Un homme détestable

Ronald King
La Presse

Il a été un des grands lanceurs du baseball majeur, un dieu du stade, mais Roger Clemens passera à l'histoire comme un tricheur et un homme carrément antipathique.

À force de vouloir sauver son image, il s'en crée une autre, celle d'un homme qui a trahi des amis pour se blanchir, qui se met en colère quand on le remet en question; celle d'un homme hautain et froid qui n'hésite pas à mentir aux amateurs de baseball, des gens au coeur sensible quand il s'agit de leur passion.

Roger Clemens aura été un grand lanceur, mais... (Photo: AP) - image 2.0

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Roger Clemens aura été un grand lanceur, mais un homme carrément antipathique.

Photo: AP

Avec sept trophées Cy-Young, on peut certes parler d'un grand lanceur, mais grand à quel point? Voilà tout le problème, si l'on considère les «performance-enhancing drugs», comme ils disent. La formule est déjà accusatrice, à la manière rude de la justice américaine.

À l'audience de son nouveau procès cette semaine, Clemens est demeuré de glace pendant que son épouse, imperturbable elle aussi, brodait de petits papillons sur des serviettes de table.

God bless America.

Il pourrait aller en prison pour avoir menti à la cour fédérale. Pourquoi pas? Pour avoir menti, oui, mais surtout pour son comportement en général.

Son avocat le présente comme une victime de jalousie.

Ai-je dit antipathique? Détestable serait plus juste.

Incroyable!

À Montréal, nous avons parfois l'impression d'être envahis par les partisans des Bruins de Boston. Dans la salle de rédaction de La Presse, par exemple, ils sont quelques-uns qui se regroupent pour se moquer de nous. Bref, ils sont arrogants.

Je crois plutôt qu'ils manquent de maturité, qu'ils sont fascinés par les maillots noirs, la brutalité... Ne le leur dites pas, ils m'envoient des courriels baveux.

À Montréal, nous avons de plus en plus l'impression d'être aussi envahis par les fans de FC Barcelone. J'en suis, pour l'excellente raison que le jeu d'équipe est rarement aussi bien réussi - bref, pour la beauté du jeu.

Et puis, c'est bien, un sport sans commotions cérébrales. (Si seulement ils pouvaient arrêter de jouer la comédie...)

Dans son premier match contre Chelsea, le FCB avait contrôlé le ballon pendant 72% du match et lancé 25 fois sur le but adverse contre quatre. Lors du seul lancer cadré des Anglais, ces derniers ont marqué.

Hier, à Barcelone, il était temps de remettre les pendules à l'heure. Et pourtant, la plus belle équipe du monde a été éliminée. Imaginez donc que Lionel Messi, le meilleur joueur dans le monde, a bêtement raté une penalty. Incroyable! ont dit les commentateurs locaux. Dans un match incroyable, bien sûr, rempli d'actions incroyables.

J'ai zappé vers les commentateurs britanniques pour la fin du match.

Unbelievable! qu'ils ont dit.

Est-ce une maladie mondiale? (Les Britanniques de la télé sont très chauvins, autant que les commentateurs français, québécois, argentins et probablement lettons.)

The God of football was with them tonight, ont-ils ajouté. J'ai zappé encore une fois, complètement déçu.

Décès de Valeri Vasilyev

C'était un grand défenseur du hockey soviétique, à l'époque où les Russes ne nous parlaient pas. On croyait qu'ils nous faisaient la gueule, mais ils avaient surtout peur du KGB, les pauvres.

Vasilyev a joué longtemps, il a remporté deux médailles d'or aux JO, en a perdu une contre des collégiens américains à Lake Placid et a remporté et perdu des Coupes Canada et autres compétitions internationales. Dans les années 1980, il était capitaine et son équipe était réputée invincible... jusqu'à Lake Placid.

Mais on se souviendra aussi de Vasilyev pour un autre moment historique: il avait commis l'erreur qui avait permis à Paul Henderson de marquer son but légendaire en 1972. Plusieurs années plus tard, quand nous avons recommencé à nous parler, Vasilyev avait commenté ainsi l'exploit de Henderson: «Je voulais mourir.»

Et à cette époque, les Russes ne blaguaient pas avec la mort, ni avec le Grand Nord sibérien.

Vasilyiev est décédé jeudi dernier à Moscou. Il avait 62 ans.

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