on m'envoyait parfois recueillir les commentaires du coach après l'entraînement. Il n'y avait pas de salle de conférence de presse. Il n'y avait même pas de conférence de presse quotidienne, les médias n'étant pas assez nombreux.

Ça se passait dans le bureau de l'entraîneur, Ruel était souvent nu ou il portait une serviette autour de la taille.

Il parlait de ses joueurs en les appelant «les p'tits gars». Il décrivait le jeu des Soviétiques, où les joueurs changeaient de position en cours de jeu, avec cette analyse: «Il faut faire attention. Ils se criss-crossent.»

Vous rigolez, mais pendant une heure, quelques fois par semaine, vous auriez trouvé le temps long.

Et puis le temps a passé et un autre entraîneur du Canadien, gagnant d'une Coupe Stanley, Jean Perron, a remplacé Ruel dans notre langage quotidien. «Les patates sont cuites»... «Vous dormez en couleurs»... «Il a coulé beaucoup d'encre sur les ponts»...

Certains humoristes ont inventé ce qu'ils appelaient des «perronismes», mais le bon Jean était le meilleur.

Lui et Ruel s'inscrivaient dans la tradition de Yogi Berra («Plus personne ne va à ce restaurant, il est toujours plein»).

Je connais un gars qui a écrit une thèse de philosophie sur les grandes expressions du monde du hockey. «Y en aura pas de facile» y tenait une place importante. Il paraît qu'il a obtenu une bonne note. C'est du moins ce qu'il m'a dit.

Quant à Claude Ruel, il a aujourd'hui 75 ans, il habite la Rive-Sud et assiste toujours à des matchs de hockey à l'aréna de son coin. Il retourne souvent à Sherbrooke, d'où il est originaire, pour voir sa famille.

Si vous le croisez, n'hésitez pas à le saluer, il est très gentil.

La capsule anglo

La plupart d'entre vous ne vous préoccupez pas tellement de ce qui se passe dans le monde anglophone de Montréal et dans ses médias. Alors voici quelques nouvelles...

Nos amis de l'Université McGill sont très fiers de leur ancien hockeyeur et étudiant Mike Babcock. Imaginez donc qu'il portait une cravate de McGill lors du match de la finale olympique.

Babcock a été honoré quelques fois par son alma mater, et il ne rate jamais l'occasion de rappeler ses années sur le mont Royal.

Côté médias sportifs anglophones - certains parleront d'une espèce en voie d'extinction - , il y a d'excellents journalistes et analystes, et il y a aussi des cheerleaders.

À RDS, par exemple, on dit simplement Michel quand on parle de Therrien. Les anglos disent Jim quand ils parlent de Popp. Ils ont de la peine quand un Alouette se blesse, ils souffrent avec l'équipe.

Et Jim les inquiète, ces jours-ci. Leur ami n'a pas été consulté dans le choix du nouvel entraîneur-chef, lui, le directeur général de l'équipe.

Quant aux Alouettes, je leur recommande de gagner des matchs et de demeurer à la tête du classement s'ils veulent survivre. Les dernières années n'ont pas été grasses au stade Molson, et voici qu'Anthony Calvillo ne joue plus.

Les Alouettes ont profité de l'immense popularité du football dans les écoles et universités francophones. Ils doivent rester en contact avec leur clientèle, ne pas oublier les entraîneurs et joueurs francophones, pendant que l'Impact s'impose comme le club professionnel numéro deux à Montréal.

Et puis on s'inquiète pour Jim.

Enfin, pour les amoureux des Expos, ce club qui n'en finit pas de mourir, deux vétérans chroniqueurs de baseball, Danny Gallagher et Bill Young, publient un livre sur la saison 1994, l'équipe de Felipe Alou, Pedro Martinez, Larry Walker, Marquis Grissom, une puissante machine qui aurait peut-être remporté la Série mondiale s'il n'y avait pas eu de grève à compter du 12 août 1994.

Ecstasy to Agony: the 1994 Montreal Expos (Scoop Press) n'est pas traduit en français.

Pour les maniaques, les collectionneurs et les nostalgiques...




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