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Le ballon-chasseur refuse de disparaître

Il faisait beau samedi et la 66e Classique... (Photo Marco Campanozzi, La Presse)

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Il faisait beau samedi et la 66e Classique de ballon-chasseur a été un franc succès. Les chasseurs et chasseuses n'ont pas manqué d'apprécier leur nouveau terrain de jeu, le Technopole Angus.

Photo Marco Campanozzi, La Presse

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Ronald King
La Presse

Après dix années dans des cours d'écoles primaires, la Ligue de ballon-chasseur du Québec s'est trouvé un nouveau domicile, le Technopole Angus, qui fait d'elle un véritable événement urbain comme il en pousse un peu partout dans le béton et le métal de Montréal.

Le site du Technopole Angus, dans le quartier Rosemont, a déjà été une usine de locomotives, mais aussi de chars de combat Valentine pendant la guerre mondiale de 1939-1945. Pour les rénovations des dernières années, un architecte a eu la brillante idée de conserver une partie de la charpente métallique de l'usine pour nous rappeler le passé et aussi pour le coup d'oeil.

Nicolas Pham, le fondateur de la LBCQ: «Il y a de plus en plus d'écoles qui ferment pour malpropreté, moisissures, pollution et délabrement des cours. On nous interdit les lieux. Nous sommes très contents d'avoir été acceptés ici.»

Voilà pour l'autre côté de la médaille montréalaise...

Le vocabulaire de la LBCQ

Le tournoi de samedi dernier regroupait 22 équipes dans l'ambiance habituelle de fête déjantée. On y joue dur avec le gros ballon de caoutchouc mou de notre enfance et j'aime bien côtoyer cette jeunesse qui sait s'amuser avec les mots. Les joueurs ne sont pas des joueurs, mais des chasseurs, ou trappeurs. Ils ne se sont pas inscrits au tournoi, ils ont obtenu un permis de chasse...

Les noms des équipes: les F.R.U. United, les Great Balls of Fire, l'AC (Association des chasseurs) Saint-Henri, les Cicatrices - dont la devise est: «Faut ça saigne» -, les Siphonneux, les Garnottes - comme dans «Envoye-la, ta garnotte». Une dynastie -, les FantasmicSix - tout en rose -, les Pierre Lambert - ils portent tous la photo et le numéro du héros de Lance et compte sur leur t-shirt...

Les équipes viennent de Montréal et des environs. Les membres de la seule équipe de Québec, le Groupe courtois, portaient chemise, cravate et culottes courtes. «On a une fiche de 1-11 jusqu'ici, mais on ne lâchera pas», nous dit Vincent, 23 ans. Le Groupe courtois était le plus bruyant de l'événement, et les célébrations ont été longues après sa deuxième victoire de la journée.

Les chasseurs ont tous leur surnom inscrit dans le dos et encore là, l'imagination est à l'honneur: Sexy Lover, Mitraille, Bouddha, Kickass, le Traître (Kevin Moreau, gagnant des trophées du meilleur chasseur et meilleur trappeur, une star), Laser, Pacman...

Les matchs peuvent être très courts ou très longs. Il n'y a pas de limite de temps au ballon-chasseur, il faut simplement abattre tous les adversaires avant qu'ils ne vous abattent. On se passe le ballon, on garnotte, on saute, on se roule par terre pour éviter un tir...

Tous les Québécois ont connu ce jeu, et les chasseurs d'aujourd'hui nous disent que leurs parents les envient.

Ils jouent comme s'ils avaient 8 ans, sauf qu'ils sont dans la vingtaine. Le jeu peut devenir intimidant et les filles, nombreuses dans le passé, ont presque disparu. Il n'en restait que trois sur la centaine de participants samedi.

Louise Girard, surnommée Lougarou, est présente depuis les tout débuts il y a 10 ans...

Où sont passées les chasseuses, Louise?

«Avec le temps, le niveau de jeu a augmenté. C'est impressionnant, ça peut faire peur. Quelqu'un vous lance un ballon de toutes ses forces avec l'intention de vous atteindre. Le ballon arrive vite.

«Ça semble violent, mais ce n'est pas dangereux. On peut s'érafler un genou ou se tordre un doigt, rien de plus. Il n'y a pas de commotions cérébrales au ballon-chasseur.

«Il faut dire que certains gars abandonnent aussi. Ils trouvent ça trop rude. Ils se disent qu'ils étaient bons dans la cour de la petite école, mais ils sont surpris quand ils arrivent ici...

«Ça serait bien qu'il y ait une ligue pour filles, mais il n'y en a pas. En attendant, elles sont toujours les bienvenues chez nous...»

Bienvenue au Technopole

Les chasseurs et chasseuses n'ont pas manqué d'apprécier leur nouveau terrain de jeu, le Technopole Angus. Ceux du Groupe courtois ont découvert un autre coin de Montréal qu'ils ont qualifié d'«underground», avec admiration. (Un tournoi aura lieu à Québec le 7 août prochain.)

Comme il faisait beau samedi, la 66e Classique de ballon-chasseur a été un franc succès.

Et puis, si vous entrez dans la section couverte du Technopole, vous trouvez, en plus d'une exposition de photos de chars de combat Valentine et d'un brin d'histoire, un marché public d'été où des producteurs des environs vous attendent chaque semaine avec leur agneau du Québec, leur veau, leurs saucisses, leurs fromages, leurs fruits et légumes et toutes sortes de bonnes choses saines. (À compter du 20 juin, ce sera tous les jeudis à 15h.)

J'ai rapporté du boudin, façon belge, et c'était une belle trouvaille.




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