Des gaffes historiques

La décision de Pete Carroll a possiblement coûté... (Photo Matt Rourke, AP)

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La décision de Pete Carroll a possiblement coûté la victoire aux Seahawks de Seattle dimanche dernier lors du Super Bowl.

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Dans 30 ans, on parlera encore de la gaffe de Pete Carroll et de son coordonnateur offensif Darrel Bevell. Leur pitoyable choix de jeu à la fin du match de dimanche a empêché les Seahawks de Seattle de défendre avec succès leur titre de champions du Super Bowl.

Carroll traversera la tempête en raison de sa feuille de route. Il a prouvé sa valeur dans les rangs professionnels et collégiaux. Ses joueurs lui en voudront sans doute un bon moment, mais sa personnalité attachante et son expérience lui permettront de regagner leur confiance.

Bevell? Le verdict est moins clair. Il demeurera en poste la saison prochaine. Mais une autre organisation lui confiera-t-elle un jour le poste d'entraîneur-chef? C'est habituellement la destinée des coordonnateurs dont les équipes connaissent du succès. Tenez, son collègue en défense, Dan Quinn, vient d'être nommé à la tête des Falcons d'Atlanta.

Comme l'impression que Bevell devra transiter par le purgatoire avant que son rêve se réalise. Mais au moins, il gagnera encore sa vie dans le football. Ce ne fut pas le cas de Bob Gibson, responsable de ce qui était, jusqu'à dimanche, la plus stupide bourde de l'histoire de la NFL.

Gibson, comme le rappelle le New York Times, était le coordonnateur offensif des Giants de New York en 1978. Dans les dernières secondes d'un match régulier contre les Eagles de Philadelphie, son équipe menait 17-12 et était en possession du ballon. Suffisait que le quart-arrière Joe Pisarcik mette le genou au sol à deux reprises pour écouler les dernières secondes, ce qui aurait concrétisé la victoire des Giants.

Mais Gibson lui a d'abord ordonné de remettre le ballon au demi offensif Larry Csonka. Dans une vidéo en ligne sur YouTube, Pisarcik explique comment cette décision a ébranlé ses coéquipiers et lui. «Voyons, Joe, lui ont-ils dit, laisse-toi simplement tomber sur le ballon...»

Hélas, plus tôt cette saison-là, Pisarcik avait changé un jeu à la ligne de mêlée, ce qui lui avait valu une réprimande. Il a donc obéi à son coach. Csonka a couru 11 verges. Au jeu suivant, Gibson a de nouveau exigé un course de Csonka, une absurdité dans les circonstances.

Cette fois, Pisarcik a échappé le ballon en le remettant à Csonka. Les Eagles l'ont récupéré et inscrit le touché victorieux!

Gibson a été congédié le lendemain. Et ce fut la fin de sa carrière dans le football. Il n'avait que 51 ans. Plus encore: Gibson n'a jamais discuté de l'affaire, refusant toute demande d'entrevue. «C'est une chose dont nous n'avons jamais parlé dans la famille», a expliqué son petit-fils au quotidien new-yorkais.

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Les entraîneurs qui commettent des gaffes impardonnables sont marqués à jamais. Marc Crawford, qui a pourtant gagné la Coupe Stanley avec l'Avalanche du Colorado en 1996, est d'abord associé à sa terrible décision des Jeux de Nagano, deux ans plus tard.

Entraîneur d'Équipe Canada, il n'a pas utilisé Wayne Gretzky en tirs de barrage contre les Tchèques, qui ont remporté ce match de demi-finale. À cette époque, Gretzky avait ralenti. Mais seul contre un gardien, ses chances de marquer étaient excellentes.

John McNamara, des Red Sox de Boston, n'a pas été un mauvais gérant. Mais au sixième affrontement de la Série mondiale de 1986, il a oublié de remplacer Bill Buckner par mesure défensive en fin de dixième manche.

L'infortuné Buckner n'a pas maîtrisé un roulant de Mookie Wilson et les Mets de New York ont comblé un déficit de deux points pour battre les Red Sox. Gary Carter et sa bande ont ensuite remporté le match ultime.

Au hockey, Don Cherry était l'entraîneur des Bruins de Boston lorsqu'ils ont été punis pour avoir eu trop de joueurs sur la patinoire, dans le septième match de la demi-finale de la Coupe Stanley en 1979. Guy Lafleur a créé l'égalité et le Canadien a ensuite gagné en prolongation.

Ce beau souvenir est tempéré par un autre, moins glorieux. Le gérant des Expos, Jim Fanning, a utilisé Steve Rogers en relève du match décisif de la série de championnat de la Ligue nationale en 1981. Contre l'as lanceur des Z'Amours, Rick Monday, des Dodgers de Los Angeles, a frappé le circuit de la victoire.

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Où se situe la bourde de Carroll dans ce palmarès? Au sommet! Mais celle de Crawford lui fait une vive concurrence.

Bien sûr, rien ne garantit que Marshawn Lynch aurait inscrit le touché vainqueur pour les Seahawaks. Ou que Gretzky aurait marqué le gros but aux dépens de Dominik Hasek.

Mais dans les deux cas, personne n'aurait blâmé l'entraîneur en cas d'échec. Car il aurait fait appel à son meilleur joueur. Scotty Bowman, lui, a utilisé Guy Lafleur en 1979!

Les choix de Carroll et Crawford sont encore plus déterminants parce que leur équipe respective, contrairement aux quatre autres exemples, n'a pas obtenu d'autre chance.

Rappelez-vous: la gaffe de Gibson en 1978 est survenue durant le calendrier régulier des Giants. Leur saison était loin d'être terminée.

Après le but de Guy Lafleur en 1979, les Bruins auraient pu gagner en prolongation avant qu'Yvon Lambert donne la victoire au Canadien.

Contre les Dodgers en 1981, les Expos sont retournés au bâton en fin de neuvième manche, plaçant même deux coureurs sur les buts.

Et les Red Sox auraient pu gagner le septième match de la Série mondiale.

Les Seahawks, eux, n'ont plus retouché au ballon du match.

Pete Carroll et Darrel Bevell demeurent d'excellents entraîneurs. Mais à côté de leur nom, il y a maintenant un astérisque. C'est la dure loi du sport.

Dommage pour Carroll, qui aurait pu devenir une légende s'il avait mené les siens à une deuxième victoire d'affilée au Super Bowl.

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