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Le discours sur le racisme de Stan Grant a fait sensation sur les médias sociaux.

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Mario Girard
La Presse

Une vidéo bien particulière est devenue virale au cours du week-end. Il ne s'agit pas d'un écureuil qui se sauve avec une pointe de pizza ou de Justin Bieber qui montre son zizi. Non, il s'agit d'un monsieur qui est derrière un lutrin et qui prononce un discours. Oui, madame! Et tenez-vous bien, son discours porte sur le racisme. Vous êtes sur le derrière, hein? Je l'étais aussi quand un ami m'a envoyé cette vidéo hier en me suggérant de la regarder.

Le discours en question est de Stan Grant, un journaliste qui signe une chronique sur les réalités autochtones dans l'édition numérique du Guardian Australia. Avec une impressionnante éloquence, Stan Grant, d'origine wiradjuri, balance aux spectateurs réunis dans la salle que «le racisme est au coeur du rêve australien».

Et vlan! Voilà le genre de chose qu'un peuple n'a pas tellement envie de se faire dire. Le discours de Stan Grant a provoqué une grande polémique suscitant critiques virulentes et appuis passionnés. Cette controverse a pris d'assaut les réseaux sociaux.

Dimanche après-midi, on en était à un million de partages sur Facebook et près d'une centaine de milliers de visionnements sur YouTube. C'est moins que ce que peuvent susciter les frasques de Kim Kardashian, mais la vidéo n'est en ligne que depuis 72 heures.

Ce qui est surprenant, c'est que ce discours d'environ huit minutes a été prononcé il y a un an, mais le centre qui organisait l'événement auquel prenait part Stan Grant ne l'a rendu public que vendredi.

Stan Grant, que certains qualifient déjà de «Martin Luther King australien», décrit avec beaucoup d'aplomb l'impact de la colonisation et les effets de la discrimination envers les aborigènes en Australie, pays qui avait le rêve d'être rassembleur lors de sa création en 1901.

Quand il évoque l'espérance de vie plus courte des aborigènes, leur forte représentation dans les prisons et les tentatives d'extermination dont ils ont été victimes, on ne peut évidemment que penser à la situation des autochtones au Canada.

J'ai donc tenté d'imaginer la réaction ici devant un tel discours. Des exemples me sont vite apparus en lisant des commentaires sur des sites de médias québécois. Ces commentaires accompagnaient les propos de la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, qui a qualifié de «tragédie nationale» la situation des femmes autochtones et le racisme dont elles sont victimes. Les propos de certains citoyens sont désolants... On a du chemin à faire. Et des Stan Grant à écouter.

Des Oscars et des niaiseries

La semaine dernière, dans ma chronique sur le boycottage de la soirée des Oscars par certaines célébrités qui protestent contre l'absence d'acteurs noirs parmi les finalistes, je disais souhaiter un gala qui allait réveiller l'opinion publique sur ce problème.

Mais je n'ai pas dit que je désirais entendre des niaiseries à ce sujet. Malheureusement, j'en ai entendu. D'abord Charlotte Rampling qui a parlé de racisme anti-blanc, rien de moins. Des conseillers en relations publiques lui ont rapidement suggéré de publier un communiqué d'excuses, ce qu'elle a fait au cours du week-end.

L'actrice et réalisatrice française Julie Delpy n'a pu s'empêcher non plus d'ajouter son grain de sel, mais cette fois sur la difficulté d'être une femme dans cette industrie. «Parfois je me dis que j'aimerais mieux être une Afro-Américaine», a-t-elle dit. Euh!!! Julie Delpy est vraiment déconnectée de la réalité et connaît mal le racisme que vivent les Noirs aux États-Unis.

Quant à Michael Caine, du haut de sa superbe, il a déclaré: «Soyez patients. Cela viendra. Cela m'a pris des années pour avoir un Oscar.» En d'autres mots, ne faites rien et prenez votre trou.

À la suite de l'annonce du boycottage, l'Académie des Oscars a annoncé des changements pour augmenter les chances des acteurs noirs et des femmes de mettre la main sur une statuette.

Autre grand changement, les membres de l'Académie n'auront le droit de vote que pour 10 ans. Précisons que les trois quarts d'entre eux sont des hommes âgés. Je m'arrête ici, car on pourrait m'accuser d'âgisme... Je laisse plutôt la parole à la blogueuse Crystal Wright, qui a répliqué hier à Charlotte Rampling en écrivant: «Qu'est-ce qui est vieux, blanc et a des testicules? Non, ce n'est pas le père Noël ni le Parti républicain. C'est Hollywood!»

Marc Brunet est le scénariste derrière le succès... (PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE) - image 2.0

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Marc Brunet est le scénariste derrière le succès de la série Like-moi

PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE

Je like Marc Brunet

Je suis un fan de l'émission Like-moi. C'est la plus belle surprise de la rentrée hivernale à la télévision québécoise. L'univers des réseaux sociaux combiné aux valeurs de la génération Y est un merveilleux filon. Bravo à l'équipe de création de s'en être emparé!

Celui qui est à la tête de ce projet est l'auteur Marc Brunet, l'homme qui évolue depuis des années dans l'ombre de Marc Labrèche. Cet auteur est bourré de talent. Il est passé maître dans l'art d'offrir des textes absurdes qui s'inspirent de choses banales. 

En compagnie d'extraordinaires jeunes comédiens (de nouveaux visages, enfin!), Brunet signe des textes drôles à souhait qui reposent très souvent sur le non-dit et des situations dramaturgiques.

J'ai eu quelques discussions avec des amis récemment au sujet de ce type d'écriture. Plusieurs trouvent qu'il est facile de faire ça. Je ne suis pas d'accord. La démarche de Marc Brunet représente au contraire tout un défi. Ce n'est pas parce qu'il y a moins de mots que ce n'est pas de l'écriture.

Outre ce talent, la grande qualité de Marc Brunet est d'être totalement branché sur son époque. Pour avoir créé l'hilarant personnage de Gaby Gravel, une youtubeuse et dictatrice ratée de la beauté, il faut en effet bien connaître le monde dans lequel on vit.

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