Crise d'égos au CHUM

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Pourquoi avoir précipité le CHUM dans un autre psychodrame?

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Oublions deux minutes le ministre Barrette, dont l'autoritarisme brutal ne cesse d'inquiéter, pour nous interroger sur le comportement de ces messieurs du CHUM, qui ont fait passer leurs égos avant le bien-être de leur institution et se sont conduits comme des ados incapables de maîtriser leurs émotions.

Ce fut d'abord le cas du directeur général Jacques Turgeon, qui aurait dû régler ses différends avec son ministre «entre quatre-z-yeux», quitte à requérir la médiation de M. Couillard, au lieu de précipiter le CHUM, une institution fragilisée par des décennies d'incurie, dans un autre psychodrame, en écorchant au passage la réputation de l'ex-directeur du département de chirurgie, le Dr Patrick Harris.

Ce fut aussi le cas du président du Conseil, Jean-Claude Deschênes, et de trois autres membres du C.A., dont le président du Conseil des médecins, dentistes et pharmaciens, Paul Perrotte, qui ont démissionné bruyamment. Pourquoi tant d'impulsivité?

Quand on connaît l'histoire du CHUM, ce n'était certainement pas la première fois qu'un ministre intervenait dans la marche de cet hôpital! Il n'y a pas deux ans, le CHUM était en quasi-tutelle du ministère... et qui a oublié que Philippe Couillard, alors ministre de la Santé, a imposé l'absurde emplacement actuel contre la volonté de l'Université de Montréal et la majorité des médecins?

MM. Deschênes et Perrotte avaient-ils des arrière-pensées politiques? La question se pose quand on apprend que M. Deschênes, un ancien sous-ministre, contribue depuis des années à la caisse du PQ et que M. Perrotte a versé 500$ à celle de PKP.

Le plus grotesque, c'est que cinq jours après leurs grosses crises de nerfs, ces messieurs sont tous rentrés dans le rang, M. Turgeon proclamant que le ministre Barrette sera «un atout majeur» pour le CHUM! Ce n'est pas sérieux.

Le motif allégué par M. Turgeon pour sa démission fracassante n'était pas le scandale du siècle. Le ministre Barrette aurait insisté pour que tous les chefs de département, dont le Dr Harris, soient reconduits dans leurs fonctions d'ici à l'étape cruciale du déménagement de l'hôpital, une proposition qui paraît assez sensée. M. Turgeon aurait interprété cette demande comme du chantage, son propre mandat venant également à échéance.

Les versions des deux hommes sont contradictoires, et il est fort possible qu'il y ait eu un malentendu. Le Dr Barrette n'est pas exactement un gentleman, mais un gestionnaire d'expérience comme M. Turgeon aurait dû être capable de lui faire face au lieu d'aller pleurnicher sur la place publique.

On se demande aussi pourquoi ce dernier a laissé courir la rumeur que le ministre était coupable de népotisme, alors que le Dr Harris nie être un ami du ministre et que sa nomination aurait été parfaitement justifiée par sa compétence et ses états de service.

Sa candidature, lors du processus de sélection, était appuyée par 67 des 105 chirurgiens du département. Une centaine d'employés et une vingtaine de médecins viennent de lui manifester leur appui par écrit, estimant que le Dr Harris est le mieux qualifié pour piloter l'étape cruciale du déménagement.

Mais M. Turgeon, revenu aux commandes, déclare que le prochain chef de ce département devra avoir une «vision académique», ce qui exclut d'emblée le Dr Harris, qui se dit «chef d'orchestre» plutôt que chercheur. Cette hostilité recouvrirait-elle un conflit entre l'Université de Montréal et l'hôpital?

Dans la mêlée, on a aussi appris que l'urologue choisi par un premier comité de sélection nommé par le C.A. pour remplacer le Dr Harris était indirectement lié à une fraude, une employée de son équipe ayant dérobé 1,5 million du fonds de recherche. Une enquête policière est en cours et trois employés ont été congédiés...

Cette dernière crise n'améliorera pas l'image du CHUM auprès des donateurs et des patients.

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