Le rebond de Nick De Santis

Nick De Santis a retrouvé toute son influence... (Photo Robert Skinner, archives La Presse)

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Nick De Santis a retrouvé toute son influence depuis que le président Joey Saputo lui a retiré son poste de directeur sportif de l'Impact.

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Dimanche après-midi, dans une salle de conférence du stade Saputo. Richard Legendre, vice-président de l'Impact, explique les motifs derrière le congédiement de l'entraîneur-chef Frank Klopas.

Soudain, mon collègue Tony Marinaro, de TSN 690, lui demande comment la nouvelle a été communiquée au principal intéressé. La réponse de Legendre est étonnante: «Nick De Santis, qui a amorcé notre relation avec Frank il y a deux ans, a suggéré de lui annoncer lui-même la décision.»

Nick De Santis? Celui-là même qui a été remercié comme directeur sportif en juillet 2014? Pour un homme ainsi écarté de la gestion quotidienne de l'équipe, voilà un spectaculaire retour en force. Plus tard, Legendre ajoute: «Nick ayant recruté Frank Klopas, c'était plus naturel sur le plan humain qu'il lui parle en premier.»

En tout respect, l'explication n'est pas convaincante. Comme toutes les organisations, l'Impact ne verse pas beaucoup dans les considérations « humaines » au moment de se séparer d'un entraîneur.

Rappelez-vous le départ de Jesse Marsch en 2012, annoncé en catastrophe un samedi matin, trois jours après le bilan officiel de l'équipe, où cette possibilité n'avait pas été évoquée. Ou des longues semaines de l'automne 2013, durant lesquelles la direction a fait poireauter Marco Schällibaum, avant d'annoncer son renvoi.

Congédier un entraîneur est une décision majeure dans la vie d'une équipe professionnelle. Si De Santis a transmis lui-même la nouvelle à Klopas, c'est qu'il savait que la tâche lui revenait. Après tout, l'entraîneur était conscient de l'identité du patron-clé.

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Le départ de Klopas ayant été dévoilé par communiqué dans la nuit de samedi à dimanche, la conférence de presse tenue plus tard s'annonçait comme une séance de breffage plutôt qu'une source de nouvelle.

Pourtant, cette information majeure a émergé au fil des propos de Legendre : De Santis a retrouvé toute son influence depuis que Joey Saputo lui a retiré son poste de directeur sportif.

Voyez comment son parcours a évolué depuis ce jour-là : le 4 septembre 2014, soit cinq semaines plus tard, De Santis a été nommé directeur du développement des affaires internationales. Dans un communiqué, l'Impact a précisé que sa responsabilité serait de «forger des ententes» avec des clubs de l'étranger.

Le 15 février 2015, nouveau communiqué: De Santis est promu vice-président, relations internationales et développement technique. Ce titre bonifié ne lui donne pas seulement une légitimité supplémentaire dans ses démarches en Amérique du Sud ou en Europe. Il élargit considérablement son rôle. L'aspect «technique» revient dans son giron.

L'organisation a alors ajouté que son travail serait essentiellement le même, puisqu'il jouait déjà un rôle de «conseiller» auprès de Frank Klopas et du nouveau directeur technique Adam Braz. Mais contrairement à ces deux derniers, De Santis ne se rapporterait pas à Richard Legendre, mais plutôt à Joey Saputo, autre signe de sa profonde influence.

«Si vous vous demandez si Nick De Santis a un rôle important à jouer dans l'organisation, la réponse est oui, a ajouté Legendre, dimanche. Et tant mieux, selon moi. Quand on dit développement international, ça veut dire, au cours de la dernière année, l'embauche de Piatti, Romero, Venegas, Drogba. Le développement international n'est pas un petit casier isolé. Je serais bien mal venu de dire que Nick n'a pas un rôle au niveau de la vision et du développement de l'équipe.»

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De Santis a commis des erreurs ces dernières années. Il a mal préparé la saison 2014, n'apportant aucune amélioration significative à l'effectif. Son inaction a expliqué en partie les ennuis de l'Impact au cours des mois suivants.

Quant à sa décision d'embaucher Klopas, un homme n'ayant jamais eu la carrure nécessaire pour se distinguer dans le marché montréalais, elle a révélé une désolante absence de flair.

Cela dit, personne ne doute de son dévouement à l'Impact. Et il faut saluer ses récents succès. Ses efforts ont conduit à l'acquisition des joueurs internationaux mentionnés par Legendre.

Voilà pourquoi je ne conteste pas le rôle majeur qu'il occupe de nouveau au sein de l'organisation. De Santis est un homme alerte, capable d'apprendre de ses erreurs.

En revanche, je déplore le fait que l'Impact n'ait pas mis les choses au clair à propos de son spectaculaire rebond. Le communiqué de février dernier n'était pas suffisant pour indiquer que le vote de non-confiance reçu six mois plus tôt était, dans les faits, renversé.

Compte tenu de son influence, il est inadmissible que De Santis travaille ainsi dans l'ombre et ne rende pas de comptes aux amateurs. Il est pourtant très présent dans l'entourage immédiat de l'équipe, assistant à plusieurs entraînements et discutant avec les joueurs. Ses liens avec le nouvel entraîneur, Mauro Biello, sont étroits. Les deux hommes sont aussi des beaux-frères.

Bref, plus que jamais, De Santis est au coeur du projet sportif de l'Impact. Il aurait dû accompagner Legendre au point de presse de dimanche. Adam Braz semble un gestionnaire compétent. Mais il faudrait être naïf pour croire que son avis pèse aussi lourd que celui de De Santis.

À un journaliste qui lui rappelait les propos de Joey Saputo il y a un an, à l'effet que De Santis n'avait plus de rôle sur le plan technique, Legendre a rétorqué: «C'était il y a un an, les choses ont changé.».

C'est le moins qu'on puisse dire. Si, au cours des prochaines semaines, l'Impact rebondit avec le même ressort que De Santis ces derniers mois, l'équipe sera à surveiller en séries éliminatoires!

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