Le jeu dangereux des super mariages

La séparation du couple Snyder-Péladeau, six mois après son union hautement... (PHOTO PASCAL RATTHÉ, ARCHIVES LE SOLEIL)

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Mario Girard
La Presse

La séparation du couple Snyder-Péladeau, six mois après son union hautement médiatisée, nous amène à réfléchir à l'effet pervers des mariages-spectacles. Le jeu des stars qui consiste à s'offrir aux magazines «people» dans le faste et le rutilant est un jeu dangereux.

Ces événements conçus pour la une glacée des magazines est certes payant pour le couple, à commencer par l'énorme publicité que cela rapporte. Mais lorsque survient une séparation, il n'y a pas que les conjoints qui sont blessés et déchirés. Le public aussi est touché. Il vit une sorte de désillusion, de déception.

Ces mariages célébrés en grande pompe font rêver, ils véhiculent l'image du conte de fées, ils placent haut la barre. Le public raffole de ça. On veut imiter ses idoles. On veut avoir son mariage «people». On veut avoir la robe que portait Angelina Jolie, on veut la même bague que George Clooney, on veut le bouquet qu'avait Kate Middleton.

Jetez un coup d'oeil à la une des magazines à potins, les People, Closer, In Touch, Gala, Point de vue, Hello, Sept jours, Allo Vedettes, Riches & célèbres et tant d'autres: une couverture sur deux est consacrée à un mariage de vedettes.

Ces cérémonies de mariage sont devenues un gros show servant à mettre de l'avant des protagonistes débordant de bonheur, mais qui contribuent souvent à véhiculer une image fausse et tape-à-l'oeil du bonheur.

Ce qui est étonnant, c'est que, tout en dévorant ces histoires, on se marie de moins en moins. Depuis quelques années au Québec, le nombre de mariages varie entre 21 000 et 23 000 par an.

Pourtant, ces mariages célébrés en grande pompe continuent de susciter bien des fantasmes et de nourrir notre insatiable curiosité.

J'entends déjà certaines personnes dire que tout cela est la faute aux médias. Les mariages dont je vous parle sont conçus pour les médias. Quand un couple de célébrités désire se marier à l'ombre des médias (et cela est également fréquent), il peut y arriver.

Le danger avec les super mariages, c'est qu'en leur donnant une force de frappe, on en donne également une à la séparation qui peut survenir.

On ne connaît pas exactement les causes de la séparation du couple Snyder-Péladeau, mais on peut facilement comprendre qu'à la batterie de sentiments qu'ils éprouvent en ce moment s'ajoute l'énorme gêne d'avoir flanqué au visage de milliers de Québécois la célébration de leur mariage.

Avec ses 400 invités (dont plusieurs députés du Parti québécois et du Bloc québécois), sa cérémonie à la chapelle du Musée de l'Amérique francophone et sa réception dans la cour intérieure du Petit Séminaire de Québec, le mariage de PKP et Julie Snyder fut un gros événement.

Souvenez-vous du tapage dans les semaines qui ont précédé, des détails qu'on laissait filtrer au compte-gouttes, de la voiture électrique et du vélo sur lesquels Julie et PKP sont arrivés. Souvenez-vous aussi des suppositions sur les motifs de cet événement.

On s'était beaucoup demandé si ce mariage n'était pas un événement politique. Interviewé par Radio-Canada quelques jours avant «le mariage de l'année», le spécialiste de l'image et du marketing politique, Victor Henriquez, avait déclaré que la présence de Julie Snyder pouvait «aider à mobiliser les forces souverainistes». Il ajoutait que l'animatrice et productrice vedette venait «humaniser» Pierre Karl Péladeau et que ça le rendait «plus people, plus accessible, plus grand public».

On verra maintenant comment le politicien sortira de cet échec, lui qui brave en ce moment une tempête avec certains médias. On verra aussi comment Julie reprendra le contrôle de sa vie professionnelle. D'ici là, souhaitons-leur de trouver un peu de zénitude pour régler cette séparation que personne n'a vue venir.

À l'émission de fin d'année d'Infoman, Pierre Karl Péladeau répondait aux questions de Jean-René Dufort. Quand celui-ci a demandé au chef du PQ s'il avait peur des chicanes de son parti, il avait répondu: «Je suis habitué à la maison.» On ne comprenait pas ce qu'il voulait dire à ce moment-là. On le comprend mieux aujourd'hui.

Cinq mariages qui n'ont pas duré

Zsa Zsa Gabor et Felipe de Alba (1 jour)

Britney Spears et Jason Alexander (55 heures)

Kim Kardashian et Kris Humphries (72 jours)

Pamela Anderson et Kid Rock (5 mois)

Jennifer Lopez et Cris Judd (16 mois)

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