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Richard Garneau, le gentil géant

Le commentateur Richard Garneau en 1960.... (Photo: archives La Presse)

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Le commentateur Richard Garneau en 1960.

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À voir le déluge d'hommages posthumes, je commence à regretter de ne pas avoir connu davantage Richard Garneau. Je regrette de n'avoir pas communié plus souvent avec lui à La soirée du hockey ou pendant les 23 Jeux olympiques qu'il a couverts, pour son plus grand bonheur et celui de milliers de téléspectateurs.

Ce n'est pas ma faute, ni celle de Richard Garneau. Je ne suis pas une sportive et je ne le serai jamais. Le sport, pour moi, c'est trop souvent du chinois.

Je ne suis pas une sportive, mais je peux reconnaître la sincérité et le respect quand ils résonnent dans une voix ou s'impriment dans un journal. Et, depuis dimanche, tous les commentaires que j'ai lus ou entendus transpirent une réelle et sincère tristesse à l'égard de la disparition de Richard Garneau. C'est rare.

Habituellement, quand une personnalité de notre petite société tricotée serré nous quitte, les témoignages sonnent toujours un peu faux, un peu forcés, parfois carrément suspects. Comme si, chez nous, les hommes et les femmes grandissaient de plusieurs centimètres en mourant et que nous les portions aux nues du simple fait qu'ils n'étaient plus en état de nous nuire ou de nous déranger.

Pas avec Richard Garneau.

Les témoignages soulignant son professionnalisme, son ouverture d'esprit, la qualité de sa langue et son absence totale de prétention sonnent vrai et semblent venir du coeur de ceux qui les font.

Habituellement, ceux qu'on couvre de lauriers posthumes sont également à la retraite depuis des années et ont quitté la scène publique depuis des lustres. Notre souvenir d'eux manque de fraîcheur et de clarté. Mais Richard Garneau, lui, était encore dans le feu de l'action à 82 ans, au coeur de l'actualité olympique tous les deux ans, et présent tous les samedis matin chez Joël Le Bigot avec son humour suave et sa voix moqueuse. Ce qui m'amène à croire que ce qu'on pleure aujourd'hui, ce n'est pas seulement la disparition d'un homme, c'est la fin d'une présence réconfortante et familière.

Ce qu'on pleure, c'est la perte d'un symbole que l'on croyait éternel.

Il y avait bien des choses admirables chez Richard Garneau. Je n'en retiendrai que deux: sa jeunesse de coeur et sa jeunesse d'esprit. Si tous les gens de 82 ans avaient la fraîcheur, l'optimisme et l'enthousiasme de Richard Garneau, le monde ne serait peut-être pas meilleur, mais c'est sûr qu'il serait moins triste.

L'Irlande des réseaux sociaux

Encore aujourd'hui, quand on pense à l'Irlande du Nord, on pense moins à la trêve et au traité de paix qu'aux bombes, aux balles perdues et à la guerre sans fin entre les catholiques nationalistes et les protestants loyalistes. De la même manière, quand on voit Pervers (à La Licorne jusqu'au 23 février), une pièce de théâtre percutante sur la dérive des réseaux sociaux, on imagine qu'elle a été écrite au Québec ou en Amérique du Nord. En Irlande? Impossible.

Et pourtant, l'auteure Stacey Gregg, un petit bout de femme de 30 ans, est une Irlandaise protestante, née en 1982 à Belfast aussi bien dire au coeur du turbulent conflit qui déchire le pays depuis des années.

«Mais, dit-elle, je fais partie d'une nouvelle génération d'auteurs post-conflit qui tentent de se définir autrement que par nos antagonismes, et ce n'est pas évident. En Irlande du Nord, malheureusement, les gens sont encore très polarisés et résistent très fort au changement.»

Stacey Gregg passe la semaine chez nous, d'abord pour voir la production montréalaise de Pervers, créée à Dublin au printemps dernier. Elle est également ici pour rencontrer des élèves de l'École nationale de théâtre, pour qui elle écrit une pièce qui sera jouée en mai.

Elle raconte qu'en écrivant Pervers, l'histoire d'un jeune qui lance une fausse rumeur à son propre sujet sur Facebook, elle cherchait avant tout un sujet universel qui n'avait rien à avoir avec le conflit irlandais.

«J'avais lu un article sur une femme qui s'est fait passer pour une victime de viol et un autre sur un homme arrêté pour possession de pornographie juvénile et qui avait plaidé une recherche pour son boulot. Et puis, au moment où je me suis mise à écrire, un rapport sur les prêtres catholiques pédophiles est sorti. J'aurais pu exploiter ce filon de manière sensationnaliste, mais j'ai choisi de le faire de façon subtile et sans trop de complaisance.»

Le résultat: une pièce captivante avec des dialogues criants de vérité et un propos percutant sur les réseaux sociaux.

Un seul hic: la fin en queue de poisson, trop rapide et faussement rassurante, comme si Stacey Gregg avait voulu ménager son public et ne pas trop le bousculer. Elle plaide que non et affirme que la fin est ouverte et pas si rose que ça. Peut-être, mais l'important, c'est que cette pièce fait résonner un autre son de cloche que celui auquel l'Irlande du Nord nous a trop habitués. Autant dire que ça fait du bien.

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Commentaires (5)
    • Merci M. Richard Garneau ! J'espère que là Haut vous allez passer de bons moments avec M. René Lecavalier. Bon voyage ! Vous nous manquerez.

    • J'étais au resto du medi-club. "Il" arrive.!!!. Un géant. Tellement beau, habillé sportif très élégant, une aura d'une luminosité chaleureuse, invitante. Il s'assoit. On le regarde sans gêne parce qu'il nous sourit. Nous y sommes tous (et "toutes" !!!) allés de notre petite question ne se lassant pas d'entendre cette voix si familière en direct et en couleurs. On serait encore là, je vous jure, si l'infirmière n'était pas venue le chercher. Quelle belle âme !!!

    • Sans vouloir être méchant à l'égard des chroniqueurs tels Mme Petrowski (qui font un excellent boulot, en passant), je ne peux m'empêcher de remarquer que, malgré sa grande classe, ses connaissances encyclopédiques et sa maîtrise du français, M. Garneau n'avait pas l'égo démesuré que plusieurs chroniqueurs ont (ou semblent avoir) de nos jours.
      Et c'est justement ce qui caractérise les grands comme Richard Garneau: malgré tout ce qu'il a accompli, il a gardé les pieds sur terre, il mettait les gens qu'il rencontrait à l'aise. Il est demeuré humble.
      Les chroniqueurs, Bobos du Plateau et autres 'Mas-tu vu' auraient intérêt à s'inspirer de M. Garneau.

    • Puisqu'on a beaucoup rappelé, à juste titre, la qualité de la langue utilisée par Richard Garneau, je débuterai mon hommage en rappelant un moment où je l'ai entendu dire un très gros mot.
      C'était un soir où M. Garneau décrivait un match du Canadien à Calgary et l'équipe technique éprouvait de sérieux problèmes. Durant toute la première période, les pauses publicitaires avaient débuté alors que M. Garneau était encore en pleine description.
      Au début de la deuxième période, l'erreur s'est produite à nouveau, et au retour de la pause, les téléspectateurs ont clairement entendu un Richard Garneau excédé, déclarer avec la parfaite diction qui le caractérisait: « Allez-vous arrêter de me couper, pour l'amour du tabarnac! »
      Est-ce qu'il fallait que « ça aille mal à shop » pour que Richard Garneau en arrive là! Réalisant qu'il était en onde, un long silence a suivi la remarque cinglante. Puis, M. Garneau a calmement repris la description du match.
      Son « intervention professionnelle » a eu un effet b?uf, car le reste de la retransmission s'est déroulé sans aucune erreur technique! Connaissant son sens de l'humour, M. Garneau aurait sans doute apprécié que l'on rappelle cette entorse au code du langage radio-canadien.
      Je me souviens également d'une entrevue avec Richard Garneau où il avait confié avoir été très affecté par le décès de René Lecavalier. Impressionné par la stature du personnage, M. Garneau avait avoué candidement: « J'avais fini par penser qu'il était éternel... mais je m'étais trompé. »
      C'est donc à notre tour de nous être trompés à votre égard, cher M. Garneau, car il nous arrive tous de penser que les personnes de qualité mériteraient l'éternité. Votre enthousiasme pour le dépassement humain et la chaleur de votre voix nous manqueront.
      Merci Richard Garneau.
      Michel Pruneau

    • j'ai rencontré Richard Garneau il y a plus de 40 ans, j'avais 20 ans et il commentait sur place un événement sportif - au Mont Orford - j'ai été très impressionnée, car je me souviens exactement du moment, du soleil qui brillait, de la neige. Sa voix, son professionalisme, sa gentillesse, et en plus, il n'était pas difficile à regarder. Depuis, j'ai toujours pris plaisir à l'écouter et même reconnu sa voix lorsqu'il était commentateur musical à Radio-Canada. Marguerite Tennier

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