C'est jeudi!

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Pierre Foglia
La Presse

C'est jeudi! C'est jour de débat au Téléjournal de 22 h, à Radio-Canada. Youpi. Trois dames et un monsieur, Michel David. Vous allez dire: on sait bien, lui, tu l'aimes. T'as pas le choix, c'est le chum de ta boss à La Presse. Eh bien! Voilà. Puisque vous savez tout, passons aux dames.

Normalement, je devrais haïr Tasha Kheiriddin, la méchante qui chronique au National Post, plus à droite que nos lucides, mais sans leur petite morale sirop d'érable. Elle est néolibérale comme on était monarchiste: un maintien autant qu'une opinion. En fait, une superbe, une Cyrano, cette fille... et à la fin de l'envoi, elle touche. 

Finalement, elle m'énerve moins qu'Anne Lagacé Dowson, qui joue pourtant dans le même champ gauche que moi. Une bonne personne, Anne Lagacé, mais une sacrée tarte à la citrouille. Toutes les semaines, une petite pointe de tarte à la citrouille - jamais un éclair au chocolat.

Et puis la troisième, ma préférée, la sémillante Liza Frulla. Ce n'est pas ce qu'elle dit - elle ne dit jamais rien -, c'est comment elle le dit. Plus encore: comment elle se prépare à le dire. Sa gestuelle, ses mimiques, la caméra qui l'aime s'attarde à sa bouche... Il n'en sortira rien que du très banal, que du resucé, mais c'est pas grave, c'est pas le message, c'est la messagère. Bête de télé, Liza Frulla est à la politique ce que Michèle Richard est à Saint-Sauveur: une reine.

C'est jeudi! Jour de débat au Téléjournal de 22 h, à Radio-Canada. Non, je ne ferme pas le son. Mais ne me demandez pas de quoi ils ont parlé. Je ne les écoute pas, je les regarde. Comme si c'était des bibites. Ce sont mes 10 minutes entomologiques.

Un coup parti à bitcher Radio-Canada, si on parlait un peu de la Syrie?

Vous le savez maintenant, avec tout le bruit que Radio Can a fait autour de son expédition, une équipe s'est rendue à Alep par la Turquie en empruntant le même sentier que ma collègue Michèle Ouimet il y a un mois et demi. De très bons reporters, la question n'est pas là. Akli aït Abdallah, Luc Chartrand, une jeune femme que je ne connais pas - Marie-Ève Bédard -, une bonne job aussi, mais rien pour se jeter à terre, rien de neuf ni d'original, rien que Michèle Ouimet n'ait déjà raconté.

Ils auraient pu mentionner une petite fois, dans la présentation, qu'ils ont suivi les traces de Michèle (et de bien d'autres) au lieu de ce retour en fanfare si peu radio-canadien. On a même eu droit à un Téléjournal presque entièrement syrien, avec un cours magistral sur la Syrie, des tableaux et tout. C'était bien, c'était académique, mais pourquoi maintenant? Pour mettre la table à votre reportage? Tout d'un coup, faut qu'on bouffe de la Syrie comme des fous parce que vous en avez beaucoup en stock?

Heureusement, il y a aussi de bonnes nouvelles radio-canadiennes. La meilleure et de très loin étant Pas de midi sans info, qui, depuis la rentrée, remplace ô combien avantageusement Maisonneuve en direct. Une autre formule, un autre rythme, pas de tribune téléphonique (ouf!), un nouvel animateur, Michel C. Auger, super-allumé sur tous les sujets, pas seulement politiques, mais sur la politique, holà! même moi, je comprends tout!

Une autre bonne nouvelle radio-canadienne? Stéphane Leclair, le nouveau chroniqueur culturel de C'est bien meilleur le matin, qui, mardi matin, a planté le film de Fred Pellerin et Luc Picard. Je dis pas qu'il a raison, je dis que, pour planter Fred Pellerin et Luc Picard au Québec en ce moment, ça prend du front... et du guts.

Une autre bonne nouvelle? La semaine verte. Sûrement une des meilleures heures de télé de la semaine. Mais pourquoi le dimanche après-midi? Pourquoi pas comme Une heure sur terre ou La facture

Une dernière: À la semaine prochaine à la radio, toujours aussi drôle. Un petit reproche pourtant: je n'ai rien compris, et je ne suis pas tout seul, à la caricature que vous faites de Michel C. Auger.

FALLAIT-IL LE FAIRE? - J'ai demandé cent fois qu'on ne m'envoie pas de livres, aucun livre, encore moins ceux publiés à compte d'auteur. Si les éditeurs qui, pour la plupart, publient n'importe quoi n'ont pas voulu de votre truc, croyez-moi, c'est parce que votre truc est nul, et je ne suis pas leur poubelle.

Dans le dernier livre reçu que je ne lirai pas, l'auteur, qui s'excuse de me l'envoyer, me souligne que son oeuvre se distingue cependant des autres en ceci: 350 pages sans employer une seule fois le verbe être ni le verbe avoir, il fallait le faire, se félicite-t-il.

Je vous signale, monsieur, dans le même genre d'exploit, Jean-Baptiste Botul (1896-1947), qui a écrit La métaphysique du mou un doigt dans le nez, un autre dans le cul et, de temps en temps - toutes les trois pages mettons -, il changeait de doigt. Fallait-il le faire? Gide y répond partiellement dans Ou alors quoi?, un ouvrage où il se pose toutes sortes de questions dont celle-ci: les roulettes comme celles que l'on trouve sur les valises à roulettes ont-elles précédé la roue? Ah.

ENCORE UNE QUESTION - En inversant le titre d'un article de mon journal dans lequel on se demandait si les hommes et les femmes avaient des cerveaux différents - «Le cerveau a-t-il un sexe?» - je me suis demandé à voix haute sans me le demander vraiment si le sexe, lui, a un cerveau. Un lecteur me répond: il en a deux, un petit et un gland.

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