Bitcoin, bulle ou balloune ?

En l'espace d'un an, la valeur du bitcoin... (photo benoît Tessier, archives reuters)

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En l'espace d'un an, la valeur du bitcoin a été multipliée par 17 pour passer de 1000 $US, en janvier dernier, à un sommet de 17 872 $US hier à mi-journée.

photo benoît Tessier, archives reuters

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Au cours des dernières années, j'ai reçu de façon sporadique des courriels de lecteurs qui voulaient connaître mon opinion sur la pertinence ou non d'acheter des bitcoins. Je me suis toujours abstenu de leur répondre parce que je ne comprenais pas la nature exacte de ce nouveau type d'actif et que je n'avais pas vraiment d'opinion sur le sujet et surtout encore moins de conseils à leur donner.

Ce qui est différent aujourd'hui alors que la bulle spéculative qui s'est emparée depuis un an de la plus connue des cryptomonnaies prend de plus en plus les allures d'une formidable balloune qui gonfle sans arrêt et qui s'apprête à exploser à tout moment.

Je ne comprends toujours pas totalement la nature exacte de l'actif Bitcoin si ce n'est que la naissance de cette monnaie virtuelle reflétait, il y a huit ans, l'expression d'une certaine vision « libertarienne » de la monnaie.

On voulait créer une devise virtuelle dont la valeur d'échange ne dépendrait pas des diktats d'une banque centrale, mais de la seule évaluation qu'en feraient ceux qui la possèdent et qui l'échangent.

Pour fixer cette valeur, on allait créer la technologie de chaîne de blocs qui analyse sans arrêt les échanges de ses utilisateurs. Avec pour résultat qu'en l'espace d'un an, la valeur du bitcoin a été multipliée 17 fois pour passer de 1000 $US, en janvier dernier, à un sommet de 17 872 $US hier à mi-journée.

J'ai toujours été un grand admirateur de l'investisseur boursier montréalais Stephen Jarislowsky qui, parti de rien, est devenu milliardaire par sa seule capacité à judicieusement choisir les titres qui allaient lui permettre de doubler la valeur de son portefeuille de façon régulière et soutenue.

J'ai surtout toujours admiré le précepte qu'a toujours scrupuleusement observé Stephen Jarislowsky et qu'il résumait bien simplement : « Je n'investis jamais dans quelque chose que je ne comprends pas. »

LES LIMITES DE L'ANORMAL

Tout le monde a compris qu'il n'est pas normal que la valeur d'un actif soit multipliée par 17 en l'espace d'un an seulement.

Que le bitcoin vienne de réaliser pareille acrobatie financière n'en fait pas pour autant un véhicule sécuritaire qui sera capable de poursuivre pareille improbable ascension.

La dernière fois que l'on a vu un phénomène semblable, c'était à la fin des années 90 lorsque les entreprises de l'internet ont massivement fait leur entrée en Bourse pour être valorisées à des ratios totalement hors normes.

Une entreprise qui n'avait jamais réalisé de toute son histoire un seul cent de profit pouvait réaliser une inscription en Bourse et être valorisée à un prix qui représente 500 fois ses seuls revenus annuels.

On achetait une valeur potentielle en lui attribuant une valeur bien réelle et on a mis en place de façon très complaisante une formidable bulle spéculative. De telles aberrations financières peuvent se produire sur un court laps de temps, mais elles sont systématiquement très sévèrement sanctionnées.

L'anormal a quand même bien des limites et le marché finit toujours par les reconnaître, comme le rappelait en début de semaine un texte de l'Associated Press diffusé sur LaPresse.ca.

Quatre bulles spéculatives ont marqué l'histoire : la crise des tulipes hollandaises du XVIIe siècle, la crise japonaise des années 90, celle de l'internet, évidemment, en 2000 et enfin la crise américaine des prêts hypothécaires à risque en 2006.

Dans chacun des cas, la correction a été sévère et les investisseurs qui avaient joué de trop de cupidité ont été sévèrement punis. Et c'est exactement ce qui risque de se produire dans un avenir rapproché avec le bitcoin.

Un jour ou l'autre, cette cryptomonnaie qui profite de l'embrasement de son propre marché d'échange devra retrouver une valeur plus juste et plus proche à ce qu'elle vaut vraiment plutôt que celle qu'on lui attribue artificiellement.

L'aveuglement volontaire, ça marche un bout de temps, mais ce n'est certes pas la voie de l'investissement à suivre que nous conseillerait aujourd'hui Stephen Jarislowky.




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