Un prix pour Sébastien Pilote

Sébastien Pilote a remporté le Prix de la... (Photo: Lucas Rupnik)

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Sébastien Pilote a remporté le Prix de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD) de la Semaine de la critique, récompensant le meilleur auteur, pour son deuxième long métrage, Le démantèlement.

Photo: Lucas Rupnik

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(Cannes) Les bonnes nouvelles s'accumulent pour Sébastien Pilote. Le cinéaste québécois a remporté hier soir, grâce à son deuxième long métrage Le démantèlement, le Prix de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD) de la Semaine de la critique, récompensant le meilleur auteur.

Le Prix de la SACD, doté d'une bourse de 4000 euros (5300$), est l'une des trois récompenses (réalisateur, auteur, révélation) remises à un long métrage dans le cadre de la 52e Semaine de la critique, l'une des deux sections parallèles du Festival de Cannes. La SACD décerne également un prix au meilleur scénario d'un film francophone à la Quinzaine des réalisateurs (en 2009, Xavier Dolan l'avait remporté pour J'ai tué ma mère).

«Ça fait énormément plaisir, m'a confié hier soir Sébastien Pilote. Ça met les projecteurs sur le film, qui va être présenté de nouveau à la Semaine de la critique au cours des prochains jours. Je ne m'y attendais pas du tout. C'est cliché, mais ce n'est pas de la fausse modestie. J'étais heureux seulement d'être sélectionné!»

Le cinéaste saguenéen de 39 ans n'avait rien préparé pour l'occasion. Il a déclaré, sur scène, qu'il était plus facile pour lui de réaliser et d'écrire un film que de remporter un prix. «J'aime ce prix qui est l'équivalent d'un prix du scénario, mais qui récompense aussi le cinéaste, considéré en France comme l'auteur de son film, au même titre que le scénariste.»

Sébastien Pilote signe à la fois le scénario et la réalisation du Démantèlement, un beau film lumineux et mélancolique mettant en vedette Gabriel Arcand, émouvant dans le rôle d'un éleveur de moutons qui, faute de relève, vend la ferme familiale et fait dans la foulée le bilan de sa vie. Le film, présenté la semaine dernière à Cannes, a été généralement bien reçu par la critique québécoise et internationale.

Mercredi, Sébastien Pilote a conclu une entente avec un distributeur français pour la sortie en salle du deuxième long métrage du Québécois. Sophie Dulac Distribution a aussi acquis les droits de distribution du premier long métrage de Pilote, Le vendeur, qui n'a pas encore pris l'affiche en France. Le film pourrait être offert en coffret DVD avec Le démantèlement.

«Le démantèlement a été vendu dans quelques pays européens, en Grèce, en Suisse et au Moyen-Orient, précise Sébastien Pilote. Il y a aussi des négociations pour d'autres territoires. Il y a vraiment un intérêt en France. Le distributeur est aussi propriétaire de salles et il croit beaucoup au film. Ce ne sera pas une sortie en cachette.» Le démantèlement doit prendre l'affiche l'automne prochain au Québec.

Jerry, l'exception culturelle

Il incarne à lui seul la fameuse exception culturelle française. Jerry Lewis était de passage hier au Festival de Cannes, qui lui rendait hommage. Oui, oui, Jerry Lewis. Que certains, en France surtout, aiment comparer à Buster Keaton ou à Charlie Chaplin...

«Jerry! Jerry! Monsieur Lewis!» criaient les badauds et les photographes à sa sortie en fauteuil roulant de la salle de conférence de presse. On nous avait avertis qu'à 87 ans, le célèbre comédien était un peu sourd et souffrait de décalage horaire. Il est apparu aussi fanfaron que toujours, multipliant les grimaces en se moquant des journalistes.

«Pourquoi criez-vous?» a-t-il demandé à un jeune journaliste brésilien qui lui posait une question avec un peu trop d'insistance. Le pauvre a rougi avant de baisser le ton. «Parlez plus fort!», lui a ensuite lancé Lewis, en n'écoutant pas un traître mot de sa question. Le numéro, usé à la corde, d'un humoriste jouant au vieux malcommode. Ce qu'il est sans doute aussi, à l'évidence.

Jerry Lewis n'est pas venu à Cannes pour la première fois en 20 ans seulement pour qu'on lui rende hommage, mais aussi afin de présenter son plus récent long métrage à titre d'acteur. Max Ruby est l'histoire d'un vieux pianiste de jazz (Lewis) qui découvre, quelques jours avant la mort de sa femme, que son mariage de 65 années n'est qu'un tissu de mensonges, et qui trouve réconfort auprès de sa fille afin de faire le bilan de sa vie.

La projection de presse de ce premier long métrage de l'Américain Daniel Noah, présenté hors compétition, a été mystérieusement annulée à la dernière minute, à la demande de l'équipe du film. Mauvais signe... «C'est le meilleur scénario que j'ai lu en 40 ans, dit pourtant Jerry Lewis. Et le contrat que j'ai accepté le plus rapidement dans ma carrière au cinéma. Noah a apporté les 3 millions et c'était réglé!»

Jerry Lewis, on s'en doute, n'est jamais loin de la fanfaronnade. Le maître du slapstick est un feu roulant de mimiques, grand sourire béat de dents blanches, tranchant avec son chandail rouge sur polo jeune. Pourtant, il assure que pour ce rôle dramatique, il a mis de côté son personnage de Crazy Jerry. «C'est difficile à faire pour un clown fou qui fait ça depuis 60 ans, mais je l'ai fait avec plaisir.»

Le comédien et réalisateur a fait appel à Michel Legrand pour la musique de Max Rose. «Quand il m'a appelé, a dit hier le compositeur des Parapluies de Cherbourg, j'ai pris le premier avion pour aller le rejoindre.»

Il faut dire que pour bien des Français, Jerry Lewis est un monument. Le Louis de Funès américain. Est-ce grâce à l'affection particulière que lui portent les Français qu'il a pu poursuivre sa carrière aussi longtemps? «Ce n'est pas que de l'affection! Les Français m'ont gardé en vie depuis 50 ans!»

Il refuse de parler d'exception culturelle, un concept qu'il trouve visiblement trop «intello». Mais il est encore capable de faire rire. Lorsqu'un journaliste lui a parlé de sa longue complicité à l'écran avec Dean Martin, il a répondu, pince-sans-rire: «Il est mort, vous savez? Lorsque je suis arrivé ce matin et que j'ai vu qu'il n'y était pas, je me suis dit que quelque chose clochait...»

Le premier film qui l'a fait rire est Modern Times de Chaplin (qu'il appelle affectueusement «Charlie»). Il aime beaucoup la star des années 30 - et Montréalaise d'origine - Norma Shearer. «Mais mon actrice préférée reste Cary Grant», dit-il. Cré Jerry...

Vu

La vie d'Adèle d'Abdellatif Kechiche, un film émouvant, magnifique, sur l'amour, la différence et la vie. Vivement la Palme d'or!

Entendu

«Je ne comprends pas qu'une dame puisse s'abaisser sur scène au plus bas dénominateur commun. Ça me dérange.» - Jerry Lewis, accusant son âge et voyant d'un mauvais oeil les femmes qui font du stand-up

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