Sur la pointe des pieds

Le lock-out dans la Ligue nationale de hockey... (Photo: André Pichette, La Presse)

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Le lock-out dans la Ligue nationale de hockey étant terminé, Michel Therrien sera cité tous les jours dans les médias du Québec.

Photo: André Pichette, La Presse

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Ronald King
La Presse

Michel Therrien l'a dit et répété quelques fois, il veut une équipe qui joue «sur la pointe des pieds».

De quessé?

Le nouvel entraîneur du CH n'a pas donné d'explication, mais on peut deviner que nous l'entendrons souvent, celle-là, comme les autres formules vides du hockey: le sentiment d'urgence, le hockey de rattrapage, terminer sa mise en échec... Elles viennent, elles disparaissent, d'autres apparaissent et le petit monde médiatique du Canadien les répète pendant un certain temps.

Ces expressions nébuleuses servent aussi à nous prouver, pauvres ignorants que nous sommes, que les hommes de hockey sont savants, qu'ils disent et savent des choses que nous ne comprendrons jamais.

Entre nous - et vous pouvez me faire confiance là-dessus -, ce n'est (comme le chante une artiste sympathique)... que de la marde. CDLAM, comme disent les jeunes.

Ces formules magiques et secrètes viennent souvent de l'anglais. À nos collègues anglophones, Therrien a dit «playing on our toes»...

Supposons qu'il voulait dire que son équipe ne jouerait pas sur les talons. On aurait d'ailleurs compris un peu plus. Une équipe qui ne joue pas sur les talons, toujours dans le jargon du hockey, signifie une équipe qui passe à l'attaque, qui prend l'initiative.

Est-ce que Therrien a vu la dernière saison? Le CH a terminé au 28e rang sur 30! Et cette équipe va soudainement passer à l'attaque et déterminer le rythme du jeu? Est-ce que j'ai raté la transaction qui a amené Malkin et Crosby à Montréal? C'est possible, je n'écoute pas toujours.

Tout ça se passait lundi lors de la conférence de presse avec Geoff Molson, Marc Bergevin et Therrien, que, rappelons-le, nous entendrons maintenant TOUS les jours.

Une fois les premières questions passées, celles des collègues les plus sérieux et avisés, les conneries et lieux communs habituels sont revenus. Des questions inutiles, farfelues, pour s'entendre parler à la télé...

Ça ne finissait plus.

Les hommes de hockey, du haut de leur sagesse et de leur science mystérieuses, en ont profité pour faire des gestes d'impatience, pour lever les yeux au plafond, pour soupirer très fort...

Ça y est, c'est reparti pour de bon. Vous êtes contents?

L'Académie culinaire

Dans la NFL, où les matchs télévisés sont des chefs-d'oeuvre de communication, nous avons l'habitude de voir, en début de match, les joueurs partants se présenter à l'écran en ajoutant le nom de l'université d'où ils proviennent. Monsieur Untel, Notre Dame, ou USC, ou Michigan State...

Jared Allen, des Vikings du Minnesota, a pris l'habitude de dire: Jared Allen, Culinary Academy...

Il a fallu un certain temps avant que les médias et le public ne réagissent, la preuve que l'on n'écoute plus les noms des universités.

On dit d'Allen que c'est un gars drôle. Cette Académie culinaire n'existe évidemment pas. Il vient d'Idaho State, le royaume de la patate.

Il reste que je préférerais entendre Jared Allen chaque jour, plutôt que vous savez qui...

Le progrès (suite)

L'agence Associated Press nous apprend qu'à São Paolo, deuxième ville en importance du Brésil, des cours d'anglais sont offerts aux prostituées en vue de la Coupe de la confédération (2013) et la Coupe du monde de football (2014).

Les cours sont offerts par l'Association des prostituées de la ville, et déjà 20 travailleuses sur 4000 se sont inscrites. Dire que les méchantes langues du monde entier prétendent que le Brésil, où la prostitution est légale, sera mal préparé pour recevoir les fans de soccer...

AP nous explique aussi que ces cours d'anglais serviront à communiquer le goût de la samba et à comprendre ce qui excite le client (turns them on).

Vous direz ensuite que le sport ne favorise pas les échanges culturels et que nous, les travailleurs de l'information - c'est le nom de notre syndicat -, racontons n'importe quoi...

Enfin, un de mes espions à La Presse - nous l'appellerons le Capitaine - me dit que l'intérêt pour la couverture des JO du Brésil a bondi dans la section des sports.

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