Art, papier, argent

Papier, qui commence ce soir dans le Vieux-Port,... (Photo fournie par l'Association des galeries d'art contemporain)

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Papier, qui commence ce soir dans le Vieux-Port, est une foire annuelle d'art contemporain, où des galeries de tout le Canada viennent présenter des oeuvres en matières plus coûteuses. Un exercice qui permet aux futurs collectionneurs d'aller y chercher de premières oeuvres souvent plus abordables.

Photo fournie par l'Association des galeries d'art contemporain

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Montréal n'est pas Bâle, Miami, Londres ou New York, où des foires d'art contemporain appelées Art Basel, Frieze, NADA, Armory ou Pulse se succèdent et attirent autant les portefeuilles bien garnis de grands collectionneurs internationaux que les amateurs de belles fêtes.

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Papier, qui commence ce soir dans le Vieux-Port, est une foire annuelle d'art contemporain, où des galeries de tout le Canada viennent présenter des oeuvres en matières plus coûteuses. Un exercice qui permet aux futurs collectionneurs d’aller y chercher de premières œuvres souvent plus abordables.

Photo fournie par l'Association des galeries d'art contemporain

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Papier, qui commence ce soir dans le Vieux-Port, est une foire annuelle d'art contemporain, où des galeries de tout le Canada viennent présenter des oeuvres en matières plus coûteuses. Un exercice qui permet aux futurs collectionneurs d’aller y chercher de premières œuvres souvent plus abordables.

Photo fournie par l'Association des galeries d'art contemporain

À Montréal, toutefois, il y a une foire pas mal plus petite mais fort intéressante, qui s'appelle Papier et qui commence ce soir dans le Vieux-Port, où les galeries ne présentent que des oeuvres en et sur ce médium éponyme. L'exercice est intéressant et permet aux futurs collectionneurs d'aller y chercher de premières oeuvres souvent plus abordables que des peintures ou des sculptures en matières plus coûteuses. Papier est un événement porte d'entrée. Et un événement en pleine croissance.

Non seulement il y a quatre fois plus de galeries qu'au départ, il y a neuf ans, mais en plus, les ventes effectuées augmentent solidement d'année en année. L'an dernier, les ventes d'oeuvres d'art ont totalisé 1 million, contre 850 000 $ l'année d'avant, ce qui représentait déjà une hausse de 21 % par rapport à l'année précédente.

Bref, les Montréalais achètent de l'art. Et 50 % des clients de l'an dernier étaient de nouveaux clients, explique Christine Blais, directrice de l'Association des galeries d'art contemporain, qui chapeaute le tout. Donc le marché évolue, s'élargit, va chercher de nouveaux acteurs...

Alors peut-on y faire de bons investissements ?

Sûrement, mais les spécialistes de l'art consultés sont unanimes. « Ne parlons pas d'argent en premier. »

Oui, l'art est une forme d'investissement, comme le vin ou l'immobilier.

« Mais c'est d'abord et avant tout une affaire de culture, il y a un côté spirituel important », explique François Rochon, président de Giverny Capital, entreprise de gestion de portefeuilles, et grand collectionneur, qui se réjouit d'observer l'arrivée dans le marché de plus en plus de jeunes partageant sa passion.

Il est évident, dit-il, que c'est réjouissant de savoir qu'une des oeuvres du peintre Marc Séguin payée 2500 $ en 2001 vaut probablement quatre fois ce prix aujourd'hui.

Mais la vraie valeur de l'oeuvre, dit-il, c'est ce qu'elle apporte humainement, c'est son message, son sens, sa vraie richesse. « Elle est là, la vraie récompense. »

En outre, la collection a aussi un rôle dans le rayonnement de l'entreprise. C'est devenu une porte d'entrée pour la marque, une caractéristique de l'expérience dans cette société du Vieux-Montréal où les oeuvres sont partout.

« Un bureau avec des murs blancs, on dirait soit que ça ne va pas super bien, soit qu'ils [ les occupants ] sont sur le point de déménager », ajoute en riant Anne-Marie Crépin, propriétaire de la galerie Division. « Et maintenant, les gens s'attendent, quand ils vont chez leurs amis, à voir chez eux des oeuvres d'art qui disent quelque chose sur leur compréhension du monde et de la vie. »

C'est pour cela, croit-elle, que la clientèle de la galerie grandit de plus en plus avec de jeunes professionnels, dont certains, dit-elle, sont devenus de vrais « accros » à l'art. « C'est une vague de fond poussée depuis 10 ans », confirme Dominique Toutant, directeur de Division. « Il y a d'abord eu la "génération Taillefer", et maintenant, il y en a une nouvelle encore, des jeunes qui comprennent l'art actuel instantanément. Et qui ont envie de ça. » Des rentiers, des jeunes du monde de la finance, et aussi des entrepreneurs ou de jeunes professionnels qui n'hésitent pas à acheter à crédit et à financer leurs achats sur quelques mois.

***

Paradoxalement, ne demandez surtout pas à Jo-Ann Kane, qui gère la collection d'oeuvres d'art de la Banque Nationale, de parler d'argent !

La banque, évidemment, n'est pas du genre à jeter l'argent par les fenêtres, mais c'est justement pour cela que l'institution s'intéresse d'abord et avant tout aux oeuvres qui ont un sens historique. Modes, buzz et autres frénésies n'ont aucune place quand vient le temps d'acheter. « C'est la démarche de l'artiste qui est importante, dit-elle. Comment cette oeuvre ponctue l'histoire de l'art. »

La Banque a ainsi acheté plusieurs oeuvres qui ont pris de la valeur. Elle pense à une sculpture de Valérie Blass, une autre de David Armstrong Six ou de Ian Wallace.

Comment faire pour savoir où et comment investir ?

Pour Anne-Marie Crépin, il y a une règle simple : si le budget que l'on veut consacrer à une oeuvre est supérieur à celui que l'on consacrerait à un meuble dans la maison, alors il faut consulter, demander de l'aide.

« Il faut, par exemple, analyser le travail de l'artiste avec son CV. Le lire comme si c'était des états financiers. Où a-t-elle exposé, où a-t-elle étudié, qui a ses oeuvres dans des collections ? Des musées ? De grandes collections corporatives ? »

- Anne-Marie Crépin,propriétaire de la galerie Division

Il y a des artistes très populaires, dont les oeuvres se vendent à fort prix, dont on pourrait croire qu'ils représentent un bon investissement, mais ce n'est pas nécessairement le cas. « Exposer à New York, ce n'est pas une garantie de la qualité du travail », dit Jo-Ann Kane. « Encore faut-il savoir dans quel type de galerie. »

« Demandez à n'importe quel musée s'ils ont tel ou tel artiste très populaire dans leurs collections ou s'ils en voudraient. S'ils disent non, vous l'avez, la réponse », ajoute Mme Crépin.

Jo-Ann Kane a souvent vu des gens bien intentionnés aller dans des galeries commerciales où on leur a vendu à fort prix des oeuvres ensuite impossibles à revendre parce que ce ne sont pas des oeuvres valables.

« Les gens font de longues recherches fouillées avant d'acheter un frigo ou une auto. Avec l'art, il faut apprendre à faire la même chose. »

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