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La toile du Stade se dégrade vite

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La toile du Stade olympique se dégrade à une vitesse accélérée. Entre les mois de novembre 2012 et mai 2013, 2729 déchirures ont été découvertes durant les inspections quotidiennes, a appris La Presse par une demande d'accès à l'information.

Ce chiffre renforce une tendance lourde. De 2007 à 2010, de 20 à 30 déchirures ont été constatées chaque année. En 2011, ce chiffre a bondi à 419, puis à 1240 en 2012. Il sera sans doute trois fois plus élevé à la fin de l'exercice financier de l'année 2013, le 31 octobre prochain.

«Depuis 2011, le nombre annuel de déchirures augmente de façon plus exponentielle», a reconnu David Heurtel, président-directeur général du Parc olympique, lors d'un entretien téléphonique hier. «Cela démontre que la toile perd de plus en plus ses capacités de résistance.»

Des examens réalisés l'an dernier ont fourni une autre preuve de la détérioration de la toile: elle a perdu 59% de ses «propriétés mécaniques», c'est-à-dire sa capacité de résistance, par rapport aux essais de référence réalisés en 1999.

Le plus récent rapport annuel du Parc olympique précise que ces dégradations sont «non négligeables» et que le vieillissement de la toile est «plus significatif qu'anticipé".

Tous les jours, des employés se rendent dans l'entretoit du Stade pour examiner la situation. Cet espace est situé entre la toile qu'on aperçoit de l'extérieur du Stade et celle qu'on aperçoit de l'intérieur.

«Ce sont souvent des microdéchirures d'un centimètre ou de quelques millimètres, explique David Heurtel. Elles sont réparées quotidiennement. Des pastilles de matériel sont placées pour les colmater. Notre programme d'inspection est très rigoureux. Le toit du Stade est une des structures les plus surveillées au Québec.»

C'est aussi à l'entretoit qu'est logé le système de chauffage permettant de faire fondre la neige durant l'hiver, afin d'éviter tout amoncellement potentiellement dangereux.

Rappelons qu'en janvier 1999, une accumulation de neige a provoqué une déchirure majeure de la toile, entraînant la fermeture de l'enceinte du Stade durant les mois d'hiver pendant 10 ans.

Depuis 2009, un événement peut être tenu à l'intérieur du Stade à cette période de l'année, mais uniquement si aucune précipitation de neige ou de pluie verglaçante n'est prévue. Cette contrainte décourage les promoteurs et empêche la Parc olympique de maximiser le potentiel du Stade.

Ainsi, en mars dernier, la direction de l'Impact a dû attendre 24 heures avant le match d'ouverture de la saison pour confirmer la tenue de la rencontre. «Nous avons une politique de tolérance zéro face au risque», affirme David Heurtel. Le président du Parc olympique ajoute que la toile du Stade a bien résisté à la mégatempête de neige de décembre dernier.

Cela dit, il est manifeste que la toiture du Stade olympique approche de la fin de sa vie utile. L'augmentation spectaculaire du nombre de déchirures en constitue la preuve éloquente. «On essaie de la maintenir en vie avec les moyens à notre disposition», explique David Heurtel.

En mars dernier, Jean-François Lisée, ministre responsable de la région de Montréal, a déclaré à La Presse que le cabinet Marois prendrait une décision avant l'été, afin de régler le problème de la toiture.

Quelques jours plus tard, son collègue délégué au Tourisme, Pascal Bérubé, l'a publiquement désavoué, lui reprochant un excès «d'enthousiasme».

S'il est officiellement ministre responsable du Parc olympique, Pascal Bérubé agit sous la houlette du véritable décideur dans ce dossier, Nicolas Marceau. Le ministre des Finances du Québec est d'ailleurs le premier signataire du rapport officiel de l'organisme déposé à l'Assemblée nationale en mars dernier.

Or, ce rapport est limpide à propos des risques liés à l'état actuel de la toile: «Malgré la mise en oeuvre d'un programme d'entretien étoffé, jumelé à des essais mécaniques réalisés aux deux ans et un protocole de gestion des risques, les experts affirment que les risques de rupture ne feront que s'accroître et que le Parc olympique a tout avantage à procéder au remplacement du toit actuel.»

Conscient de cette réalité, le ministre Lisée avait dit espérer qu'un nouveau toit, mobile ou non, soit en place à l'occasion des fêtes du 375e anniversaire de Montréal en 2017. Mais cette échéance a été jugée "serrée" par son collègue Pascal Bérubé.

En plus d'empêcher le Parc olympique d'augmenter ses revenus autonomes, l'état de la toile entraîne des débours importants. Ainsi, pour l'exercice financier en cours, l'organisme évalue à 753 000$ la facture liée aux réparations quotidiennes de la toile.

L'incertitude liée à la toile freine le nouvel essor du Parc olympique. Un des rares événements tenus l'hiver au Stade, le Salon des animaux de compagnie, n'a pas renouvelé son entente avec le Parc olympique l'an dernier. Et selon David Heurtel, les Alouettes hésitent à soumettre la candidature de Montréal pour la présentation de la Coupe Grey de 2017 en raison des risques liés à la météo sur l'utilisation du Stade.

De son côté, l'Impact installera un système de chauffage souterrain afin de faciliter la présentation de matchs au printemps, réduisant d'autant sa dépendance au Stade olympique en début de saison.

L'augmentation majeure du nombre de déchirures à la toile du Stade est préoccupante. On saura au cours des prochaines semaines si le gouvernement Marois s'attaquera ou non au problème.

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Commentaires (23)
    • Tant qu'à mettre 200 ou 300 Millions sur un stade, aussi bien le mettre sur un nouveau stade de baseball au centre ville...

    • @play_moutte: D'accord avec vous. Ce stade est LAID. En plus d'être laid, c'est un des plus laids dans le monde. Il n'est pas fonctionnel, aucun toit ne s'y adapte et il est laid (oups, je l'ai déjà dit). Le démolir à la dynamite serait intéressant, mais y'a quand même le métro qui passe dessous qui pose un problème...hum. Une fois démoli, si Mourial a besoin d'un autre stade, il faudrait le construire ailleurs également, et engager les ingénieurs québécois qui ont travaillé sur le stade à Toronto, un vrai bijou d'ingénérie celui-là!

    • On a souvent entendu qu'un toit fixe serait l'idéal mais que c'était probablement trop lourd pour la struture. J'en doute quoique je ne suis pas un expert. Reste qu'une voiture avec un toit fixe et en métal est beaucoup moins lourde que la même voiture qui est convertible ( avec toile). J'imagine que si le toit serait en aluminium que ce serait encore plus léger.
      Je crois que la vraie raison c'est que 1: on voulait coûte que coûte une patente à gosse qui s'ouvre peut importe la durée de vie utile
      et 2: le coût d'un toit fixe devait être plus onéreux dans un premier temps sans tenir compte de l'économie sur le long terme. Viarge ... plus de $750,000 d'entretien annuel ..... quant on parle de gaspillage.....
      Pierre Gravel

    • Heureux de te voir de retour..Tu nous manquais..
      Je crois que Taillibert était un génie en France. Mais monter une structure comme ça au Canada est sûrement trop osé. Ce qui est dommage, c'est que les autorités Québecoises continuent à y croire. Manianapolis..OK, Nouvelle-Orléans OK, mais pas à Montréal. Le risque est trop gros, et les coûts exhorbitants.
      Soit rien du tout, ou comme à Dallas, avec une structure rigide.
      A


    • Les poursuites légales, quels en sont les résultats? Où en sommes-nous?
      Merci
      Jean

    • Un immense cendrier. Et couvert, c'est pas utile. Enlevons le toit et, en reconnaissance des fumeurs, qui l'ont payé, organisons des excursions pour aller y "topper".
      Mais avant, écoutons les ayatollahs du tabac ou les apôtres du brocolis. Peut-être ont-ils une solution?

    • Dire qu'on fait souvent de cette ruine appréhendée l'image architecturale de Montréal! Le "Stade Treck" est un stade wreck.

    • D'accord avec rllemieux:une toile n'est pas une solution viable.Il reste comme choix un toit fixe mais le problème est que ce stade-là n'a pas été conçu pour un toit fixe.Le démolir?Ça coûterait un prix de fou sans oublier les inévitables dégâts au métro Pie-IX par exemple.Alors quoi? On rétracte la toile et on essaie de rentabiliser le stade durant l'été.De toute façon on n'a pas le choix,on est ''pogné avec''.

    • Plutôt que de mettre 300M$ pour remplacer la toile, je préfère dépenser le même montant pour détruire le stade. C'est ben plate pour les amateurs de motocross et de Monster Trucks mais à part eux, je ne vois pas qui sera privé de quoi que ce soit.

    • Bon, c'est qui le prochain journaliste qui va appeler Taillibert pour lui demander son avis, lequel sautera encore sur l'occasion de dénigrer les Québécois et le Québec?
      @ play_moutte,
      Ellis jouait au champ droit.

    • C'est simple, arrêter de penser comme notre ancien premier ministre Charest, qui parlait du stade comme l'une des merveilles du monde, et ouvrez vos yeux. Le stade est laid, dangereux, et coute une fortune à rabouter, chaque année. Et un nouveau toit, sur la structure du stade vieillissante et fragile, risque de couter plus cher que l'amphithéâtre de Québec, tout en apportant beaucoup de nouveaux problèmes.
      Contentez vous d'un stade ouvert, ou mieux encore, envoyez y la machinerie, et jetez tout à terre. Et si c'est une merveille du monde comme disait Charest, vendez les morceaux aux touristes...

    • Evidemment , les firmes d'ingénieurs, ces braves gens qui, comme on l'a vu dernièrement, font tellement pour le Québec....bref, ces firmes vont faire la queue leu-leu pour se quêter de plantureux contrats. Et évidemment, c'est nous les caves qui vont passer à la caisse. M. Cantin, ce fichu stade, étant donné que c'est un bol de toilette, il devrait s'auto-flusher. Appelons les dynamiteurs et vite.

    • Serieusement... Une enorme batisse desuette, inutilisee et inutilisable, en gros beton gris et sale, ou les spectacles ont une sonorite atroce, ou les evenements sportifs ont une atmosphere completement morte causee par le grand vide au bout et la distance enorme. Un stade completement pourrie qui coute des millions pour absolument rien, et tellement mal construit que les ingenieurs impliques dans sa construction refusent d'y mettre les pieds par peur qu'il s'ecroule a tout moment...
      SVP... de grace... pouvons nous nous debarasser de cette honte?

    • Un toit rigide avec cables qui auraient pu s'ouvrir comme un bol de toilette aurait ete la meilleure solution. Malheureusement, les proprietaires etaient trop fiere et voulaient alle jusqu'au bout. Qui payera? Encore nous!

    • Pourquoi pas s'en débarrasser ? Il ne sert à rien le stade et il coûte une fortune !

    • Que ce monument à la stupidité devenue, disparaisse à tout jamais du paysage montréalais. Le football canadien a son stade, le foot a le sien, etc...
      Les terrains devraient être vendus aux plus offrants pour la construction résidentielle et commerciale et les taxes percues par les deux paliers de gouvernement. Aucune équipe professionnelle, tous sports confondus, ne
      voudra y installer une équipe. Ça sert à qui et à quoi présentement?

    • le toit auto-portant Delaney ... c'est ça
      http://www.youtube.com/watch?v=AXW31OgW800

    • Je me rappel d'un documentaire à Découverte qui parlais d'un projet de toit rigide avec 8 fer à cheval appuyer au sol qui tiendrait ce toit. Il parlait de fonctionnel dans des tornade de niveau 5 ou 6 (je ne me rappel plus trop des détails) et que toute la sonorisation nécessaire pour des spectacles serait contenu dans ce toit. Il avait été discuté et revisé par l'ingénieur qui a designer le stade et tout et tout. Est-ce qu'on a une idée d'où on en est avec ce projet? Ou est-ce que ce sera comme le moteur-roue d'Hydro-Québec un super bon projet ignoré trop longtemps pour que ce soit utile ou que les québecois aient quelque chose de quoi être fier?

    • @play_moutte 09h47
      play_moutte, vu son état et sa solidité, je penses qu'un simple pétard à mèche suffirait.

    • Que l'on détruise cet éléphant blanc qui ne sera jamais rentable. Il a déjà couté plus de $1 Milliard, et avec son problème de toit nous coutera encore des centaines de Millions de $.
      De toute façon, depuis le départ des Expos, il n'a jamais été assez exploité pour seulement couvrir les frais d'entretiens, de chauffage, etc.... aussi bien mettre fin à ce gouffre sans fond.
      Claude Poirier

    • M. Cantin,
      Cette burlesque comédie a assez duré. Qu'on en finisse au plus vite avec ce satané édifice qui est de toute façon d'absolument aucune utilité. Ça prends 10 tonnes de dynamite au champ centre (là où était posté Ellis Valentine) et BOUM. Puis que Roger Taillibert aille lui-même allumer la mèche.

    • Pas compliqué. on "flushe" le bol de toilette

    • La solution : pas de toit!
      On s'acharne sur ce stade. On semble ne pas accepter ses limites.
      D'abord le toit : le prochain toit sera aussi un échec parce que le défi technologique est trop grand.
      Ensuite l'esplanade : les efforts de revitalisation n'ont eu pour effet que d'en faire un dépotoir. Ce week-end, c'était la promotion de Nissan : des dizaines de voitures sur l'esplanade, des essais routiers, des kiosques de vente, etc.
      Il faut accepter le fait que cet espace ne se prête pas à des activités de divertissement ou de loisirs.
      Qu'on enlève le toit, qu'on fasse un beau travail de restauration et qu'on tourne la page!

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