Place à la phase II

Le directeur général du Canadien Marc Bergevin ne... (Photo Graham Hughes, PC)

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Le directeur général du Canadien Marc Bergevin ne peut rester les bras croisés pendant la saison morte.

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L'arrivée de Marc Bergevin aux commandes du Canadien en mai 2012 a constitué une bouffée d'air frais. Sa personnalité attachante, son ouverture et son humour ont rendu le «p'tit gars» de Pointe-Saint-Charles immensément populaire aux quatre coins du Québec.

Un mois après son entrée en poste, Bergevin a nommé Michel Therrien entraîneur-chef de l'équipe. Le retour de l'ancien coach a été accueilli avec plus de réserve. Mais on a vite compris que l'homme avait pris du coffre depuis son premier passage derrière le banc. Il a effacé les doutes que les plus sceptiques entretenaient à son endroit.

En quelques mois à peine, Bergevin et Therrien ont remis de l'ordre au sein du Canadien. Et ils ont bien communiqué leur message: cette organisation était maintenant dotée d'un plan. Les partisans de l'équipe pouvaient de nouveau envisager l'avenir avec optimisme.

Les résultats ont été immédiats. Une des trois pires formations de la LNH en 2011-2012, le Canadien a participé aux séries éliminatoires la saison suivante. Rebondir de la sorte est un exploit. Les équipes qui s'enfoncent au classement ont souvent besoin de quelques années pour émerger du gouffre.

En 2013-2014, le Canadien a poursuivi son ascension. Contre toute attente, il a atteint la demi-finale de la Coupe Stanley. Et sans la blessure à Carey Price dans cette série contre les Rangers de New York, la suite des choses aurait pu être différente.

Bergevin et Therrien se sont donc distingués à leurs deux premières saisons. Hélas! leur troisième, qui a pris fin mardi à Tampa, a été moins concluante. Non seulement l'équipe a été éliminée dès le deuxième tour, mais encore la manière a révélé ses lacunes. Le dernier match à Tampa a aussi mis en lumière son moral fragile.

Plus inquiétant encore: le Canadien n'a pas réellement progressé par rapport à la saison précédente. Oui, l'équipe a remporté quatre matchs de plus que la saison dernière, mais les performances exceptionnelles de Price pèsent lourd dans ce résultat. Et elle a été éliminée une ronde plus tôt.

Quant au virage jeunesse, si Nathan Beaulieu et Jacob De La Rose ont pris du galon, il a surtout été ressenti au niveau du leadership, où des gars dans la vingtaine (Max Pacioretty, P.K. Subban, Carey Price) ont pris la relève de joueurs plus âgés (Brian Gionta, Josh Gorges).

Résultat, pour la première fois depuis l'entrée de Bergevin et Therrien, un doute apparaît: que feront-ils pour conduire l'équipe à la prochaine étape et la transformer en candidate sérieuse à l'obtention de la Coupe Stanley? Et comment conjugueront-ils leur conception défensive du hockey à l'évolution du jeu dans la Ligue nationale?

***

Réglons d'abord une question. Michel Therrien mérite entièrement de revenir à la barre de l'équipe la saison prochaine.

Le nom de Mike Babcock fait rêver quelques amateurs. Mais outre le fait qu'il ne parle pas le français - depuis l'épisode Randy Cunneyworth, l'organisation reconnaît qu'il s'agit d'une condition essentielle pour diriger l'équipe -, sa fiche au cours des trois dernières saisons n'est pas supérieure à celle de Therrien.

Le Canadien a toujours obtenu plus de points au classement que les Red Wings durant cette période, en plus de participer à deux séries éliminatoires de plus. Babcock ne dirigeait pourtant pas une mauvaise équipe. Bref, reconnaissons à Therrien son mérite.

Cela dit, l'entraîneur devra aussi faire une lecture réaliste de la dernière saison. Subban a raison de dire que le Canadien ne pourra toujours autant se fier à Price. L'équipe ne marque pas assez de buts, et la responsabilité de Therrien est de trouver des solutions.

Pour cela, il aura besoin de l'aide de Bergevin. Au DG d'ajouter du punch en attaque. À défaut de compter sur de hauts choix au repêchage, il devra montrer du flair, à l'image du Lightning de Tampa Bay.

Si Steve Stamkos est un premier choix, ce n'est pas le cas de Tyler Johnson (jamais repêché), Nikita Kucherov (choix de deuxième tour) et Ondrej Palat (choix de septième tour).

Une transaction majeure est aussi envisageable, malgré les contraintes du plafond salarial. Bien sûr, le risque d'échanger un espoir est immense. Il suffit de surveiller Ryan McDonagh en séries éliminatoires pour le comprendre. Le capitaine des Rangers est un joueur extraordinaire que le Canadien a cédé afin d'acquérir... Scott Gomez!

Bob Gainey, alors DG du Canadien, voulait revigorer l'attaque de son club. Il a commis une erreur dont les effets se feront sentir aussi longtemps que McDonagh, âgé d'à peine 25 ans, sera un joueur dominant.

Bergevin doit donc se montrer prudent. En revanche, il ne peut rester les bras croisés. Si le Canadien amorce le prochain calendrier sans ressource nouvelle à l'attaque, cela ne sera pas de bon augure.

***

En affaires, les meilleurs leaders ont une vision claire de l'avenir. Mais ils savent s'adapter si les tendances de fond de leur industrie changent. Et ils n'hésitent pas à faire des gestes décisifs lorsque la situation le requiert.

C'est le défi auquel font maintenant face Bergevin et Therrien. Ils amorcent la phase II de leur administration. Les attentes à leur endroit sont grandes, mais légitimes.

Pourquoi? Parce que le Canadien compte trois joueurs exceptionnels, tous dans la fleur de l'âge. Bâtir une équipe candidate à la Coupe Stanley autour de Price, Subban et Pacioretty est certainement possible.

Le Canadien a remporté sa dernière Coupe en 1993. Durant cette longue disette, jamais l'équipe n'a compté autant d'atouts que maintenant pour renouer avec les grands honneurs. Plusieurs pièces manquent au casse-tête, mais l'occasion n'en reste pas moins exceptionnelle.

À Bergevin et Therrien de la saisir. En sport professionnel, la «fenêtre d'opportunité» se referme parfois vite.

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