Kim Nguyen à la Quinzaine des réalisateurs

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Le réalisateur québécois Kim Nguyen sera pour la première fois de la Quinzaine des réalisateurs, a appris notre chroniqueur.

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Kim Nguyen s'en va à Cannes. Le cinéaste québécois présentera son premier long métrage en anglais, Two Lovers and a Bear, à la Quinzaine des réalisateurs le mois prochain.

Il s'agit de la première sélection du cinéaste de Rebelle à Cannes, dans la prestigieuse section parallèle qui a notamment accueilli depuis 10 ans ses confrères Philippe Falardeau, Xavier Dolan, Denis Côté, Denis Villeneuve et Stéphane Lafleur - et où a été lancé Le déclin de l'empire américain de Denys Arcand il y a 30 ans.

Tourné en partie à Iqaluit le printemps dernier, Two Lovers and a Bear a pour têtes d'affiche Tatiana Maslany (de la série télé canadienne Orphan Black), Dane DeHaan (Life d'Anton Corbijn) ainsi qu'un ours polaire domestiqué de Vancouver qui n'a pu faire le voyage jusqu'au Nunavut et a eu froid à Timmins, en Ontario, où a eu lieu le reste du tournage. On n'a plus les ours polaires qu'on avait...

Décrite comme une histoire d'amour entre deux âmes brisées qui affrontent les éléments de la nature, leur passé et leurs démons intérieurs, Two Lovers and a Bear s'inspire des anecdotes sur le Grand Nord du fondateur de l'entreprise de vêtements Kanuk, Louis Grenier. Il s'agit d'un projet doté d'un budget d'environ 9 millions que le producteur Roger Frappier, de Max Films, traîne dans ses cartons depuis une dizaine d'années et qui avait jadis été proposé à Denis Villeneuve et Jean-Philippe Duval.

Le précédent long métrage de fiction de Kim Nguyen, Rebelle, avait valu le prix d'interprétation du Festival de Berlin à Rachel Mwanza, en 2012. Ce film poignant sur le drame des enfants-soldats africains a également été finaliste à l'Oscar du meilleur film en langue étrangère en 2013. Depuis, le cinéaste du Marais et de Truffe a réalisé un documentaire sur l'odorat, le bien nommé Le nez, tourné dans cinq pays.

Pas de très étonnant revirement...

La nouvelle de la sélection du film de Nguyen a été confirmée mardi matin, à l'occasion de la conférence de presse de la Quinzaine des réalisateurs, au Forum des Halles de Paris. Il n'y a pas eu de très étonnant revirement de dernière minute...

Les équipes des films sélectionnés dans les plus prestigieux festivals sont tenues au plus grand secret, sous peine de voir leurs oeuvres être «déprogrammées». C'est pour cette raison que les informations filtrent rarement dans les médias. Xavier Dolan savait depuis plusieurs semaines que son nouveau film, Juste la fin du monde, avait été sélectionné en compétition officielle à Cannes. Il s'est bien gardé d'en parler, et on le comprend.

Les jeux de coulisses, les négociations, les sélections et les refus de dernière minute, comme la menace d'une invitation retirée si une sélection est ébruitée avant son dévoilement officiel, font partie de la mécanique, pour ne pas dire de la légende des grands festivals de films.

(Même si, en près de 20 ans de couverture du milieu du cinéma, je n'ai jamais vu un festival mettre ce genre de menace à exécution; le dernier Sean Penn, annoncé à Cannes il y a un mois par la presse spécialisée, est bel et bien de la compétition.)

Il reste que les primeurs font et défont les réputations des événements cinématographiques. Il n'y a pas à chercher plus loin la raison pour laquelle le Festival des films du monde ne compte plus comme avant sur l'échiquier mondial. Le Festival de Cannes a beau être le plus important événement en son genre, il n'a pas le loisir de se reposer sur ses lauriers. Il cherche comme les autres à obtenir les meilleurs films et les films les plus attendus de l'année, avant les autres.

Il semble en revanche être devenu de plus en plus difficile pour Cannes d'attirer certaines primeurs américaines, ultimement destinées à la soirée des Oscars. Le traitement sans complaisance réservé par la presse étrangère aux films en sélection officielle, peu importe leur origine, a laissé plus d'un studio américain sceptique quant à l'intérêt d'aller se faire voir sur la Croisette. Il n'y a qu'à penser au fiasco l'an dernier de Sea of Trees de Gus Van Sant, assassiné par la presse (tout comme sa carrière en salle).

À Cannes, on ne se gêne pas pour huer un film en pleine projection. Un mauvais buzz est vite arrivé.

C'est sans doute l'une des raisons qui expliquent que le nouveau Oliver Stone, Snowden (sur le jeune Edward du même nom), ne sera pas présenté à Cannes, malgré l'intérêt et les bons mots du délégué général du Festival, Thierry Frémaux.

Le film, pressenti en sélection officielle, ne s'y retrouve pas pour des raisons de stratégie de mise en marché. Oliver Stone est loin d'être un chouchou de la critique, surtout depuis 20 ans. Parions que son film sera plutôt de la sélection du Festival de Toronto en septembre, où il sera projeté devant un public de soirée de gala qui ne se permettrait pas de le chahuter.

Alors que plusieurs studios américains rechignent à envoyer leurs films à Cannes, particulièrement en compétition où l'attention médiatique est un couteau à double tranchant, les studios français se bousculent aux portes du Palais des Festivals. La presse française, omniprésente et particulièrement chatouilleuse de la présence hexagonale en compétition, est à l'affût du prochain coup de coeur local (et en contrepartie, du moindre couac).

Pas droit à l'erreur

En ce qui concerne «son» cinéma, scruté à la loupe par «ses» médias, le plus prestigieux des rendez-vous cinématographiques n'a pas droit à l'erreur. L'an dernier, grâce à des films aussi célébrés que Mustang de Deniz Gamze Ergüven (candidat français à l'Oscar du meilleur film étranger), Fatima de Philippe Faucon (lauréat du César du meilleur film) et Trois souvenirs de ma jeunesse d'Arnaud Desplechin (le favori de la critique française), la Quinzaine des réalisateurs n'a rien eu à envier à la compétition officielle en cette matière.

Hormis une rare Palme d'or française - l'excellent Dheepan de Jacques Audiard - et l'émouvant La loi du marché de Stéphane Brizé (bientôt à l'affiche au Québec), les sélectionneurs de la compétition ont misé en 2015 sur les films très moyens de Maïwenn, Valérie Donzelli et Guillaume Nicloux. Comme quoi, même à Cannes, et malgré 1869 longs métrages soumis en sélection officielle cette année, on peut toujours se tromper.

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