Fini sans Cammalleri?

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Réjean Tremblay
La Presse

Mike Cammalleri va rater plusieurs semaines de jeu. Plusieurs commentateurs estiment que les Glorieux sont morts et enterrés à la suite de la blessure de Cammalleri.

Je suis loin d'être aussi convaincu. Ils sont plusieurs dans la Ligue nationale qui disent, sous le manteau et à micro fermé, que Cammalleri est le joueur le moins généreux du Canadien. Dans le sens qu'il est préoccupé par une grande cause. La sienne.

Si c'est le cas, les joueurs vont peut-être se sentir plus unis, plus aguerris. Allez donc savoir avec cette équipe.

De toute façon, cette équipe qui vous déçoit tant est meilleure que sa fiche ne l'indique. Scott Gomez, Carey Price, Brian Gionta, Andrei Markov, Roman Hamrlik, Tomas Plekanec sont autant de joueurs nettement supérieurs à la moyenne. C'est pour ça qu'ils peuvent causer autant de surprises certains soirs. Ce qui manque à la Flanelle, c'est le plaisir. Il y a des patrons pour qui on est toujours prêts à en faire un peu plus. Il y en a d'autres qui éteignent toute flamme. Ça arrive dans une école, dans un journal ou dans une production. Je présume que ça doit arriver dans un club de hockey.

Vous vous défonceriez, vous, pour ces gens-là?

Je me dis qu'à la fin, un groupe de joueurs possédant un certain talent vont être capables de donner un coup de coeur. J'ai choisi le Canadien pour se glisser dans les séries éliminatoires. Je ne change pas d'idée.

Pendant qu'on dort à Montréal, (avec l'exception de Benoît Pouliot, qui est une très bonne transaction), Brian Burke secoue l'organisation des Maple Leafs de Toronto de fond en comble.

Jean-Sébastien Giguère, en confiance, peut donner deux autres saisons aux Maple Leafs de Toronto. Mais la perle, c'est Dion Phaneuf. Quand on peut mettre la main sur un des jeunes grands défenseurs de la prochaine décennie, on le fait. Ce que j'aime de Brian Burke, c'est qu'on le sent à l'affût, qu'on le sent prêt à bondir sur une chance d'améliorer son équipe. Il prend des risques, c'est vrai, mais jusqu'à maintenant, ces risques ont été payants pour les équipes qu'il a dirigées.

Le problème à Montréal, c'est qu'à part Tomas Plekanec et Carey Price, le matériel à transaction est mince à cause des contrats consentis. Trop de joueurs surpayés pendant trop longtemps.

Mais ce n'est pas grave. Comme le dirait le poète, un jour nouveau va se lever.

Le retour du Tigre

Que Michel Bergeron arrête de se flageller. Il a tout simplement été fidèle à sa nature profonde de compétiteur, dimanche soir, quand Ron Fournier a refusé un but à son équipe. Il a sacré et traité Ronron de «c... de pourri» et ce faisant, il a blessé quelques oreilles bien-pensantes et bien éduquées.

Ces mêmes oreilles entendent les mêmes sacres à Tout le monde en parle, mais comme ce sont des Radio-Canadiens qui les disent, ils deviennent plus élégants.

Hier après-midi, j'ai eu une longue conversation avec le Tigre. «C'est plus fort que moi, je suis incapable d'accepter la défaite dans le feu de l'action. Je ne suis pas capable de voir que mes joueurs ont de la peine à cause d'une injustice. Mais j'ai vieilli, j'ai d'autres responsabilités, je suis plus conscient, il faut que je fasse plus attention. J'ai pas dormi de la nuit et je pensais remettre ma démission après le match tellement j'étais bouleversé», a dit Bergeron.

Surtout que sa femme n'était pas du tout contente de ce qui se passait; son mari a déjà subi deux crises cardiaques majeures.

Ce qui fait mal au Tigre, c'est qu'il a vieilli. Il a pris goût aux gentillesses des amateurs de hockey qui l'aiment beaucoup. Il a surtout pris goût à être aimé par les gens. Fans du Canadien ou anciens Nordiques. «C'est dur en sapristi de retomber dans ces controverses», a dit Bergeron.

Que Bergie se rassure. La série Montréal-Québec est une émission de télévision. La série trouve sa signification dans la scénarisation des matchs et des émissions.

Ce n'est pas du calibre, mais ce n'est pas de la ligue de garage non plus. C'est un show pour le monde ordinaire, pas pour les connaisseurs. Et le monde ordinaire, il aime les tigres. Même quand ils pètent les plombs.

Et puis, comme le jeu est quelconque, rien de mieux qu'une bonne crise signée Michel Bergeron.

On est loin des 16 000 personnes au Forum qui scandaient «Bergeron pourri... Bergeron pourri...» pendant que maman Bergeron suivait le match en pleurant.

 




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