Les clés de la crèmerie

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Le gouvernement Marois coupe 50 millions dans les budgets des hôpitaux et les Québécois atteints de cancer n'arrivent pas à se faire opérer dans les délais requis parce qu'on manque d'argent pour financer les salles d'opération... mais qu'importe.

Ce gouvernement trouvera toujours des sous pour combler ses chouchous.

Dans une société où l'austérité budgétaire passe par le rationnement systématique des soins de santé, il n'y a jamais rien de trop beau pour les étudiants, dont le fameux «printemps» a engendré des coûts de l'ordre de 50 millions... soit, par un hasard désolant, l'équivalent de la somme que le gouvernement entend retirer aux hôpitaux pour les chirurgies.

Et cela, c'est sans compter les 15 millions que le conflit a coûté au Service de police de la Ville de Montréal, et c'est sans compter les sommes considérables investies dans le rattrapage du mois d'août.

La collusion entre le PQ et les carrés rouges - un phénomène qui a probablement coûté au PQ sa majorité aux élections - se poursuit, même qu'elle s'intensifie.

Les étudiants québécois ont reçu de leur bonne fée une avalanche de cadeaux... des cadeaux offerts par les contribuables les plus taxés en Amérique aux étudiants qui étaient déjà les plus choyés en Amérique.

Non seulement le gouvernement maintient le gel des droits de scolarité, mais par une extraordinaire aberration, il leur accorde les énormes concessions, au chapitre des prêts et bourses, que le gouvernement Charest leur avait offerts... en échange, notons-le bien, de l'augmentation des droits!

Bref, nos révolutionnaires d'hier, redevenus de bons petits consommateurs, se retrouvent avec le beurre, l'argent du beurre et les clés de la crèmerie.

Et ce n'est pas fini. C'est un garçon de 20 ans tout juste sorti du cégep qui est devenu le directeur spirituel de Mme Marois en matière de politique jeunesse et de politique universitaire.

Comme si Léo Bureau-Blouin connaissait quelque chose aux universités! Comme s'il représentait la jeunesse québécoise, alors qu'il n'a jamais représenté qu'une minorité, celle qui a pris en otage les dizaines de milliers d'étudiants qui ont été privés de cours contre leur volonté.

LBB avait beau être le plus modéré des trois mousquetaires, il était parmi les chefs d'orchestre de la pagaille menée au printemps dernier au nom d'un corporatisme qui n'osait pas dire son nom. Il s'obstinait lui aussi à nier la réalité du sous-financement des universités et à professer que tout le mal venait du gaspillage provoqué ou toléré par les méchants recteurs.

Voilà maintenant ce discours infantile repris par le ministre des étudiants - pardon, je veux dire le ministre de la Recherche et de l'Enseignement supérieur, Pierre Duchesne. Il doute du fait que les universités soient sous-financées. Il «demande à voir» !

Incroyable mais vrai, celui qui est censé promouvoir la recherche avancée au Québec prend à mots couverts le parti des carrés rouges contre les universités, sur la foi d'une étude bidon du ministère qui attribue aux budgets globaux des universités les fonds de recherche dévolus aux professeurs par les organismes subventionnaires.

C'est soit de la mauvaise foi, soit de l'ignorance crasse. Qui donc ignore que ces fonds ne peuvent servir à autre chose qu'aux projets de recherche pour lesquels ils ont été obtenus?

Non content d'agiter les clochettes du populisme, M. Duchesne vient d'ajouter au débat une idée dont l'irrationalité laisse pantois, celle de reconnaître le droit de grève aux étudiants au même titre qu'aux travailleurs syndiqués!

Ce serait comique si ce n'était si triste. Quelle tristesse, en effet, que de voir un parti historiquement lié à la fine fleur de l'intelligentsia québécoise tomber, sur la question si importante de l'enseignement supérieur, dans l'indigence intellectuelle.

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