Claude Dubois n'attend pas (2)

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Patrick Lagacé
La Presse

Hier, dans La Presse, j'ai écrit ce que bien des gens, à Saint-Sauveur, savaient déjà : le mercredi 28 octobre, au début de la campagne de vaccination, Claude Dubois a court-circuité la longue file de gens qui attendaient pour se faire vacciner au CSSS des Pays-d'en-Haut.

On l'a vu entrer par la porte arrière, avec ses proches. On l'a vu sortir de l'édifice peu après. Les gens, sur le coup, ont fait savoir à Dubois leur mécontentement devant ce traitement de faveur.

Hier, j'ai demandé à parler au grand homme. Il m'a fait dire que tout ce qu'il avait à dire, il l'avait dit au journaliste Éric Nicol, du Journal des Pays-d'en-Haut.

Qu'a dit Dubois à Nicol, la semaine dernière? Il a dit que, s'il a passé devant tout le monde, c'est parce qu'il avait obtenu, avant la campagne de vaccination, un rendez-vous au CSSS pour un vaccin nécessaire à un voyage.

Il en a profité pour se faire vacciner, tant qu'à y être, contre la grippe A.

Sauf que le CSSS nie cela. Claude Dubois n'avait pas de rendez-vous pour un vaccin de voyage au CSSS pour la bonne raison que le CSSS n'offre pas de vaccins aux voyageurs. Ce genre de vaccin se donne dans le privé. Le CSSS a nié lundi que Dubois ait jamais obtenu un rendez-vous. Le CSSS l'a encore nié hier, à LCN et en entrevue avec moi.

Or, qu'a dit Dubois, hier, à propos de cette affaire de rendez-vous pour un vaccin de voyage? Rien. Dans le discours de Dubois, hier, où il m'a accusé de l'avoir calomnié publiquement, l'histoire des vaccins de voyage racontée à Éric Nicol avait mystérieusement disparu !

En lieu et place, le rendez-vous en question avait désormais été pris par Dubois, père inquiet pour sa petite fille en cette ère grippale. «J'ai pris rendez-vous et je suis allé à mon rendez-vous, a-t-il dit à LCN. Je suis donc un dégueulasse qui prend soin de sa fille.»

Je passe sur la tentative d'attendrir les masses avec l'histoire de sa petite fille. Je m'attarderai à quatre points importants qui démontrent que Claude Dubois arrange la vérité et la réalité pour se tirer du désastre de relations publiques dans lequel il s'est plongé jusqu'à la racine des cheveux.

Primo, le CSSS des Pays-d'en-Haut a encore démenti, hier, cette nouvelle version du rendez-vous qui lui aurait été donné. On ne trouve aucune trace d'un rendez-vous donné à Dubois. Deuzio, le CSSS a clairement dit hier que, en prévision de la campagne de vaccination massive, TOUS les rendez-vous avaient été reportés et qu'aucun rendez-vous «particulier» ne pouvait donc être honoré.

Tertio, j'en parlais hier, Claude Dubois a traité «d'emmerdeurs» des membres du personnel du CSSS des Pays-d'en-Haut qui lui ont dit, le lundi 26 octobre, que les séances de vaccination ne commençaient que le lendemain. Ce vaccin, il le voulait, pour lui et ses proches, au point de faire une scène quand on le lui a refusé.

Quarto, j'ai appris hier que Claude Dubois, le mardi 27, s'est rendu dans un point de service du CSSS des Pays-d'en-Haut à Morin Heights où, encore, il voulait le vaccin pour lui et ses proches. On lui a dit d'aller à Saint-Sauveur le lendemain.

Maintenant, quelques questions. Dubois est en tournée médiatique pour attaquer le messager. C'est son droit. Mais ceux qui le reçoivent en entrevue ont aussi le droit de ne pas se laisser remplir de bullshit par le chanteur de charme. Voici quelques suggestions de questions :

La plus importante : pourquoi l'histoire du rendez-vous pour un vaccin de voyage (racontée la semaine passée) a-t-elle changé pour une histoire de rendez-vous pris par un père inquiet pour sa fille (à LCN, hier)?

Qui lui a donné un rendez-vous au CSSS? Quel est son nom? Pour quelle raison lui a-t-on donné un rendez-vous au CSSS? On veut des détails. Parce que, je le répète, le CSSS des Pays-d'en-Haut nie cette histoire de rendez-vous. Formellement.

Pourquoi être entré par la porte arrière du CSSS, au fait? Pourquoi ne pas être passé par la porte d'en avant?

Si la condition de sa fille l'inquiétait à ce point, pourquoi ne pas être allé à l'hôpital?

Pourquoi a-t-il traité d'»emmerdeurs» des travailleurs du CSSS, le lundi 26, deux jours avant de court-circuiter la file de gens qui poireautaient, lors d'une crise de vedette faite en public?

Pourquoi, au fait, faire une scène à des travailleurs du CSSS parce qu'ils n'ont pas encore commencé la campagne de vaccination?

Pourquoi ne pas être retourné au CSSS dès le mardi? Pourquoi avoir attendu le mercredi, s'il était si inquiet? Voilà. Si vous avez Claude Dubois devant vous et que vous ne lui posez pas ces questions, vous acceptez de vous faire remplir.

Pour ma part, c'est désormais clair : Claude Dubois, comme en témoignent ses versions contradictoires et ses explications démenties par le CSSS, ne dit pas la vérité dans cette histoire.

La réalité, c'est que Dubois a utilisé son prestige et sa notoriété pour ne pas attendre son vaccin comme le reste de la plèbe.

Claude Dubois est la preuve sur deux pattes que lorsqu'une personnalité publique est dans la merde, elle devrait embaucher une firme de relations publiques compétente pour gérer une crise semblable et qu'est-ce que ça dit une firme de relations publiques dans une situation comme celle-là, généralement?

Ça conseille de s'excuser.

 

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