L'automne de Tennis Canada

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Un phénomène unique s'est produit au Québec durant l'été: le tennis a été le sport le plus médiatisé, devançant, selon Influence Communication, le hockey et le soccer.

Cette conclusion en dit long sur la popularité d'Eugenie Bouchard et, dans une moindre mesure, de Milos Raonic. Elle illustre aussi à quel point l'avenir du tennis s'annonce prometteur au Québec et partout au Canada.

Pour exploiter au mieux ce formidable potentiel, Tennis Canada devra bien jouer ses cartes. Or, une période d'adaptation a été nécessaire, cet automne, entre les bureaux de Toronto, où travaille la nouvelle présidente et chef de la direction, Kelly Murumets, et celui de Montréal, où l'équipe d'Eugène Lapierre organise avec succès la Coupe Rogers chaque année.

En mars dernier, Kelly Murumets a succédé à Michael Downey, l'un des principaux artisans de l'éclosion du tennis canadien au cours des dernières années. Ses réalisations lui ont d'ailleurs valu la présidence de la «Lawn Tennis Association», qui gère ce sport en Angleterre. Lui succéder constitue un défi considérable.

«Il y a eu une période de flottement, reconnaît John LeBoutillier, président du conseil d'administration de Tennis Canada. J'ai souvent vu ça lorsqu'une nouvelle personne prend les commandes d'une entreprise. Les gens se posent des questions. Lorsqu'on change de direction, on change forcément de style de gestion.»

Kelly Murumets a été recrutée chez ParticipAction, l'organisme chargé de promouvoir l'activité sportive au Canada. Enthousiaste, elle n'a cependant pas encore clairement annoncé ses priorités et les moyens de les atteindre. Le dépôt au conseil d'administration d'un plan stratégique en vue des prochaines années, d'abord prévu pour ce mois-ci, a été retardé de 12 mois.

«L'échéancier initial était trop ambitieux, explique John LeBoutillier. Nous avons convenu de prendre l'année 2015 pour élaborer le plan. Nous voulons travailler de près avec les fédérations provinciales afin de pousser le développement du tennis et de construire de nouveaux centres.»

La Coupe Rogers de Montréal, peu importe qu'il s'agisse du volet masculin ou féminin, est la principale vache à lait de Tennis Canada. Le tournoi est dirigé selon la spécificité québécoise, souvent mal comprise des gestionnaires du Canada anglais.

Un exemple: Stacey Allaster, grande patronne du circuit féminin - la WTA -, a longtemps travaillé pour Tennis Canada à Toronto. Elle croyait à l'approche unique, notamment sur le plan de la commercialisation, avant de découvrir les bienfaits de la différence.

Aujourd'hui, elle est la première à saluer le caractère singulier du tournoi montréalais. «Ne touchez pas à cette façon de faire», a-t-elle d'ailleurs lancé, lors de son passage à Montréal, en août dernier.

«Il y aura toujours une certaine forme de négociation entre Toronto et Montréal, dit Eugène Lapierre. Je me souviens des débuts de Michael Downey: on a eu quelques conversations musclées. Aujourd'hui, nous sommes deux grands amis.»

Kelly Murumets a ajouté un poste à l'organigramme de Tennis Canada: chef du marketing. Eugène Lapierre soutenait la candidature de Louis-Philippe Dorais, un de ses principaux lieutenants. «J'ai été déçu qu'il ne l'obtienne pas, dit Eugène Lapierre. Mais une autre personne a été choisie et on travaillera ensemble.»

Louis-Philippe Dorais, qui jouit d'une excellente réputation dans le monde du sport à Montréal, a récemment annoncé son départ de Tennis Canada. Lui aussi laisse de grands souliers à chausser.

De son côté, John LeBoutillier annonce qu'un poste de directeur des ressources humaines sera bientôt créé par Tennis Canada. Et que la personne retenue travaillera à Montréal. Un signe évident, selon lui, que la métropole du Québec gardera son influence dans l'organisme.

«Eugène Lapierre en mène plus large à Montréal que son homologue à Toronto, ajoute-t-il. Il jouit de beaucoup d'autorité et d'autonomie. Sa valeur est reconnue par le conseil d'administration et par la nouvelle présidente. Il est un homme fort et sa voix est très écoutée.»

En clair, John LeBoutillier assure que l'époque où Toronto tentait de tirer la couverture de son côté aux dépens de Montréal ne reviendra pas. «On est à des années-lumière de ça, dit-il. Nous croyons à un échange d'informations, notamment sur nos meilleures pratiques.»

Lorsque j'ai parlé à Eugène Lapierre, hier, il rentrait de Toronto où se déroule, une année sur deux, le party de Noël de Tennis Canada. Ses collègues lui ont remis une récompense pour souligner son travail de la dernière année. Et il a noté avec plaisir que Kelly Murumets la lui a remise en lisant un texte en français. L'effort y était.

La nouvelle présidente soigne aussi ses rapports avec les joueurs d'élite. Elle s'est notamment rapprochée de la mère d'Eugenie Bouchard. De telles initiatives sont nécessaires pour que les gens de Tennis Canada conservent leurs liens avec les vedettes qu'ils ont contribué à développer.

Dans toute cette histoire, un élément est fondamental: Eugène Lapierre et son équipe doivent garder les coudées franches. Kelly Murumets a plus à apprendre d'eux que l'inverse. Les succès du tournoi et du Centre national d'entraînement de Montréal ont profité à tout le tennis canadien.

John LeBoutillier et Eugène Lapierre assurent qu'aucune inquiétude n'existe à cet égard. Tant mieux. Il n'empêche que compte tenu de l'historique sportif au Canada, une saine vigilance reste de mise.

Tampa Bay et le retour des Expos

Combien de temps encore le baseball majeur acceptera-t-il de vivre dans l'incertitude concernant l'avenir des Rays de Tampa Bay?

Jeudi, le conseil municipal de St. Petersburg (où est situé le stade des Rays) a rejeté l'entente intervenue au début du mois entre le maire de la ville et l'organisation.

Cet accord représentait la première étape d'un long processus devant mener à la construction d'un nouveau stade. Un vote positif n'aurait pas signifié l'ouverture imminente d'un chantier. Il aurait d'abord fallu dénicher un site approprié et ensuite boucler le financement, une tâche gigantesque. Mais l'appui du conseil municipal aurait au moins débloqué le dossier.

La confiance entre les élus de St. Petersburg et la direction des Rays est minimale. Ce vote est un coup de massue pour le propriétaire Stuart Sternberg, très déçu du résultat.

Le bail liant les Rays à St. Petersburg pour l'utilisation du stade actuel est valide jusqu'en 2027. Sa structure complique sa résiliation éventuelle. Cela dit, il serait étonnant que le baseball majeur tolère le statu quo durant 12 autres saisons.

Les gens de Tampa Bay semblent peu intéressés par l'avenir des Rays. À peine huit citoyens ont pris la parole avant le vote de jeudi, selon un quotidien local. C'est très peu pour un dossier semblable. Il y a deux ans, à Glendale, les partisans des Coyotes de Phoenix étaient en file devant les micros avant le vote du conseil municipal sur une mesure d'aide financière à l'équipe.

Ceux qui souhaitent le retour des Expos se réjouiront de la tournure des événements à Tampa Bay. C'est compréhensible, mais nettement prématuré. Dans ce dossier, une extrême patience et une bonne dose de scepticisme demeurent de mise.

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