Un sans-faute... pour l'instant !

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« Dans l'ensemble, tant la composition de ce nouveau gouvernement que la façon dont il a été présenté ont été un sans-faute », estime notre chroniqueuse.

Photo Chris Wattie, Reuters

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Le cycle stérile et autodestructeur de l'isolationnisme est terminé. Pour la première fois depuis 25 ans, le Québec est sorti des vases clos sans débouchés sur le pouvoir où il s'était enfermé. Il sera enfin présent à la table des décideurs, où il détiendra deux portefeuilles majeurs, les Affaires étrangères et les Transports... avec au surplus la palme d'or : un premier ministre québécois qui est un Montréalais de la dixième génération.

Si l'Ontario, avec ses 11 ministres, a la part du lion correspondant à son poids démographique et à ses 80 députés libéraux, le Québec arrive bon second, avec six ministres auxquels on peut ajouter, en ce qui concerne la sensibilité linguistique, le francophone néo-brunswickois Dominic LeBlanc.

Au Québec, Justin Trudeau avait l'embarras du choix, avec 40 députés, dont plusieurs affichaient des feuilles de route impressionnantes.

Il a réalisé, à partir d'un matériel trop abondant, un choix fort équilibré.

Les deux incontournables, Stéphane Dion et Marc Garneau, héritent de dossiers qui leur conviennent à merveille.

Le sérieux et la sophistication intellectuelle de M. Dion ajouteront une note de « gravitas » à l'image du Canada à l'étranger et renforceront la crédibilité du gouvernement.

M. Garneau, ingénieur, militaire, astronaute, gestionnaire studieux et pondéré, sera un idéal maître d'oeuvre aux Transports, un ministère qui sera en outre au coeur du programme d'infrastructures.

Mélanie Joly, qui a de l'ambition (une qualité normale et nécessaire en politique), de l'entregent et un intérêt certain pour les arts, devrait être une championne efficace des dossiers culturels. Sa nomination est une excellente nouvelle pour Montréal, dont l'avenir passe par la vitalité de ses institutions culturelles.

L'impératif de la diversité régionale a été atteint avec la nomination de trois députés au Conseil des ministres, représentant respectivement la Gaspésie - les-Îles-de-la-Madeleine, la région de Sherbrooke et le centre-ville de Québec.

Diane Lebouthillier (Revenu) a une expérience aussi diversifiée que remarquable dans les affaires sociales et l'administration publique. Marie-Claude Bibeau, économiste de formation, a une expérience directe dans le champ d'action de son ministère (Développement international et francophonie), ayant travaillé à l'ACDI, au Maroc et au Bénin.

Quant à Jean-Yves Duclos, son brillant CV le destinait à plusieurs ministères. Professeur titulaire et directeur du département d'économie de l'Université Laval, spécialisé dans les enjeux économiques des changements démographiques, il est particulièrement apte à diriger le ministère de la Famille, des Enfants et du Développement social.

À ce sujet toutefois, il reste à voir ce que sera le champ d'action de ce nouveau ministère qui empiétera sur un domaine de compétence provinciale.

Le premier ministre s'est réservé le rôle crucial des Affaires intergouvernementales, ce qui est de très bon augure.

Son approche conciliante, son désir évident de se rapprocher des provinces (qu'il a d'ailleurs incluses dans la délégation qui participera à la conférence de Paris sur le climat), tout cela laisse supposer que le temps des affrontements stériles et des petites luttes de pouvoir improductives est révolu.

Avec des gouvernements libéraux dans presque toutes les provinces, M. Trudeau aura théoriquement la partie facile, mais l'on sait que la couleur du parti ne résout pas tous les problèmes dans une fédération aussi décentralisée que le Canada.

Dans l'ensemble, tant la composition de ce nouveau gouvernement que la façon dont il a été présenté ont été un sans-faute. Dans une atmosphère conviviale qui conservait toutefois le décorum correspondant à l'importance de l'événement, on a vu défiler le Canada dans sa diversité.

Parité des femmes dans un cabinet réduit au minimum, présence forte des Premières Nations, nomination d'un grand handicapé comme responsable des Anciens combattants, nomination de plusieurs députés venus de communautés immigrantes, assemblage judicieux de la jeunesse et de l'expérience...

Oui, un sans-faute. Pour l'instant.

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