Blanc bonnet, bonnet blanc

Ce deuxième épisode de la nouvelle série d'aventures... (Photo: fournie par Columbia/Sony)

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Ce deuxième épisode de la nouvelle série d'aventures de Spider-Man est le cinquième film de la franchise en moins de 12 ans.

Photo: fournie par Columbia/Sony

On dit blanc bonnet, bonnet blanc. Du pareil au même. Encore un film de superhéros, qui est en fait la suite d'un autre film de superhéros, inspiré par une précédente série de films de superhéros. Et la roue de tourner.

Le Bien contre le Mal. Un homme en justaucorps qui se fait justice lui-même, sans plus de formalités, dans un feu d'artifice d'effets spéciaux. Des villes entières détruites pendant des duels qui n'en finissent plus. De la violence, encore de la violence, en veux-tu, en voilà de la violence. Et deux ou trois blagues pour détendre l'atmosphère, car il ne faudrait pas l'oublier, c'est juste de la bande dessinée.

Bienvenue dans le merveilleux monde des superhéros, récupéré en partie par Disney (détenteur des droits de Marvel Comics), qui pollue en version CGI (imagerie par ordinateur) le paysage cinématographique mondial depuis une bonne quinzaine d'années. Iron Man, Superman, Batman, Thor, Wolverine: on les vend à la douzaine, comme des boules de Noël. Étincelantes, vivement colorées, et bien vides à l'intérieur.

À l'image de ce deuxième épisode de la nouvelle série d'aventures de Spider-Man - cinquième du genre en moins de 12 ans! -, un croisement improbable entre le film de superhéros transgénique et la bluette sentimentale pour public adolescent. Spider-Man 2, c'est un mariage forcé entre Felicity et L'incroyable Hulk, version Lou Ferrigno (oui, ces références télévisuelles trahissent mon âge).

Sam Raimi avait déjà ressuscité le personnage de Spider-Man pour le grand écran il y a à peine dix ans, en trois volets successifs. Avait-on besoin d'en rajouter? Réponse courte: non. Mais bon, le recyclage ne connaît pas de limites, à Hollywood, quand il y a quelques centaines de millions de dollars à en tirer...

Je m'en confesserai de nouveau: les films de superhéros me passent plusieurs mètres au-dessus de la tête. Même si je sais reconnaître la valeur cinématographique de certaines oeuvres, comme la série de Dark Knight de Christopher Nolan.

En comparaison, les dernières péripéties de Peter Parker, signées Marc Webb (ça ne s'invente pas), manquent cruellement d'originalité. Autant dans le traitement des amourettes de cet homme-araignée que dans le feu de l'action de ses combats redondants. On ne doute pas un seul instant que le bon va l'emporter sur le méchant. Et quand les choses risquent de mal tourner, on nous en informe bien à l'avance.

Un peu d'humour salvateur, de l'action à ne plus savoir quoi en faire, on reconnaît la formule habituelle. Ce «divertissement» qui s'apparente davantage à un jeu vidéo engrangera bien entendu des centaines de millions de dollars au box-office. Pour le reste, on a droit à la ration habituelle de calories vides, servies de manière interminable (le film dure 2h22).

Ce deuxième Spider-Man deuxième mouture (je sais, c'est compliqué) est moins drôle que le plus récent Iron Man, aussi violent que le dernier Superman, avec en toile de fond la même ville (New York), qui en prend de nouveau pour son rhume dans un derby de démolition de gratte-ciel.

Peter Parker (Andrew Garfield), fraîchement diplômé du secondaire, est un post-adolescent typique - t-shirt de Thrasher Magazine, affiche des Ramones dans sa chambre -, quand il ne se promène pas en ville en costume de Spandex (qu'il a toutes les misères du monde à enlever). Sa vie sentimentale est de son propre aveu «compliquée», avec la charmante Gwen Stacy (Emma Stone).

La vie d'homme-araignée étant ce qu'elle est, on ne peut vivre une peine d'amour tranquille dans son coin. Il faut aussi sauver l'humanité des griffes de quantité de méchants. Le jeune Spidey fera donc des efforts surhumains - c'est le cas de le dire - pour épargner à un enfant une égratignure ou empêcher un scientifique lunatique (Jamie Foxx, qui semble s'être égaré du plateau de tournage de The Soloist) d'être écrasé par une voiture.

Qu'importent toutes les victimes invisibles d'explosions d'édifices et de poursuites en voiture rocambolesques. La vie humaine a une valeur toute relative dans les films de superhéros. Ce n'est pas pour rien qu'ils mettent constamment en scène des foules assistant à des duels ultra-violents, cette fois en direct de Times Square, comme devant un combat de Georges St-Pierre en UFC, sans s'inquiéter de leur sécurité.

On se frappe de plus en plus fort, on s'assomme de part et d'autre et on réussit à sauver à peu près tout le monde, in extremis, à la toute dernière seconde. C'est la norme. Si bien qu'on en vient à penser que tous ces films, ainsi que leurs superhéros, sont interchangeables. Un produit générique épousant un mode d'emploi codifié.

Même les méchants semblent tous les mêmes. Electro (Jamie Foxx, encore lui, transformé en bougie d'allumage) lance des décharges électriques du bout de ses doigts, le visage bleuté et cadavérique, comme un certain empereur à la fin du Retour du Jedi.

On ne réinvente pas la roue. Quand Spider-Man réussit à éviter une salve de mitraillette au ralenti, on pense à The Matrix. Et on se dit que malgré toute l'évolution dont se targue le cinéma en 3D, la technologie n'est pas encore au point. J'ai eu le tournis dès les 30 premières secondes de ce film tonitruant et survolté, qui n'en finit plus de changer d'angle de caméra (sans doute pour nous faire «ressentir» ces poursuites et combats chorégraphiés par ordinateur).

Au final, inutile de se demander s'il y aura une suite à cet épisode médiocre, tellement tout a été mis en place (ou laissé en plan) afin d'assurer que la franchise continue de faire résonner les tiroirs-caisses, pour des années à venir, grâce aux volets 3, 4 et plus si affinités. Gros soupir.




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