Et si Kovalev avait raison?

Ronald King
La Presse

En 100 ans, il y en a eu des crises chez le CH. Des grosses, des petites, des tapes sur la gueule, des portes qui claquent, des poignards dans le dos, des regards meurtriers...

La plus dramatique des temps modernes est peut-être celle qui a impliqué Mario Tremblay et Patrick Roy. On pourrait aussi classer cet épisode dans la catégorie «la fois où le CH a eu l'air le plus fou» ...

La crise qui sévit présentement, un quatre sur l'échelle de Richter, a le mérite d'être bizarre. Un club qui allait très bien s'écroule soudainement. Plus bizarre encore: le DG doit dire à un de ses deux joueurs les plus talentueux et le plus populaire auprès du public de rester chez lui. Normalement, le vétéran commence par se faire huer au Centre Bell avant d'être échangé.

Gainey a été clair: son geste favorise Guy Carbonneau, son ami et son choix comme entraîneur-chef. Cette fois, c'est le coach qui a raison. On le garde...

Je ne vois pas comment Gainey aurait pu faire autrement sans renier tout ce qu'il a tenté de construire depuis deux ans.

O.K., c'est Carbo qui mène, mais il faudrait maintenant que son système de jeu, qu'Alex Kovalev détestait visiblement, commence à produire des résultats positifs. Vu des gradins ou à la télé, le système de jeu du Canadien ne fonctionne pas.

Carbonneau doit aussi voir à ce que l'ambiance dans l'équipe s'améliore. Les joueurs du CH ne sont pas seulement désorganisés, ils sont paresseux, indifférents et pas tellement courageux.

Kovalev mérite d'être puni, mais s'il avait raison ? Le Canadien a connu ses plus beaux moments quand ses attaquants exploitaient leur vitesse et leur bonne vision du jeu. Le CH n'est peut-être pas équipé pour jouer autrement.

Deux Russes errants

Gainey sait que l'ambiance n'est pas à son mieux. Le renvoi de Sergei Kostitsyn à Hamilton est une décision qui va en ce sens. Le jeune est très talentueux, mais un peu fou-fou, hélas. Un talent gaspillé.

Que quelqu'un lui fasse comprendre qu'il ne s'en va nulle part de cette manière.

Le CH ne brille pas en ce qui a trait à l'encadrement de ses jeunes. «Montréal est une ville où on peut perdre son âme», m'avait déjà dit Felipe Alou, qui avait le don de convoquer ses jeunes les plus énervés et de les remettre sur la bonne voie. «Tu n'auras pas une longue carrière, tu ne seras jamais riche si tu continues comme ça. À toi de choisir...»

Le Canadien, plus que toute autre organisation, devrait faire des efforts pour encadrer les jeunes qui arrivent de coins reculés, comme Terre-Neuve, le nord de l'Alberta, les villages de l'Ouest, les villages de Russie...

Sidney Crosby a d'abord habité chez Mario Lemieux. M. Lecavalier père est allé vivre avec son fils Vincent à Tampa pendant un certain temps. Avoir 20 ans et être célèbre et millionnaire est un cocktail dangereux.

La CH a donc un Russe et un Biélorusse errants dans son organisation. Une première peut-être. Ça n'aidera pas l'image des joueurs européens à Montréal. Même que nos tribunes téléphoniques commencent à chauffer.

Une note encourageante dans cette tempête : le chef reste calme et fait des gestes. Reste à Carbo et à ses adjoints de faire de même.

Il reste ou il part?

La plupart de nos collègues croient que Kovalev a joué son dernier match à Montréal. Peut-être, mais où irait-il ? Il ne doit pas être tellement en demande. Les entraîneurs n'aiment pas les joueurs qui parlent dans leur dos.

Gainey est peut-être coincé avec Kovalev pour plus longtemps qu'il ne le souhaiterait. Et s'il le perd, il n'obtiendra pas grand-chose en retour.

Ça va mal, mes amis.

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