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Ça, c'est d'la marde!

Pourquoi reprocher à des artistes francophones tels Pascale... (Photo: Steve Deschênes, Le Soleil)

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Pourquoi reprocher à des artistes francophones tels Pascale Picard (notre photo), Ariane Moffatt ou Simple Plan de chanter dans la langue de Britney Spears?

Photo: Steve Deschênes, Le Soleil

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Le sujet était inévitable. Il n'a pas été évité. Il a été question de l'anglais lors du Forum sur la chanson québécoise, organisé par le Conseil des arts et des lettres du Québec en début de semaine. Pour s'inquiéter de sa prépondérance, de son attrait, de la menace qu'il pose au français.

L'anglais n'est pas, tant s'en faut, ce qui menace le plus la musique québécoise. Ici comme ailleurs, on n'achète plus de disques, on télécharge de plus en plus illégalement des chansons. En bafouant le droit d'auteur sans y penser à deux fois, peu importe la langue d'expression.

L'industrie musicale québécoise est confrontée à des problèmes variés: manque de fonds destinés à la chanson, pénurie de salles de taille moyenne, soutien minimal des radios commerciales, où se pose de la manière la plus évidente le problème de la langue.

Alors que la radio demeure le principal vecteur d'influence, notamment chez les jeunes, en ce qui concerne les goûts musicaux, on y retrouve constamment les mêmes chansons en forte rotation, et très souvent, en anglais. La radio commerciale, homogène à en confondre les chaînes, est une école privée où l'on oblige tout le monde à porter le même uniforme, comme l'a fait remarquer Louis-Jean Cormier.

À la télévision, ce n'est guère mieux. Les émissions du type On connaît la chanson, La voix et autres Un air de famille font la belle part à la chanson anglophone et aux chansons francophones les plus connues, au détriment de ce que produisent aujourd'hui les artistes québécois. Et l'on s'étonne que les jeunes ne s'intéressent pas davantage à la musique québécoise.

Selon l'Observatoire de la culture et des communications du Québec, la chanson québécoise anglophone a gagné en popularité depuis dix ans. Mais en 2011, il y avait 19 disques en anglais parmi les 50 albums québécois les plus vendus (contre 23 l'année précédente) et seulement deux parmi les dix premiers. «Les résultats de 2011 semblent indiquer qu'il s'agit peut-être d'un phénomène cyclique», croit le chercheur Claude Fortier.

Le phénomène, cyclique ou pas, est interprété de bien des manières. Avec, parfois, une intransigeance qui trahit davantage que la simple volonté d'assurer la pérennité de la chanson francophone au Québec.

La question de la langue est complexe et épineuse, pour des raisons évidentes. Comme me le faisait remarquer le collègue Alexandre Vigneault, personne ne s'est questionné pendant le Forum sur le fait que Montréal, deuxième ville francophone en importance, est surtout reconnue mondialement... pour ses artistes anglophones.

Même en France, ce sont les Arcade Fire, Godspeed You! Black Emperor, Grimes, Patrick Watson, Half Moon Run et autres Mac DeMarco qui font la réputation du «Montreal Sound». Celui d'hier comme celui d'aujourd'hui. Faut-il s'en inquiéter?

On félicite des comédiens comme Karine Vanasse, François Arnaud ou Sophie Nélisse, des cinéastes comme Ken Scott, Denis Villeneuve et Philippe Falardeau, de tourner dans la langue de Shakespeare. Pourquoi reprocher à des artistes francophones tels Pascale Picard, Ariane Moffatt ou Simple Plan (mais plus, curieusement, Céline Dion) de chanter dans la langue de Britney Spears?

L'anglais, qu'on le veuille ou non, est la lingua franca de la culture mondialisée de l'époque. On peut, devant ce constat, faire l'autruche. On peut composer une chanson comme Notre Home. Ou «faire face à la musique» (on m'excusera le calque) et accepter qu'une multitude de jeunes Québécois francophones, décomplexés, parlent un anglais impeccable, parfaitement intégré, sans pour autant renier leur langue maternelle, ce qui leur permet d'envisager une carrière internationale.

La réaction de certains à cette réalité me laisse pantois. Je n'en ai pas contre ceux - j'en suis - qui trouvent d'une importance capitale la protection la langue française au Québec. Mais contre le discours alarmiste de certains nostalgiques, adeptes de «l'après moi le déluge», qui perçoivent toujours l'anglais comme la langue de l'ennemi.

J'en ai contre l'idée romantique que certains se font de la chanson québécoise d'antan, qui serait forcément supérieure à celle qui se fait aujourd'hui. C'est une vue de l'esprit.

Il s'en trouve pour regretter que l'on utilise l'expression «c'est d'la marde» dans une chanson populaire, symbole (!) du déclin de la nation québécoise. Ou pour dénoncer, toujours dans Le Devoir, que des «thuriféraires de l'impérialisme culturel» (animateurs et journalistes) fassent «étalage de leurs connaissances en chanson anglophone en nous bassinant avec leurs analyses savantes sur les types et les sous-types de tous les rocks possibles». Il serait évidemment préférable de célébrer l'ignorance de tout ce qui se fait hors de nos frontières...

On m'excusera d'être aussi fleur bleue, mais le déni de l'autre n'est pas, il me semble, une condition à l'affirmation de soi. L'identité québécoise, pas seulement nationale mais culturelle, n'est pas un concept figé dans le temps ni, du reste, dans une langue.

L'identité québécoise se forge tous les jours, sous nos yeux, sans même que certains s'en rendent compte. Trop occupés qu'ils sont à écouter, en se berçant d'illusions, cette vieille rengaine d'Yves Duteil sur notre langue qui a survécu aux arpents de neige, au refroidissement éolien et à quoi d'autre encore. Ça, c'est d'la marde!

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Commentaires (42)
    • Ma blonde est pour ça elle la protection de ma langue.

    • "La question de la langue est complexe et épineuse..."
      Parfaitement.
      Et quand un sujet aussi complexe et épineux nous dépasse, vaut mieux faire gaffe !
      Ça nous évite de dire des sottises...

    • Toujours la même rengaine : les Québécois accusés de n'être pas encore assez "ouverts à l'autre". Comme si on n'écoutait pas plein de musique anglophone, qu'on ne voyait pas plein de films d'Hollywood, etc. Alors qu'une majorité d'Anglophones fuient comme la peste tout ce qui n'est pas dans leur langue, sans que cela ne leur soit jamais reproché.
      Je n'ai tout simplement pas envie de subventionner de pâles copies de la musique anglophone faite par des wannabe d'ici qui n'ont pas la force et le talent d'être créatif dans leur langue.

    • Est-ce qu'il y a vraiment des pirates qui gaspillent de la bande passante pour les Cossette, Charlebois ou Pelletier? Il existe un univers parallèle d'artistes qui évoluent -- et je crois que si l'industrie ne vole pas aussi haut que les capitaines espèrent, c'est que collectivement nous avons oublié que nous sommes un petit, très petit marché. Ce sont les artistes qui écument les routes qui sont les vrais artisants, et non ceux qui capitalisent sur la ventes d'albums composés de deux chansons originales et de neuf reprises. C'est l'art qui souffre, le mercantilisme n'en n'est que symptomatique.

    • Que de mépris M. Cassivi dans votre dernier paragraphe, vous qui, auparavant, écrivez pourtant qu'il est capital de préserver le français chez nous !
      Quant aux groupes anglos d'ici comme Simple Plan ou Arcade Fire, je n'ai rien contre eux mais j'ai l'impression qu'ils s'agit de vedettes par défaut. Bien souvent, on dirait que les médias exagèrent, en ajoutent concernant leur succès et surtout leur talent.
      Bon sang, je ne suis même pas capable d'identifier une de leurs compositions. Et je suis loin d'être le seul ainsi ! Entre vous et moi, y a-t-il tant de gens que ça qui connaissent leurs chansons et sont capables au moins un peu de les fredonner ?

    • ''On félicite des comédiens comme Karine Vanasse, François Arnaud ou Sophie Nélisse, des cinéastes comme Ken Scott, Denis Villeneuve et Philippe Falardeau, de tourner dans la langue de Shakespeare. Pourquoi reprocher à des artistes francophones tels Pascale Picard, Ariane Moffatt ou Simple Plan (mais plus, curieusement, Céline Dion) de chanter dans la langue de Britney Spears?"
      Pas difficile à comprendre, être acteur ou cinéaste, c'est intégrer une ensemble et ses spécificités (tel que tourner en anglais aux USA), alors qu'être auteur-compositeur, c'est avoir complet sur son ?uvre et donc sur des choix artistiques comme celui de la langue. Relativement facile à comprendre.

    • J'adore la langue française. Elle est belle, elle est riche, et les gens qui savent la manier peuvent stimuler mon cerveau à un niveau très élevé.
      J'adore la langue anglaise. Elle est belle, elle est riche, et les gens qui savent la manier peuvent stimuler mon cerveau à un niveau très élevé.
      Dans 1000 ans, ces deux langues auront fort probablement disparu de la surface de la planète. Et nos descendants trouveront des façons de stimuler leurs cerveaux à des niveaux beaucoup plus élevés. Et plus universels.
      Je vous en prie, let it be.

    • Je ne croyais pas possible la chose, mais je suis d'accord avec un texte de M. Cassivi ! Tout est possible....

    • Cassivi doit aimer la crème glacée et le cunnilingus car il lèche presque aussi bien que Elvis Gratton.
      Franchement pathétique.

    • Les artistes québécois qui chantent en anglais touchent aussi des subventions qui proviennent des coffres de l'État québécois et donc de nos poches. On peut légitimement se demander si nous investissons dans des gens qui bonifient notre culture francophone, car on est toujours dans une province officiellement francophone (sans le français on n'a pas de caractère distinctif fort et donc on serait mieux de quitter le Canada pour rejoindre les États-Unis).
      On serait fou de ne pas encourager Arcade Fire, donc il faut soutenir aussi les anglophones avec un grand talent. C'est économiquement raisonnable si le groupe nous fait rayonner à l'international.
      On dirait que les maisons de disques québécoises soutiennent plus facilement les artistes anglophones et cela est frustrant dans une province francophone. Vous avez parlé de la radio commerciale qui joue les mêmes morceaux en boucle, je suis totalement en accord et c'est pour cela que j'écoute les radios universitaires. Il y a d'excellentes choses qui se font en français, dont il faudrait faire la promotion et ne pas donner toute la lumière aux produits anglophones, comme d'habitude
      Parfois, j'aimerais savoir qui dirige les grandes entreprises culturelles du Québec ou qui les a placés à ses postes simplement pour voir si les anglophones cherchent toujours à nous assimiler à eux. Comme si les propriétaires anglophones de maison de disque québécois nous cachaient ce qui se fait de bon au Québec pour miner notre moral ou notre fierté.
      Les chansons bilingues ont le même effet que les chansons anglo, elles nous font oublier les mots franco équiva.
      Qu'elle est la dernière chanson franco-québécoise sur laquelle vous avez eu envie de danser? Je ne peux pas croire que quelque part il n'existe pas de telles chansons. Sinon ça veut vraiment dire que nos efforts économiques pour améliorer notre culture francophone sont vains. La jeunesse a besoin de nouveaux repères, elle a besoin de chanter et danser avec sa langue maternelle

    • J'ai personnellement l'impression que la langue francophone est en danger. Et le fait que les chanteurs et artistes n'y fassent pas attention sous prétexte que "ça prend de tout pour faire un Québec" est assez dramatique. Au contraire, il faut protéger la langue, le dire, le répéter, agir en sorte et dans l'intérêt de la survie de notre langue.

    • @fleurette.ducharme
      Cré Fleurette, tu changes pas. Il y a 30 ans tu te pendais au cou de tous les hommes et tu poursuis ta démarche. J'en reviens pas,

    • Oui! Merci. Enfin.

    • Votre titre est-il inspiré de la chanson interprètée par Robert Charlebois Québec love? comme quoi le débat n'est pas nouveau...

    • Je pirate à peu près de tout, films, logiciels, bases de données, musique ... C'est presque gratuit et ça ne m'oblige à rien. J'efface ensuite mes 500 Go mensuels. Mais même gratuite, je trouve la chanson québécoise mièvre et inintéressante. Quand je suis accroché, c'est par la musique, mais malheureusement les paroles commencent ensuite.
      Je ne connais pas la solution, mais je sais que le seul qui vaut la peine d'être téléchargé, pour moi, est Leonard Cohen ... et j'ai toute son excellente production.

    • @ rogiroux
      Ces versions Anglaises des chansons de Jacques Brel sont davantage des "hommages" quasi inconnus que de grands succès de ventes.
      Contrairement aux versions originales en Français.

      "Amsterdam" par David Bowie c'est de la véritable bouillabaisse comparé à l'original.
      Voyez par vous -même:

      http://www.youtube.com/watch?v=4uPZIG5BHD4

      Scott Walker a beau avoir traduit et interpreté des chansons de Brel en Anglais, c'est un parfait inconnu pour la très grande majorité des gens.

      Oui les Classels ont traduit des chansons des Beatles et ont vendu pas mal de disques au Québec dans les années 60.

      Mais *

    • "À l'opposé Jacques Brel a vendu des millions de disques de chansons en Français composées dans un style qui se prête mal à la langue Anglaise.
      kat-la-russe me dira si je me trompe mais je suis persuadé qu'aucune de ses chansons n'a été traduites en Anglais."
      - "Scott Walker Sings Jacques Brel" ... l'album...
      - David Bowie a interprété *Amsterdam*
      - Leonard Cohen et Frank Sinatra ont chanté du Brel
      Y'a aussi Tom Jones, Neil Diamond, Judy Collins, Joan Baez, Dionne Warwick
      Glen Campbell, John Denver, Julio Iglesias, Cindy Lauper, Ute Lemper, Nancy Wilson...
      pour ne nommer que les plus connus!!

    • La musique Rock et la musique Pop est une musique qui a été au départ créée par des Anglophones pour des Anglophones.
      Il est donc normal qu'il soit plus facile de créer des chansons de Rock ou de Pop en anglais.
      Et que le résultat de la création d'une chanson de Rock ou de Pop semble plus harmonieux en Anglais.

      À l'opposé Jacques Brel a vendu des millions de disques de chansons en Français composées dans un style qui se prête mal à la langue Anglaise.
      kat-la-russe me dira si je me trompe mais je suis persuadé qu'aucune de ses chansons n'a été traduites en Anglais.

      Un style musical ça comporte des balises, des règles et des limites, sinon on tombe dans une autre style.
      Dans le cas du Rock et de la Pop, ces règles mettent des bâtons dans les roues de la langue Française.

      C'est platte mais c'est comme ça.

    • @ kat-la-russe
      Vous m'apportez là un excellent exemple du fait que l'Anglais se vend mieux.
      Quasiment personne ne connaît la chanson Waterloo de ABBA en version Suédoise justement parce que c'est la version Anglaise qui s'est le plus vendue.
      Le public en a voulu ainsi.
      C'est pas du mépris envers la langue Française que de la garder pour les domaines dans lesquels elle excelle.
      Et elle excelle dans bien des domaines ou le discours se doit d'être nuancé, comme la diplomatie.
      La langue Française était la langue des diplomates en Europe justement pour cette raison là.
      Et les Américains les plus érudits savent généralement parler Français comme langue seconde.
      C'est une preuve de culture et d'érudition aux États-Unis.
      Pour un artiste Francophone selon moi chanter en Anglais c'est comme choisir un instrument de musique.
      On fait plus facilement du bon rock avec une guitare électrique qu'avec un violoncelle.
      Ça veut pas dire que le violoncelle est méprisable, au contraire.
      Et à l'inverse ça veut aussi dire que jouer du Vivaldi sur une Stratocaster c'est pas mal moins vendeur que de le jouer du Vivaldi sur un Violoncelle.

    • Je me permettrai de signaler qu'à l'extérieur du Québec, en France notamment, les artistes francophones du Québec ET de l'Acadie rayonnent : Isabelle Boulay, Céline Dion, Roch Voisine, Natasha St-Pierre...

    • Excellent texte, jusqu'au dernier parag. , totalement méprisant.

    • " Jim777: Waterloo a été interprété aussi dans sa version suédoise a l'Eurovision. De toute façon, le problème n'est pas la langue et l'exemple d'ABBA n'Est bon que si on pense au suédois qui on un rapport beaucoup plus sain avec leur langue...parce qu'il on un lien encore très fort avec leur racines et traditions.

    • À moins d'être un excellent poète c'est plus difficile d'écrire un succès en Français qu'en Anglais.
      Les syllabes tombent souvent au mauvais endroit.
      Il n'y a qu'à écouter les versions Françaises de grands succès Anglophones pour s'en rendre compte.
      "I can't get no satisfaction" des Rolling Stones devient:
      "Je n'obtiens pas de satisfaction"
      Ayoye.
      Ça vaut aussi pour l'espagnol, l'italien, l'Allemand, le Japonais et beaucoup d'autre langues qui ont le défaut de ne pas être des langues musicales.
      La plupart des artistes des ces pays chantent eux aussi en Anglais quand ils le peuvent.
      Le groupe ABBA n'aurait pas pu être ce qu'il est si les paroles avaient étré en Suédois.
      Aucun de leurs grands succès n'est chanté en Suédois.
      Que voulez-vous c'est comme ça.

    • Pauvre Pascale Picard quand même, avec sa photo sous ce titre...

    • D'abord et avant tout, je tiens à souligner que je suis un grand amateur de la chanson québécoise francophone. Je suis d'avis que plusieurs de nos artistes/créateurs n'ont rien à envier aux artistes étrangers, qu'ils soient anglophones ou francophones.
      Quand j'écoute nos radios québécoises, cela me frustre de constater que certains artistes étrangers, uniquement parce qu'ils sont connus à l'étranger et qu'ils chantent en anglais, sont joués plus souvent que nos artistes locaux même s'ils n'ont pas plus de talents que beaucoup de nos artistes québécois francophones ou anglophones.
      A mon avis, ce qui est scandaleux, ce n'est pas que certains artistes québécois(e) chantent en anglais. Pour moi, si le produit est créatif et de qualité, je suis prêt à l'écouter dans une langue ou une autre. Ce qui est scandaleux, c'est le fait que nos radios boudent trop souvent nos artistes de qualité pour nous faire écouter des étrangers sans réel talent parce que ces radios acceptent de suivre les directives des maisons de production de beaucoup des ces artistes étrangers.
      Exemple: J'ai habité la France pendant 6 ans. On se régale du fait que certains de nos artistes québécois(e) ont du succès en France. Je dis bravo à ces artistes qui nous représente si bien MAIS si on mesurait le nombre d'artistes québécois qui sont joués dans les radios françaises VS le nombre d'artistes français qui sont joués dans les radio québécoises, on constaterait que les français on le dessus ....et sincèrement, à mon humble avis, il n'y a aucune raison pour les radios québécoises jouent plus les artistes français que les artistes québécois(e).

    • Permettez un petit hors sujet.
      Monsieur Cassivi, il vous sied beaucoup mieux de garder vos jambes non croisés devant la caméra*. J'adore vos critiques de films en compagnie de Marc-André Lussier. Vous êtes indispensables pour l'ensemble de la culture du cinéma au Québec.
      Respectueusement vôtre.

    • On ne peut effectivement pas empêcher les artistes de chanter en anglais; c'est leur droit. Céline Dion a passé dans le tordeur pour eux..
      Mais je trouve décevant qu'on propulse les artistes anglophones à l'avant plan; même chose pour les chansons anglophones.
      Je vais au Festival d'Été de Québec depuis plusieurs années et c'est devenu un immense concert Pop-Rock-Techo-... La fibre québécoise francophone, au même titre que les chansons francophones en provenance de la France ou encore de la francophonie canadienne est passablement tassée dans les petits endroits.
      Les émissions comme Star Académie, n'eut été de la pression de René Angélil, étaient parties sur une nette tendance anglophone; même chose pour l'émission La Voix qu'on peut regarder de ce temps-ci. Et, que dire des nombreuses émissions québécoises qui utilisent des trames sonores anglophones.
      Je suis un amateur de musique de nature universelle. Mes racines sont de Dylan, Neil Young, aux Stones, Beatles, Muddy Waters et autres. Mais quand je suis au Québec, j'aime bien entendre de la musique d'ici; je dois dire que je suis impressionné d'entendre les jeunes artistes qui passent souvent à Belle et Bum. Du talent, il y en a ici pas à peu près.
      À mon avis, il faut trouver un meilleur moyen de commercialiser la musique francophone. Les américains et Britaniques sont tellement dominants à tous niveaux: talent, innovation, commercialisation et ... cash

    • Bonjour monsieur,
      Si je comprends bien, votre dernier paragraphe est carrément un parti pris? Moi aussi je suis tanné d'entendre cette chanson, mais il y a beaucoup de chansons anglaises de Céline Dion qui m'irritent tout autant et que dire du Phoque en Alaska de Beau Dommage. Je ne suis plus capable d'entendre Paul McCartney et pourtant c'est ce que la ville de Québec a trouvé de mieux pour son festival d'été. Par contre, je reconnais la qualité intemporelle de la plupart de ces artistes et chansons. C'est d'entendre toujours les mêmes cent chansons qui devient emmerdant.
      Si un auteur-compositeur rêve en anglais, ri en anglais ou pleure en anglais, il se doit de composer en anglais par honnêteté, mais si c'est pour la rime seulement alors en tant qu'artiste c'est de la FRIME. Je ne crois pas que les Français rêvent, rient ou pleurent en anglais et pourtant ils tuent leurs chansons françaises et leurs poètes depuis 40 ans. J'écoute énormément de films français, je peux vous affirmer que je n'entends pratiquement jamais de chansons françaises dans leurs films qui sont pourtant subventionnés par des organismes gouvernementaux français.
      Si l'identité culturelle n'est pas dans la langue devrait-on conseiller aux écrivains québécois d'écrire en anglais (pour faire un hit)?
      On ne peut pas éviter toutes les tempêtes qui viennent du sud, de l'ouest et maintenant de l'est, mais on peut essayer de ne pas s'enliser.
      Cordialement,
      Claude Reid
      Musicien, quelquefois auteur-compositeur
      Ancien professeur de guitare,
      Ancien tout bonnement...

    • Le problème, c'est que la culture pop d'aujourd'hui ne colle pas à la langue française. Arcade Fire en français, ça ne sonne pas! That's it!

    • Comme le disait RBO: "I want to pogne"

    • Tout est bien résumé ici, par Keith Kouna:
      http://www.youtube.com/watch?v=Cu4eSBztwmg
      P.S.: Depuis que j'ai lâché les radios commerciales pour les radios communautaires et universitaires, mes horizons musicaux se sont grandement élargis. Vous devriez tous essayer ça :-)

    • Le concept même de "langue châtiée" ne saurait s'aplliquer à une oeuvre d'art, qu'elle soit dans la langue que vous voulez. Il y a tous les niveaux de langage dans la chanson québécoise.
      C'est comme si on exigeait que les personnages d'un film doit être bien propres, rasés, en costumes sans plis sinon sous peine de ne pas vouloir en entendre parler. Que vous n'appréciez pas, je le conçois, mais cela ne lui enlève aucune valeur. Si vous préférez le divertissement musical ( Dany Bédard, marie-mai, Céline), c'est votre choix mais l'art reste libre de toute entrave.

    • "L'identité québécoise se forge tous les jours, sous nos yeux, sans même que certains s'en rendent compte..."
      Justement, ceux qui s'en rende compte constatent que cette même identité se forge de plus en plus en anglais, le français étant de plus en plus relégué au rang de langue tribale ou de dialecte folklorique pour les "ceintures fléchées", point n'est besoin de chercher plus loin que les pages de ce journal pour voir à quel point la promotion de l'universel , de l'ouverture aux autres et à la citoyenneté planétaire passe par l'anglais, par opposition au soi-disant chauvinisme et à la fermeture de ceux qui manifeste le moindre questionnement quand au maintien d'une identité québécoise liée à la pérennité de la langue française. Quand aux carrières internationales auxquels il est fait référence, avec près de 62% de la population qui ne possède même pas un DEC, on s'entend qu'il y en a une maudite gang qui ne seront pas courtier à la City ni à Wall Street malgré le fait qu'ils soient « fluents » en anglais...Sur la question de la Lingua Franca culturelle que Cassivi nous sert au nom de sa proverbiale "ouverture sur le monde", cette culture mondialisée, que l'on confond ici avec divertissement de masse, elle est plus souvent le fait des Rihanna, Transformers et Dan Brown de ce monde que des Godspeed, Patrick Watson et Grimes qui ne touchent que des cercles bien spécialisés et limités...

    • On ne peut reprocher aux artistes de vouloir chanter dans leur langue maternelle; c'est le cas de la plupart de ceux qui tombent sous l'étiquette du "Montreal Sound". On comprendra également l'intérêt des chanteurs francos qui veulent accéder au marché anglophone. Par contre, il y a chez certains un comportement qui porte à croire que le français n'est pas assez bon et c'est bizarre; je pense à Pascale Picard. À l'inverse Céline Dion et Ariane Moffat ont une riche production francophone. C'est peut être là la différence qui rend leur tentative acceptable.

    • Entre autre à @ M. Curley. Je ne crois pas que la musique châtié sois "encouragée" et je constate que dans le milieu de ceux qui écoute les arcade fire, patrick watson et compagnie, nombreux sont ceux qui écoute aussi Avec pas d'casque qui ne fait pas dans le français type Yves Duteil mais qui enfin prend la langue québécoise où elle est rendue et parlant de vieux jeu, il me semble que la poésie de Richard Desjardins ( que je compare un peu à celle d'Avec pas d'casque) fait partie de la chanson québécoise et je ne crois pas que son langage soit ( heureusement) toujours bien lisse ( "Charcoal" par exemple). Et vous oublié que pas seulement Arcade Fire est connue en Europe. Le groupe Malajube ( qui chante en français) a fait de nombreuses tournées en Europe et au États-Unis.... Bref, je suis d'accord avec cette article...des fois on voit juste ce qu'on veux voir et on oublie que ce qui est important, avant l'anglais ou le français, c'Est le talent et la créativité!

    • J'ai bien aimé chanter en France car je pouvait passer couramment du Français à l'anglais, chanter du Elvis, du Bob Marley, du CCR et tout autant du Robert Charlebois, Plume Latraverse et même Bobby Lapointe dans le même spectacle sans que ça n'offusque personne. Ici ça passe souvent mal, surtout en région...

    • Merci Marc Cassivi pour cet article. Toutefois je déplore le titre utilisé pour blâmer les artistes québécois qui n'ont de cesse de créer leurs succès dans la langue anglaise. C'est, bien sûr le moyen de percer aux États-Unis, mais ce n'est pas la façon de préserver l'usage du français au Québec.
      Marc Cassivi, permettez-moi de vous exprimer mes regrets de ne plus vous voir à l'émission: C'EST JUSTE DE LA TV! Je n'ai pas encore réussi à assumer ce deuil!
      MARC CASSIVI, JE M'ENNUIE DE VOUS!!!!

    • @ Marc Cassivi ~
      Prenez garde ...
      Avec un titre comme celui-ci,
      vous risquez de faire apparaître
      le fantôme de Pierre Falardeau...

    • Merci! Merci! Merci! Un discours malheureusement trop absent du débat public.
      Certains utilisent l'argument de la musique pour faire passer leur agenda politique rétrograde et sclérosé.
      C'est justement les "jeunes Québécois francophones, décomplexés" qui leur font peur. Ils voient le discours haineux et de repli sur soi avoir de moins en moins d'emprise sur la jeunesse. Ils voient bien le tapis leur glisser sous les pieds mais refusent de vivre en 2013.
      Bon, je retourne écouter les pièces de Random Recipe pis de Karim Ouellet, achetées sur iTunes!!

    • Merci. Thank you.

    • Je suis peut-être vieux jeu, mais mon constat, encourager ou promouvoir une chanson française en langage châtié, me laisse complètement froide. Je préfère de loin une chanson de langue anglaise à 75%. Je n'ai aucune objection à ce qu'un artiste francophone chante en anglais, au contraire, je me dis cet artiste est versatile et c'est tout à son honneur.

    • Les chansons en anglais c'est agréable pour les gens qui le comprennent mal: l'esprit vagabonde, la langue est chantée, on n'entend pas la pauvreté d'une syntaxe qu'on ne saisit pas bien, donc on accroche sur rien. Pas de prise de tête.
      C'est comme les tatouages en japonnais, l'alphabet cyrillique, l'écriture arabe. Même les plus vulgaires insultes sont belles.
      Par contre quand on comprend l'anglais, et mettez-vous à la place d'un anglais ou d'un américain amoureux de sa langue, 90% des chansons sont imbuvables.

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