CIBL veut vivre

Une grande campagne de sociofinancement pour assurer l'avenir... (Photo Olivier PontBriand, Archives La Presse)

Agrandir

Une grande campagne de sociofinancement pour assurer l'avenir de CIBL sera lancée le 17 mai.

Photo Olivier PontBriand, Archives La Presse

Mario Girard
La Presse

La dernière fois que je vous ai parlé de CIBL, c'était en janvier dernier. Cette radio communautaire de Montréal fondée à la fin des années 70 n'allait pas fort. Après plusieurs remaniements et un grand ménage dans le personnel, la fréquence du 101,5, qui possède sans doute le plus bel écrin de Montréal - la station est située dans l'édifice du 2-22, à l'angle de la rue Sainte-Catherine et du boulevard Saint-Laurent -, était devenue une coquille vide.

Claude Rajotte sera au micro de CIBL les mercredis,... (PHOTO HUGO-SéBASTIEN AUBERT, archives LA PRESSE) - image 1.0

Agrandir

Claude Rajotte sera au micro de CIBL les mercredis, de 23 h à 1 h.

PHOTO HUGO-SéBASTIEN AUBERT, archives LA PRESSE

Je m'étais alors entretenu avec celui qui était le président du conseil d'administration, Thierry Holdrinet. Il m'avait demandé de lui laisser deux ou trois mois avant de reprendre des nouvelles de CIBL. J'ai attendu. Holdrinet n'est plus là. C'est Jeanne Doré qui a pris la présidence. Cinq nouveaux membres se sont greffés au conseil, qui en compte treize au total. Parmi ceux-ci, le journaliste Jean-Philippe Cipriani et le cofondateur de Juripop, Julien David-Pelletier. Bref, les choses bougent. Et sérieusement, en plus.

« C'est fou ce que l'on vit en ce moment, m'a dit Julien David-Pelletier. On assiste à un grand élan de solidarité. »

Un comité de programmation a été formé. On retrouve parmi ces grands passionnés de musique mon collègue Alain Brunet. Il est entouré de Julien Poirier-Malo, Philippe Laramée, Jason Paré, Lucille L'Hermitte, Sladgy Jean-Baptiste, Chloé Sondervorst, François Boutin et Émilie Morneau.

Tout ce beau monde travaille très fort à redonner à CIBL sa vocation de radio indépendante qui sait braquer les projecteurs sur les musiques qui ont parfois du mal à se trouver un perchoir.

Ces gens travaillent comme des pros. Une grille a été établie. En semaine, le jour, nous aurons droit à de la musique francophone. Les débuts de soirée seront consacrés au hip-hop et au R&B, alors que le rock s'installera à partir de 21 h. À 23 h, les amateurs d'électro seront comblés. Je suis le premier à avoir hâte de découvrir ceux qui défileront au micro de ce créneau.

Déjà, un nom est confirmé. Le légendaire Claude Rajotte fait un retour à la radio sur CIBL. On pourra l'entendre les mercredis, de 23 h à 1 h (ou éventuellement en balado). Ses fans seront sans doute très heureux de retrouver ce vieux routier qui n'a rien perdu de sa pertinence.

Les nuits donneront toute la place aux musiques improvisées, électroacoustiques et de type ambient. Le samedi sera doté d'une dominante world, alors que le dimanche fera la part belle à la musique classique et au jazz.

Bref, il y en aura pour tous les goûts. Mais attention, pas question ici de créer une programmation fourre-tout où l'on passe illico de la musique western au disco des années 70. On vise une cohérence, un son, une marque.

Pendant ce temps, une grande campagne de sociofinancement se prépare. Elle prendra son envol le 17 mai par une soirée spéciale qui se déroulera à la Maison du développement durable. La Soirée Haut-parleur(e)s donnera la parole à Jean-Martin Aussant, Catherine Ethier, Félix Gravel, Aurélie Lanctôt et Ianik Marcil, qui s'exprimeront sur l'importance des projets communautaires dans nos sociétés.

La campagne va se poursuivre par la diffusion de capsules vidéo enregistrées par des personnalités qui vont inviter la population à être généreuse. Le directeur musical de l'Orchestre symphonique de Montréal, Kent Nagano, fait partie de la liste.

Cette campagne culminera par un grand radiothon qui aura lieu le 16 juin. Jacques Primeau, l'un des cofondateurs de CIBL, mettra à profit son expérience et sa notoriété afin de promouvoir cet évènement.

Ça fait deux ans que je suis de près les déboires de CIBL. Mais j'avoue que pour la première fois, je sens qu'une structure solide est en train de s'établir. 

« On travaille sur un champ de ruines, m'a dit Alain Brunet. Mais en même temps, c'est très excitant. »

Déjà, vous pouvez entendre la prémisse du nouveau son de CIBL. Mais on me dit qu'il faudra attendre environ six mois avant de vraiment juger du résultat.

À l'heure où les grands médias québécois font face à des défis de taille, CIBL relève le sien à sa façon. On croyait cette radio morte, voilà qu'elle se ressaisit. CIBL veut vivre. Comme quoi, tant qu'il y a du son, il y a de la vie.




la boite:1600127:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

la boite:2525685:box

Autres contenus populaires

la boite:219:box
image title
Fermer