Au-delà des belles paroles

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Lysiane Gagnon
La Presse

Barack Obama est en train de découvrir que les belles paroles ne règlent pas les gros problèmes. Et ce n'est pas sa rencontre d'hier avec le premier ministre Nétanyahou qui changera les choses.

La Maison-Blanche n'a pas caché sa mauvaise humeur devant ce qu'elle perçoit comme de l'intransigeance de la part du gouvernement israélien, en dépouillant cette rencontre de tout apparat. Mais Obama devra apprendre qu'Israël se soucie moins de lui plaire que de protéger ses propres intérêts - comme le font tous les pays, les USA au premier chef.

 

Comment Israël pourrait-il être d'humeur à faire des concessions, au moment où reprend sur une grande échelle la livraison clandestine d'armements au Hezbollah et au Hamas? La semaine dernière, un commando de la marine israélienne a intercepté au large de Chypre un navire parti d'Iran destiné à la Syrie et au Hezbollah (et vraisemblablement au Hamas, qui s'alimente aux mêmes sources).

Le navire était bourré de tonnes d'armes et de munitions, notamment des roquettes Katioucha et des missiles sol-air, des mines et des explosifs. Cette cargaison d'armes de contrebande est encore plus importante que celle saisie dans la mer Rouge, en 2002. À qui fera-t-on croire que ces armes n'étaient pas destinées à être utilisées contre Israël?

Un peu abusivement, Hillary Clinton a salué comme un progrès substantiel la dernière concession offerte par Nétanyahou, qui s'est engagé à stopper la construction dans les territoires occupés... une fois terminé le développement résidentiel déjà projeté. L'enthousiasme de la secrétaire d'État était sûrement excessif, mais il reste qu'en Israël, compte tenu des menaces qui pèsent sans cesse sur la sécurité de ses habitants, le moindre petit pas peut être vu comme une concession. Malheureusement, les leaders palestiniens refusent de reprendre les négociations en s'imaginant (bien à tort) qu'Obama réussira à faire plier le gouvernement Nétanyahou.

Cette nouvelle livraison d'armes de contrebande est survenue alors que le rapport Goldstone qui accuse Israël de crimes de guerre atterrissait à l'assemblée générale de l'ONU. Le rapport Goldstone, on s'en doute, a été prestement entériné par cette assemblée dominée par des pays arabes et musulmans et leurs alliés populistes d'Amérique du Sud. (44 pays-membres se sont abstenus et 18 ont voté contre, dont le Canada).

Même unanimité sans surprise au sein du soi-disant Conseil des droits humains de l'ONU, qui avait commandité la mission Goldstone pour faire «la vérité» sur l'offensive à Gaza. Ce conseil, créature de pays qui piétinent chaque jour les droits les plus élémentaires (Soudan, Chine, Cuba, Égypte, Pakistan, Arabie Saoudite, Libye, etc.) s'est distingué en s'attaquant systématiquement à la seule démocratie du Moyen-Orient, passant sous silence les innombrables abus commis ailleurs sur la planète. C'est pourquoi le gouvernement israélien a refusé de collaborer à l'enquête.

Dans un rapport de 574 pages, la commission Goldstone consacre quelques lignes au Hamas et fait porter l'essentiel du blâme sur Israël, en ignorant les 7000 roquettes lancées sur Israël, et en se contentant de prêter foi sans autre vérification aux déclarations du Hamas, qui nie avoir disséminé ses caches d'armes parmi la population civile (!).

La réaction d'Israël a été «disproportionnée», proclame le rapport Goldstone. Il est intéressant de noter qu'Israël est le seul État contre lequel est utilisé ce nouveau concept de «disproportionnalité». D'après les mêmes critères, la pluie de bombes répandue par l'OTAN sur les civils serbes n'était-elle pas une réaction disproportionnée? Et l'irruption massive d'armes de guerre canadiennes (entre autres) chez les Patchounes afghans qui n'avaient jamais attaqué le Canada, n'est-ce pas également «disproportionné»?

 

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