Faire la paix avec les Jeux de 1976

Le changement de cap du Parc olympique, amorcé... (PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE)

Agrandir

Le changement de cap du Parc olympique, amorcé sous la direction de l'ancien PDG David Heurtel, se poursuit sous celle de son successeur, Michel Labrecque.

PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Il y aura 100 ans la semaine prochaine, le Canadien a remporté la première Coupe Stanley de son histoire. Mais comme l'heure n'est pas aux réjouissances pour notre équipe de hockey, aussi bien souligner en 2016 un autre événement qui, pour de bonnes et de mauvaises raisons, a marqué à jamais Montréal.

Le 17 juillet prochain, nous célébrerons en effet le 40e anniversaire de l'ouverture des Jeux olympiques d'été. En raison du coût stratosphérique des installations (une facture de 1,5 milliard, finalement acquittée en 2006!) et de l'interminable feuilleton de la toiture du Stade, ces Jeux éveillent des souvenirs ambivalents.

Pourtant, ce grand rendez-vous représente un moment clé de notre histoire sportive. Nous avons accueilli le monde, ce qui n'est pas rien. Et nous avons applaudi de grands athlètes, dans des disciplines où nos repères étaient souvent très minces.

Cet été-là, Jacques Fortin était un adolescent du Lac-Saint-Jean, passionné de cyclisme. Avec sa famille, il est venu assister à la finale du sprint au Vélodrome. «Je vois encore Anton Tkac attaquer Daniel Morelon dans la dernière courbe en finale du sprint...», dit-il, n'ayant rien oublié de cette féroce passe d'armes entre le vainqueur tchécoslovaque et son malheureux rival français.

Suffit d'observer une photo de l'événement pour comprendre l'effervescence du moment : des gradins bondés, les spectateurs debout, une tension à couper le souffle, le sport à son meilleur...

Aujourd'hui, M. Fortin est à la tête du comité organisateur de la Finale des Jeux du Québec, qui aura lieu cet été à Montréal. Et la date du coup d'envoi, le 17 juillet, est pleinement assumée. Parce que les Jeux olympiques de 1976, malgré leur coût, méritent d'être commémorés.

On l'oublie aujourd'hui. Mais à partir de mai 1970, lorsque le maire Jean Drapeau est rentré d'Amsterdam avec les Jeux en poche - Montréal a remporté le vote devant Los Angeles et Moscou -, nos structures sportives se sont développées. Et cela a favorisé l'essor des Jeux du Québec.

Quarante ans plus tard, 60 000 jeunes participent annuellement aux finales régionales. Et ils seront 3700 à Montréal cet été pour vivre la finale provinciale, avec des centaines d'accompagnateurs. Mine de rien, ce nombre d'athlètes est plus élevé qu'aux Jeux d'hiver de Sotchi, en 2014! On comprend donc qu'une solide organisation est nécessaire pour les accueillir, les loger et les nourrir.

***

Ces fabuleux jours de compétitions représentent le principal volet des célébrations des 40 ans des Jeux de Montréal. Parmi les autres initiatives, une exposition en trois segments, tenue à des endroits différents, s'annonce prometteuse.

Le premier rappellera «l'expérience quotidienne» des Jeux: retards sur les chantiers de construction, exploits sportifs, cérémonie de clôture... Un autre mettra en valeur le patrimoine architectural des installations. Enfin, à l'aide d'artefacts et de vidéos où plusieurs artisans raconteront leurs souvenirs, un troisième racontera l'expérience vécue par les organisateurs.

Lundi midi, l'un d'eux ne cachait pas son enthousiasme en commentant ce projet. Alors dans la mi-trentaine, Alain Guilbert, qui fut plus tard patron de presse dans plusieurs quotidiens dont Le Soleil, était un des principaux responsables des communications et des relations médias. «J'ai vécu le trip de ma vie! a-t-il lancé. Ce fut une expérience fabuleuse.»

À une époque où notre patrimoine sportif quitte trop souvent le Québec, M. Guilbert a remis sa collection de documents aux organisateurs: photos, affiches, films...

Ce n'est pas tout: 15 photos de grands événements survenus au Parc olympique depuis 40 ans seront installées sur l'avenue Pierre-de-Coubertin. Et deux livres sur l'histoire du Stade seront publiés.

Comme si, soudainement, le Parc olympique avait lui-même décidé de faire la paix avec les Jeux de 1976. Ce changement de cap, amorcé sous la direction de l'ancien PDG David Heurtel, se poursuit sous celle de son successeur, Michel Labrecque.

Il faut saluer leurs initiatives. Elles contribuent au développement du quartier, redonnent vie à cet immense quadrilatère et nous reconnectent, en toute lucidité mais sans gêne, avec notre statut de ville olympique.

***

C'est à l'intérieur même du Stade, au Salon 76 situé près de la principale aire de restauration, que les 50 employés permanents de la Finale des Jeux du Québec préparent avec enthousiasme les compétitions. Trois pôles principaux accueilleront la majorité d'entre elles: le complexe sportif Claude-Robillard, le Parc olympique et le parc Jean-Drapeau.

Des défis cruciaux restent à relever: le recrutement de milliers de bénévoles et l'ajout de partenaires commerciaux.

Le budget des Jeux est de 10,4 millions. La Ville de Montréal verse plus de 3 millions et le gouvernement du Québec fournit aussi une aide bienvenue. Mais le comité organisateur devra récolter 4,5 millions en commandites et en dons du secteur privé.

Jacques Fortin a confiance d'atteindre ces objectifs. Titulaire d'une maîtrise en administration des affaires de l'École des HEC, son expérience des Finales des Jeux du Québec est diversifiée : athlète, entraîneur et administrateur.

Les cérémonies d'ouverture et de clôture des Jeux auront lieu au Stade olympique. Mais la plus grosse foule, selon M. Fortin, est attendue à la mi-parcours, le 21 juillet, à l'occasion d'un spectacle gratuit « à grand déploiement ». On vise 30 000 spectateurs, mais l'espoir d'un Stade rempli anime les esprits.

Quarante ans après les Jeux de 1976, il est bon de voir le Parc olympique de nouveau au coeur d'une manifestation sportive destinée à des milliers d'athlètes.

L'apathie du CH

Pour la deuxième fois en cinq ans, le Canadien connaît une saison misérable.

En 2011-2012, cette descente aux enfers a été caractérisée par une rupture entre la direction et le public (nomination d'un entraîneur-chef incapable de s'exprimer en français) et une transaction intempestive révélatrice d'un état de panique (Michael Cammelleri échangé entre deux périodes peu après avoir publiquement blâmé son coach). Cette fois, elle se définit par l'invraisemblable apathie du secteur hockey.

Ce qu'on a vu le week-end dernier est proprement désolant. Si Michel Therrien est sérieux en disant que ses joueurs se sont bien battus dimanche contre les Flames de Calgary, c'est que les standards ont beaucoup baissé. Au lendemain de la triste performance à Ottawa, une performance si terne dépasse l'entendement.

Il reste neuf matchs à la saison du Canadien. Neuf matchs pour montrer le goût de se battre. Neuf matchs pour ne pas terminer la saison sur une note encore plus décevante. Qu'on le veuille ou non, il s'agit d'un gros test pour l'entraîneur de l'équipe.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:2525685:box

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer