PLQ, le parti avant la patrie (encore)

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Question comme ça (pas question d'aller chercher de l'aide sur Google): ça fait combien de temps que la commission Bouchard-Taylor a déposé son rapport?

Je vous donne une seconde...

Réponse: près de sept ans. C'était au printemps 2008.

Qui était au pouvoir? Le Parti libéral du Québec de Jean Charest était au pouvoir, et il le fut pendant les quatre années suivantes jusqu'à sa défaite serrée de septembre 2012.

Les commissaires Bouchard et Taylor, après avoir piloté une psychothérapie collective sur le thème des accommodements raisonnables, avaient fait un certain nombre de recommandations au gouvernement du Québec, question d'encadrer certains heurts dans une société moderne qui a depuis longtemps mis le petit Jésus à l'Index mais qui compte encore des individus qui, eux, ont la foi.

Or, les libéraux n'ont à peu près rien fait, après Bouchard-Taylor. Il n'y a jamais eu de suite à l'idée, par exemple, d'interdire aux employés de l'État qui en incarnent l'autorité (policiers, juges, etc.) le droit de porter des signes religieux ostentatoires. Jean Charest, là-dessus comme sur tant d'autres choses, a usé de son plus grand talent politique - gagner du temps -, et l'essentiel du travail de Bouchard-Taylor a pu être remisé sur une tablette une fois les tempêtes médiatiques passées et les freaks d'Hérouxville retournés dans leurs grottes.

Résultat: le Québec est au même point qu'en 2006, quand nous nous sommes mis à nous gratter le bobo identitaire. On peut rire des dérapages auxquels a donné lieu le débat des accommodements raisonnables, et Dieu sait que j'en ai ri, mais les Québécois ont tout de même exprimé assez clairement qu'ils voulaient voir leur État affirmer certains principes. Le PLQ s'en est fiché.

Alors on peut railler le Parti québécois et sa Charte, et Yahvé sait que je l'ai fait. On peut aussi secouer la tête en voyant aller le Parti québécois qui, l'autre jour, essayait de faire de Philippe Couillard une sorte de «candidat mandchou» téléguidé par l'Arabie saoudite pour implanter au Québec la charia. J'ai secoué la mienne, au point que j'ai fini non pas avec une migraine, mais avec (attention, référence à RBO, ici) la graine au complet: MM. Bédard, Lisée, Drainville et Bédard exploitaient la peur qu'inspire l'islam en essayant de dessiner une dishdasha (vous avez la permission de googler ce mot) sur le premier ministre.

Mais le PQ ne fait qu'occuper un terrain laissé complètement vide par le PLQ: celui des frontières à dessiner dans le vivre-ensemble au sein d'un État laïque qui comprend quand même des citoyens qui croient à quelque déité surnaturelle. On peut s'arrêter aux seules singeries péquistes et faire le débat là-dessus, mais n'oublions pas que le PLQ ne fait qu'appliquer ces jours-ci la méthode Jean Charest: on essaie de gagner du temps et, bientôt, la tempête passera...

Si le PLQ avait agi il y a sept ans, dans la foulée de Bouchard-Taylor, nous n'en serions pas là. «Là», c'est le seuil du débat qui nous attend, celui sur les façons de combattre l'extrémisme de l'islam, où tout sera mêlé. Comme le débat sur la neutralité religieuse de l'État n'a pas été réglé par les libéraux, nous allons tout mélanger dans le prochain. Le hidjab des travailleuses en CPE avec les pétrodollars du Golfe qui financent de l'enseignement radical dans des mosquées de Montréal; Charlie Hebdo et la viande halal. Party!

Quand Jean Charest usait de son principal talent politique pour ne pas mettre sur pied une commission d'enquête sur le fric graissant tant le politique que le béton, j'ai souvent dit qu'il mettait ainsi le parti devant la patrie. En laissant aux péquistes-qui-font-peur-au-monde le monopole du débat sur la neutralité de l'État, le PLQ gagne peut-être des points en ne disant et en ne faisant rien. Mais pour les Québécois en général, c'est contre-productif. Le parti, encore une fois, avant la patrie.

Allah prochaine chicane.

Le juge

Le juge qui a choisi de donner une sentence bonbon à Claude Dubois pour son ivrognerie au volant s'appelle Gilles Garneau.

En 2002, le Conseil de la magistrature a servi une réprimande au juge Gilles Garneau pour sa conduite dans un procès qui avait eu lieu en 2000, où le magistrat avait suggéré à un procureur de la Couronne - en l'absence de la défense - d'invoquer un arrêt particulier de la Cour suprême qui justifie l'imposition de la peine maximale à un inculpé.

Avant de parler à la Couronne, Garneau avait demandé à la greffière de stopper l'enregistreur de la salle d'audience. Un autre enregistreur a cependant immortalisé les mots du juge...

Pris les culottes baissées, Gilles Garneau a été traîné au Conseil de la magistrature, qui l'a donc blâmé pour son manque d'impartialité.

Trouvé coupable, l'accusé de la cause avait porté sa cause en appel, citant ladite partialité du juge. Il a eu droit à un nouveau procès, pendant lequel sa victime, qui avait témoigné dans le premier procès, a refusé de témoigner. Des 15 ans qu'il avait reçus au premier procès, l'accusé a écopé de deux ans moins un jour, au second.

Je dis ça de même.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:2525685:box

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer