Et vous, le Super Bowl?

Dépourvu de pièce d'anthologie et de séquence mémorables,... (Photo Matt Slocum, Associated Press)

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Dépourvu de pièce d'anthologie et de séquence mémorables, le 50e anniversaire du Super Bowl ne passera certainement pas à l'histoire pour la qualité de son spectacle. Comme nous le rappelle notre chroniqueur, il est impossible qu'un exploit hors du commun survienne chaque année...

Photo Matt Slocum, Associated Press

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Alors, le match vous a plu? Moi, j'ai été déçu: suspense mitigé, rares séquences mémorables, aucun morceau d'anthologie. Pour le 50e anniversaire du Super Bowl, j'espérais plus spectaculaire.

Je sais, il est impossible qu'un exploit hors du commun survienne chaque année. N'empêche que ce sont ces moments spectaculaires qui font la légende de l'affrontement.

Comment oublier l'attrapé de David Tyree, qui coince le ballon contre son casque, pour conduire les Giants à la victoire en 2008?

Ou le botté court des Saints pour amorcer la deuxième demie en 2010, décision audacieuse qui changera le cours du match en leur faveur?

Ou l'interception de Malcolm Butler, des Patriots, aux dépens de Russell Wilson à la ligne des buts en 2015, privant ainsi les Seahawks d'un deuxième titre consécutif?

Sans nous proposer des instants si spectaculaires, d'autres Super Bowls nous ont tout de même gardés sur le bout de notre canapé du début à la fin. On n'a pas vécu ce genre d'émotion dimanche, à moins de tripper très, très fort sur le jeu défensif. Aucun danger de renverser le bol de salsa parce qu'on réagit impulsivement à un coup d'éclat. Ça facilite le ménage du lendemain, mais le party ne lève pas autant.

Au point où, sur Twitter, des gens s'interrogeaient au quatrième quart: cou'donc, Brandon McManus, le botteur de précision des Broncos, recevrait-il le titre de joueur par excellence du match? Quand on est rendu là...

Heureusement, le spectacle de la mi-temps a été réussi: de la bonne musique, mais surtout visuellement spectaculaire. Et Lady Gaga a offert une puissante interprétation de l'hymne national américain.

***

Pour donner du coffre au match, on espérait une grande performance de Cam Newton. Avec sa vitesse et son sens du jeu, il profiterait sûrement de cette scène unique pour consolider sa réputation de meilleur joueur de la saison. Ce ne fut pas le cas.

Le quart-arrière des Panthers n'a jamais trouvé son rythme. Bon, il est difficile d'affronter la coriace défense des Broncos. Cette machine redoutable l'a solidement frappé dès le début de la rencontre. Et Von Miller, le secondeur des Broncos, a offert une performance remarquable, j'en conviens.

Chez les Broncos, Peyton Manning n'a guère été plus mordant. Au quatrième quart, on se demandait même si son équipe remporterait le Super Bowl sans inscrire un seul touché offensif.

Heureusement, cette possibilité s'est résorbée lorsque les Broncos ont franchi la ligne des buts sur une courte course en fin de match. Ce touché est survenu après un échappé de Newton qui, bizarrement, ne s'est pas battu pour recouvrer le ballon à ses pieds. Ce fut le jeu du match.

Cam Newton, la vedette des Panthers, a été... (Photo Marcio Jose Sanchez, Associated Press) - image 2.0

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Cam Newton, la vedette des Panthers, a été vertement critiqué pour avoir été expéditif lors de son point de presse d’après-match, se limitant à dire que son équipe avait été dominée par ses rivaux.

Photo Marcio Jose Sanchez, Associated Press

Comment Newton a-t-il analysé la séquence après la rencontre? Personne ne le sait. Son point de presse a été à peine plus long que ceux de Michel Therrien après un revers du Canadien à l'étranger. Mais puisque le Super Bowl a plus de résonance qu'une rencontre du CH à Columbus, l'affaire n'est pas passée inaperçue. Et Newton a été durement critiqué.

Cela dit, le quart des Panthers demeure un des joueurs les plus excitants de la NFL. Et on le reverra sans doute au Super Bowl un jour. L'expérience gagnée en 2016 lui sera alors utile.

***

Dès la fin de la rencontre, Manning a été interviewé sur le terrain. La journaliste Tracy Wolfson lui a demandé s'il s'agissait de son dernier match en carrière. Il a répondu vouloir s'offrir un moment de réflexion, afin de célébrer avec sa famille et ses coéquipiers. Il a ajouté, d'une voix forte: «Je vais aussi boire beaucoup de Budweiser ce soir, Tracy, je peux te promettre ça!»

Étonnement. En raison du ton, surtout. Et du fait que les joueurs n'ont pas le droit de faire la promotion de boissons alcoolisées.

Sur le coup, tout le monde a cru que Budweiser avait payé Manning pour mentionner la marque si les Broncos l'emportaient. À la manière du fameux «Je pars pour Disneyland!» de jadis. L'entreprise a cependant assuré que non. «Mais nous avons été ravis qu'il le fasse», a dit une porte-parole.

Ravis? On le serait à moins! D'autant plus que Manning a de nouveau évoqué son amour de ce produit durant la cérémonie officielle de remise du trophée Budweiser... euh pardon, du trophée Vince-Lombardi. (Yahoo! Sports a écrit hier que Manning serait actionnaire de deux concessions de bière Budweiser en Louisiane.)

Selon ESPN, Manning a ainsi fait un cadeau de 3,2 millions US à la brasserie, soit la valeur de cette publicité gratuite. L'agence Bloomberg, prenant en compte toutes les retombées de l'affaire, avance plutôt le chiffre de 14 millions! En guise de remerciement, Budweiser a offert aux Broncos 50 caisses de 24 bouteilles pour leur party de la victoire...

Cela dit, les véritables pubs de Budweiser durant le match, mettant en vedette la comédienne britannique Helen Mirren, étaient excellentes. Le thème: la lutte contre l'alcool au volant.

***

Peyton Manning a donc rejoint son jeune frère Eli pour le nombre de victoires au Super Bowl, soit deux. Mais il est maintenant temps pour lui de raccrocher ses crampons. Tout le monde est heureux qu'un athlète de sa dimension termine sa carrière avec une si belle victoire. Mais il ne gagnerait rien à la prolonger. Peyton n'est plus le joueur d'antan.

Cette victoire, les Broncos la doivent à leur défense, dirigée par le coordonnateur Wade Phillips. Il est le fils de Bum, l'homme au chapeau de cow-boy qui a dirigé les Oilers de Houston durant les meilleures années du demi offensif Earl Campbell. Une vraie famille de football.

Le Super Bowl 50 est terminé. On se prépare maintenant pour le Super Bowl LI. En espérant ne pas revoir, pour reprendre le code de bande dessinée, un Super Bowl Zzz...

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