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Le matador et le taureau

Lucian Bute et Jean Pascal se sont regardés... (Photo Robert Skinner, La Presse)

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Lucian Bute et Jean Pascal se sont regardés dans les yeux lors de la conférence de presse d'hier. Les deux boxeurs se reverront maintenant le 25 mai dans l'arène du Centre Bell.

Photo Robert Skinner, La Presse

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Ronald King
La Presse

Tous les ingrédients sont présents pour un excellent combat: la technique contre la puissance, la vitesse contre la force brute, le matador contre le taureau. En boxe, on ne peut demander mieux.

Lucian Bute peut s'attendre à ce que Jean Pascal se transforme en Carl Froch dès le premier son de la cloche, le 25 mai. Pas de présentations, une charge continue qui ne laisse à Bute aucun répit et, surtout, aucun endroit où se cacher. Il aime le centre de l'arène? Enlevons-lui le centre de l'arène.

Bute avait très mal réagi en Angleterre. Il avait même paniqué dès les premiers rounds.

Il est légitime de se demander si Bute est bien remis de cette catastrophe.

Pascal avait par contre très mal réagi à la guerre psychologique que lui avait livrée Bernard Hopkins avant leurs deux combats. Je me souviens d'un Pascal qui tentait de récupérer sa ceinture de champion alors que Hopkins, avec ses longs bras, la tenait hors de portée.

Une affaire de cour d'école que notre «local» peut classer dans la rubrique «la fois où j'ai eu le plus l'air fou».

Le monsieur de 46 ans lui avait servi de belles leçons de boxe, devant une foule pourtant acquise à Pascal. Le psychologue sportif et les belles paroles de l'entourage n'avaient pu le sauver.

Lucian Bute, grand étudiant en boxe, s'inspirera de Hopkins. Il voudra que Pascal, qui est plus taureau qu'étudiant, s'élance dans le vide. Il lui retiendra les bras dans des corps-à-corps jusqu'à ce que Pascal perde sa concentration.

Sauf que Bute, cette fois, n'est pas «entré dans la tête» de son adversaire, comme on dit. Du moins pas encore. Plus facile à dire qu'à faire.

Bref, on comprend mieux pourquoi les experts consultés hier au Centre Bell sont divisés sur l'issue du combat.

Le Tibet...

Les promoteurs ont lancé les choses en grand hier, tenant leur conférence de presse sur l'auguste patinoire de vous-savez-qui. En plein au centre, où les mises en jeu officielles ont lieu.

Yvon Michel est passé par le Tibet et l'Everest, par un printemps de boxe, mano a mano et ainsi de suite. Il nous a dit que nous serions fiers un jour de montrer notre billet à nos enfants et nos petits-enfants.

Yvon Michel est mûr pour la politique.

On nous a aussi appris que le public parlerait de ce combat dans 20 ou 30 ans. C'est un peu exagéré. Bute et Pascal en parleront peut-être encore dans 20 ou 30 ans, Yvon Michel aussi, mais il ne s'agit tout de même pas d'Ali-Frazier ou de Duran-Leonard. Il s'agit d'un combat local entre deux petits champions, l'un qui a été démoli par son premier adversaire sérieux et l'autre humilié deux fois par un homme de 46 ans.

Je prédis un bon combat, mais laissons l'histoire de la boxe de côté, svp.

Géant à verres fumées

Et puis, il y a les personnalités des deux boxeurs, toujours à l'opposé l'une de l'autre.

Il s'est d'abord réglé quelques petits comptes entre promoteurs et entraîneurs, Stéphan Larouche, d'InterBox, étant particulièrement cinglant et subtil envers le camp adverse.

Une fois les politesses échangées, Pascal et Bute ont pris le centre de l'estrade. Pascal était suivi de près par un géant à verres fumées... Mon collègue Gabriel Béland a demandé pourquoi et on a tous ri, nous qui sommes si inoffensifs.

C'était du grand Jean Pascal, qui nous a fait rire lui aussi parce qu'il a de la personnalité, comme on sait. «On ne sait jamais ce qui peut arriver dans la vie...»

Quant à Bute, il est toujours le gentilhomme parfait, poli et respectueux avec tous. «Jean peut dire ce qu'il veut, ça me passe par-dessus la tête...»

Ce Roumain-là était comme d'habitude l'orateur le plus éloquent.

NOTES: Quelques centaines de spectateurs étaient présents dans les gradins du Centre Bell et nous sentions que ce combat de boxe a déjà créé un buzz, comme ils disent... Jean Pascal a invité le grand Roy Jones Jr. qui l'aidera à son camp d'entraînement à Las Vegas. Les fans de boxe, ainsi que les journalistes, étaient ravis. Le monsieur a été très généreux... Les détenteurs de billets au Centre Bell verront, sur écran géant, le combat Froch-Kessler en direct, une valeur ajoutée. Il s'agira du premier combat de la soirée du 25 mai. Cette fois, arrivez à l'heure...




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