La déclaration d'amour de Paris à Yannick Nézet-Séguin

La Philharmonie de Paris, où l'Orchestre métropolitain offre... (photo François Goupil, fournie par l'orchestre métropolitain)

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La Philharmonie de Paris, où l'Orchestre métropolitain offre deux concerts ce week-end

photo François Goupil, fournie par l'orchestre métropolitain

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Mario Girard
La Presse

Était-ce le temps gris et froid ? Était-ce ce souvenir encore frais de l'extrême gentillesse et de la joie de vivre des habitants d'Amsterdam, Rotterdam et Hambourg qui m'habitait encore ? Toujours est-il que Paris m'est apparu terriblement déprimant. Et déprimé. J'ai trouvé la ville désordonnée et crasseuse. On dirait que tout se détériore et se perd.

C'est donc après une longue balade tristounette que je me suis rendu à la Philharmonie pour y entendre l'Orchestre métropolitain de Montréal et son chef, Yannick Nézet-Séguin. Heureusement, ce que j'ai vécu là m'a offert tout le contraire de ce que je venais de voir.

La tournée européenne amorcée dimanche dernier par la formation connaît son point culminant avec la présentation ce week-end de deux concerts dans la grande salle Pierre-Boulez, qui a rapidement su se bâtir une solide réputation à l'échelle internationale.

Après Dortmund, Cologne, Amsterdam, Rotterdam et Hambourg, bien sûr que Paris représentait un défi pour l'OM et qu'un stress venait avec cela. Mais malgré la fatigue grandissante et ce stress, les musiciens et leur chef ont offert sans doute la meilleure performance de leur tournée. Le public l'a bien senti et a manifesté son exaltation en n'exigeant pas une, mais deux pièces en rappel à la fin du concert.

Les programmes offerts à Paris diffèrent de ceux offerts dans les autres villes. Ainsi, en première partie, on a pu entendre le Concerto pour violoncelle d'Elgar (Stéphane Tétreault) et le Concerto pour la main gauche de Ravel (Alexandre Tharaud). Les deux solistes ont pu jouir de l'incroyable acoustique de la salle pour mettre en valeur leur interprétation hautement réussie. Les applaudissements nourris du public étaient fort mérités.

Mais disons-le, le test ultime de ce concert était La mer de Debussy. Plus tôt cette semaine, Yannick Nézet-Séguin avait qualifié de « casse-gueule » la présentation de cette oeuvre à Amsterdam. Imaginez à Paris ! Debussy appartient aux Français. Ne s'attaque pas à cette icône française qui veut.

L'oeuvre fut offerte avec une telle grandeur d'âme de la part des musiciens (l'orchestre s'est surpassé) et du chef (tellement en communion qu'il a dirigé cette oeuvre pour la première fois de la semaine sans partition) que le public parisien a été littéralement subjugué. C'est là qu'il a saisi la force de l'union qui existe entre l'orchestre et son chef. Ce type de mariage est rare de nos jours.

Je pensais être allé au bout de mes émotions avec cette tournée. Il faudra attendre de mettre le pied dans l'avion qui nous ramènera à Montréal pour m'en assurer.

MONDANITÉS ET CANAPÉS

Les deux concerts de l'OM à Paris sont présentés dans le cadre d'un week-end appelé Montréal à Paris. Pour l'occasion, le parc de la Villette est éclairé en bleu. Avant le concert d'hier soir, un cocktail a été organisé par la Délégation générale du Québec à Paris. Line Beauchamp, déléguée générale, avait convié la ministre des Relations internationales et de la Francophonie, Christine St-Pierre. Dans son discours, cette dernière a salué l'ex-premier ministre Jean Charest dont la présence à cet évènement était plutôt surprenante. Parmi les invités, j'ai également vu Élaine Ayotte, ambassadrice du Canada auprès de l'UNESCO.

LA MUSIQUE AVANT TOUT

Une tournée est faite de mille et une choses, notamment d'accidents et de blessures. Et une blessure, même si elle est petite, peut avoir une grande importance pour un musicien. La malchance est tombée sur la violoniste Monique Lagacé, qui, juste avant le concert de Rotterdam, s'est fracturé un pied. Elle a pu (vive la glace !) participer au concert de jeudi. Mais comme on lui a fait un plâtre durant la nuit, elle n'a pu prendre part à celui de vendredi à Hambourg.

Il y a aussi Carmelle Préfontaine, contrebasson solo, qui a dû, elle aussi, aller voir le médecin qui accompagne l'orchestre. Elle s'est blessée à deux doigts. Or, les doigts, c'est ce qu'il y a de plus précieux pour un musicien.

Hier soir à Paris, Monique Lagacé a recouvert son plâtre d'une chaussette noire afin d'honorer les vêtements dessinés par Marie Saint Pierre (également présente à Paris) et a pu participer au concert. Même chose pour Carmelle Préfontaine, qui a assuré sa présence.

Comme a déjà dit Bob Marley : « La musique, lorsqu'elle vous touche, fait en sorte que vous ne ressentez plus de douleur. » C'est vrai pour le public. Et pour les musiciens.




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