Héros et gentilshommes

Lucian Bute (à droite) a perdu de façon... (Photo David Boily, La Presse)

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Lucian Bute (à droite) a perdu de façon décisive contre Jean Pascal, samedi dernier. Il n'a pas parlé de retraite, mais il devrait y penser sérieusement.

Photo David Boily, La Presse

Ronald King
La Presse

Des gens bien plus savants que moi pourraient nous dire s'il y a un impact sur une ville quand elle perd deux de ses héros sportifs les plus admirés, deux modèles de droiture et d'honnêtes hommes.

En ces temps où les mauvais garçons règnent sur les sports professionnels - de Lance Armstrong à Alex Rodriguez en passant par tous les footballeurs de la NFL arrêtés et mis à l'amende - et pas rien que sur le sport (pensez à Rob Ford), Montréal a vu au cours des derniers jours deux lumières s'éteindre.

D'abord Lucian Bute, le gendre idéal, le monsieur d'entre les messieurs. Il n'a pas parlé de retraite, mais il devrait y penser sérieusement.

Le bonhomme a perdu l'instinct du boxeur. Au cours de ses trois derniers combats, «les coups ne sortaient pas»... Les boxeurs emploient souvent cette expression qui vient du plus profond de leur âme. En général, ça signifie la fin.

Lors de la défaite contre Jean Pascal samedi dernier, Bute était tellement passif qu'un adversaire plus coriace aurait réussi un K.-O.

Au moins, notre homme a défendu sa couronne plusieurs fois et il a bien placé son argent. Il ne sera pas le type de boxeur qu'on retrouve dans la dèche quelques années après sa retraite. De ceux-là, on en a vu trop souvent et on en verra encore.

Les médias et le public ont tous apprécié le gentil Roumain qui a appris le français tellement vite. Il était toujours souriant et prêt à bavarder.

Je ne sais pas si Bute restera à Montréal encore longtemps - il a épousé sa copine roumaine l'été dernier -, mais j'espère qu'il sera souvent parmi nous.

Des citoyens comme lui, il n'y en a jamais de trop.

* * *

En annonçant qu'il abandonnait le football, Anthony Calvillo a dit qu'il restait «une longue vie à vivre». Ce n'est pas banal dans son cas, puisqu'il a survécu à une grave maladie.

Sa femme aussi, une Montréalaise, et on leur souhaite en effet de nombreuses années en famille et en santé. Mais ces moments difficiles créent des liens avec le public, comme avec Saku Koivu à une époque. Nous avons tous été témoins du combat des Calvillo, un combat qui a été remporté dans des conditions très éprouvantes.

Et puis, Calvillo a été un champion lui aussi. Trois victoires à la Coupe Grey et un record de tout le football professionnel (79 816 verges par la passe).

Ce citoyen-là nous a permis de vivre des défilés dans la rue Sainte-Catherine. Chaque fois, Montréal était en joie derrière Calvillo et les Alouettes. Nous devons à Anthony Calvillo d'avoir semé la bonne humeur pendant quelques jours. Ce n'est pas rien.

Et puis, il ne faut pas oublier que le football canadien a déjà disparu à Montréal comme le baseball majeur. Calvillo a largement contribué à sa résurrection. On lui doit ça aussi.

Notre homme a dit qu'il passerait le reste de sa vie à Montréal. Tant mieux. Et qu'il doit travailler... «Je ne suis pas un retraité-retraité.»

Les Alouettes devraient s'occuper de lui.

* * *

Deux héros sportifs ont quitté le centre de la scène, mais il y a une tornade qui approche: Eugenie Bouchard.

Si tout va bien, celle-là déplacera beaucoup d'air sur son passage.

Qualités athlétiques, talent, charisme, charme fou... Eugenie Bouchard a le mot «superstar» écrit sur le front.

Et dans la LNH...

La Ligue nationale de hockey nous a offert un autre gros spectacle rétrograde cette semaine. Une bagarre générale avant le début du match... Pourquoi cette fois? Pour influencer le reste de la saison?

Les deux entraîneurs, Bob Hartley et John Tortorella, n'ont pas été plus brillants que leurs goons dans cette affaire, au contraire.

Il faut toutefois signaler le commentaire de George Parros, du Canadien: «Tout ça n'est pas bon pour l'image du hockey.»

Si c'était venu de Sidney Crosby, j'aurais compris, mais le pauvre Parros, qui est sans doute un bon garçon, est bien mal placé pour parler. Lui non plus n'est pas bon pour l'image du hockey. Même lorsqu'il ne fait que patiner...

Les collègues qui lui ont posé la question et placé une caméra devant lui n'ont pas été gentils. Ils l'ont piégé, lui qui collabore toujours avec eux et qui est toujours poli...

Pour le reste, on voit bien que la violence dans la LNH est là pour rester.

Je préfère Lucian Bute et Anthony Calvillo...




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